Décentralisation

À la lumière des défis à relever...

La Réunion et la décentralisation

28 octobre 2003

À La Réunion, la question de la décentralisation, du transfert de compétences et surtout la question de la compensation financière correspondant se posent avec une acuité encore plus prononcée au vu des défis à relever...

Premier élément : le pari du gouvernement est de réussir la décentralisation en valorisant les collectivités territoriales et leurs personnels, en mettant au même niveau la fonction publique d’État et la fonction publique territoriale. On peut discuter, sur le plan général, cette démarche. Mais ici, à La Réunion, ce principe est, dans les conditions actuelles, irréalisable : on ne peut mettre les deux fonctions publiques au même niveau et donc réussir la décentralisation. Pour toutes les raisons que l’on connaît.

Deuxième élément : la situation réunionnaise n’a rien de comparable avec la situation française. Notamment en raison de la progression démographique, puisque si au début des années 80, La Réunion comptait 500.000 habitants, d’ici 25 ans, elle aura franchi le cap du million d’habitants.
• Plus de 7.700 personnes arrivent chaque année sur le marché du travail. La population active devrait passer de 303.000 actifs en 2000 à 441.000 en 2030. Il lui faut trouver un emploi, donc que les conditions soient créées pour qu’elle le trouve. Pour maintenir le chômage à son niveau actuel déjà intolérable, il faudrait donc créer 140.000 emplois supplémentaires sur cette période.
• Il faut construire en 30 ans, de 2000 à 2030, 250.000 logements, plus que tout le parc recensé en 1999 : un peu plus de 238.000 logements.
• La Réunion compte de nombreux exclus : environ 400.000 allocataires de la couverture maladie universelle, plus de 63.000 allocataires du RMI, plus de 33.000 personnes au "minimum vieillesse".
• La Réunion n’a pas encore rattrapé les retards en terme d’équipements et surtout en terme d’encadrement dans les services publics, et notamment dans l’Éducation nationale.
• L’inquiétude légitime des agriculteurs devant la réforme de la Politique agricole commune (PAC) ou l’initiative "tous sauf les armes" n’a pas trouvé d’issue.
• Les besoins en formation (initiale comme continue) sont totalement différents, le taux d’illettrisme est important (120.000 illettrés).


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Témoignages - 82e année


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