Société

À Champ-Fleury : les témoins de la misère

17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère

15 octobre 2003

Le 17 octobre est, depuis seize ans (1987), la Journée mondiale du refus de la misère. Cette année-là, l’association ATD-Quart Monde avait réuni une foule importante sur le parvis du Trocadéro à Paris.
« C’est une journée où il est demandé à chacun de ne pas regarder la pauvreté sans comprendre la vie des pauvres, de ne pas arriver avec ses moyens et ses réponses sans entendre les leurs », disent les membres du mouvement ATD. Le 17 octobre donne lieu à de nombreux rassemblements : cette année, à La Réunion, il se fera autour de la plaque posée à Champ-Fleury il y a dix ans, réplique de la dalle du Trocadéro. Un après-midi d’ateliers de réflexion et de spectacle attend les participants et, à 17 heures, un moment de commémoration autour de la lecture de témoignages de personnes vivant en situation de très grande pauvreté. Le rassemblement prévu à Champ-Fleury l’est, cette année, sur le thème "Larg pa le konba pou war klèr domin".
« C’est une journée pour ouvrir les yeux, pour se mettre à l’école et se rendre compte de ce qu’assument chaque jour les familles qui ont la vie difficile. Il s’agit, ce jour là, de mettre à l’honneur leur résistance à la misère. Elles ont tant d’expériences, de réflexions à partager sur l’éducation, le logement, la santé, le sens de la famille, le désir de vivre en paix », dit encore ATD Quart Monde, en invitant l’ensemble des citoyens à penser le refus de la misère à travers les « droits élémentaires » plutôt qu’à travers des « dons à court terme » : « Qu’en est-il dans notre pays du droit au logement, à l’éducation, à la santé, à la formation, au travail… pour les populations les plus vulnérables ? », questionnent les militants d’ATD Quart Monde dans leur dernier courrier, "Dis cette lettre", septembre 2003.
Le Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement, disait qu’« À travers la commémoration du 17 octobre, nous voulons donner un sens à toute cette souffrance des très pauvres, (…) les humbles et les petits qui, tous les jours, se battent, essaient de vivre des valeurs que leur cœur, leur intelligence, leur expérience leur font découvrir. Il est important qu’il y ait aussi des témoins de la fraternité… Ce jour doit être pour nous l’occasion de rassembler tous les gens pour qui les droits des pauvres comptent et qui sont, à cause de cela, capables de donner le meilleur de leur intelligence, de leur temps et de leurs compétences » (extraits des dossiers de Pierrelaye).


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