Aménagement du territoire

1.000 hectares à acquérir d’ici 2014, 150 hectares d’ici 2006

Pour son premier anniversaire, l’EPFR entre en phase opérationnelle

25 octobre 2003

Le bureau de l’Établissement publique foncier de La Réunion (EPFR) a rencontré la presse hier matin au Palais de la Source. Son président, Serge Camatchy, rappelait que l’EPFR a été créé par arrêté préfectoral le 16 septembre 2002. Le Conseil d’administration a commencé à se réunir au début de l’année, et l’équipe a été mise en place en avril. L’EPFR est composé de plusieurs collectivités : Conseil régional, Conseil général, les communautés d’agglomérations de l’Ouest (TCO) et de l’Est (CIREST), regroupant 11 communes auxquelles s’ajoutent neuf communes du Sud.
Le président Serge Camatchy indique que « l’EPFR a pour mission d’acheter et de porter des réserves foncières pour le compte de ses membres ». « Il constitue un outil pour la mise en œuvre du SAR (schéma d’aménagement régional - NDLR) et des divers SCOT (schéma de cohérence territoriale - NDLR) en cours d’élaboration », poursuit-il, précisant que « l’objectif est de trouver de bons terrains, d’une part, pour construire aujourd’hui la ville sur la ville, mais aussi, d’autre part, pour construire nos villes de demain et accueillir le million d’habitants attendus à La Réunion ».

Constituer des réserves foncières

Pour atteindre ces objectifs, un programme pluriannuel d’intervention foncière a été approuvé par le Conseil d’administration le 16 juillet dernier. Ce programme a été établi à partir du constat qu’il devra être construit ou reconstruit d’ici 2020, 156.000 logements soit 65% à 70% du parc de logements existants, ce qui correspond à une moyenne annuelle de 7.800 logements pendant vingt ans. Pour la construction de ces logements et des équipements, il conviendra de maîtriser environ 7.000 hectares de foncier, dont 3.000 hectares à l’aide de fonds publics.
Comme l’explique aussi Daniel Gonthier, en conformité avec les objectifs du SAR et des schémas en cours d’élaboration, trois axes stratégiques d’intervention ont été retenus : « densification et structuration en centre urbain prioritairement, mais aussi création de villes nouvelles sur les mi-pentes et dans les hauts, extension urbaine ». Jean Grandveaux, directeur de l’EPFR souligne la vocation de préparer l’avenir et de constituer des réserves foncières pour le long terme, « notamment sur des zones à mi-pentes et dans les hauts afin de construire les villes de demain pour nos enfants ».

Nécessité d’une politique cohérente

Serge Camatchy précise qu’ « à la suite de rencontres avec l’ensemble des communes et communautés d’agglomérations membres, plus de 200 demandes ont été reçues, représentant environ 500 hectares. L’EPFR va donc intervenir pour des acquisitions foncières dans les villes et dans les bourgs. Terrains qui vont permettre de réaliser notamment les nombreux logements sociaux et équipements publics dont nous avons tant besoin aujourd’hui ».
D’ici 2006, l’EPFR prévoit d’acquérir 150 hectares pour une somme évaluée à 12,7 millions d’euros. Dans un deuxième temps, l’acquisition foncière se fera dans les Hauts (2006-2008). Chaque acquisition bénéficie d’une convention type, les communes qui demandent ces achats bénéficient d’un taux exceptionnel de 2,5% sur 5 ans. À terme, mille hectares devraient être achetés entre 2004 et 2014. Pour procéder aux acquisitions, l’EPFR a déjà été doté d’une somme de 11,5 millions d’euros par l’État, la Région et le Département, inscrite dans le Contrat de plan. Pour compléter ce montant, d’autres sources de financement sont aujourd’hui à l’étude : abondement du Contrat de plan, Ligne budgétaire unique, FRAFU-DOCUP -emprunts à taux bonifiés.
Pour un fonctionnement optimum de l’EPFR, les PLU, SCOT et SAR doivent être pensés en harmonie. Pour Ibrahim Dindar, « le foncier étant limité, une politique cohérente est bien plus importante ici qu’ailleurs. L’EPFR est un outil de maîtrise du foncier qui compense la faiblesse structurelle des communes, il entre en phase opérationnelle ». Il a rendu hommage à la Société foncière du département de La Réunion (SOFON), « petit frère de l’EPFR ». Il saluait également « une volonté politique unanime ».


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Témoignages - 82e année


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