Bras-Panon

Alexine Didat, victime ou manipulée ?

Casse-tête autour d’une maison incendiée

30 octobre 2003

Un casse-tête chinois ? Deux sons de cloche différents. La (feu) maison d’Alexine Didat située à la Rivière du Mât les Hauts à Bras-Panon n’a pas fini de faire parler d’elle et d’alimenter la polémique.
Retour sur les faits : le 4 octobre dernier, alors que Mme Didat se trouvait à l’extérieur de sa maison - un F4 d’une valeur estimée de 250.000 à 300.000 francs, biens compris - la case est rapidement sous l’emprise des flammes. Alertée par ses proches, Mme Didat n’a rien pu sauver. Il restait seulement un ramassis de cendres et une odeur suffocante.
Après avoir pris connaissance de la situation, le lendemain, le responsable du Centre communal d’action sociale (CCAS), Jean-Yves Edmond, accompagné de quelques adjoints et de la police municipale, décide « comme le stipule la loi, de fournir une aide d’urgence par la délivrance d’un bon alimentaire de 100 euros ». « Nous aurions pu proposer plus que 100 euros, mais ce serait la Sous-Préfecture qui aurait mis son veto en pensant que nous ferions du favoritisme entre les familles », rajoute Jean-Yves Edmond.
Mais les choses se compliquent, lorsqu’Alexine Didat, jugée handicapée par ses attestations médicales, âgée de 58 ans - « ne répondant plus ainsi au critère d’âge pour dégager un fonds à la Caisse de la sécurité sociale », selon le responsable du CCAS - décide de s’adresser à l’assistante sociale de la Rivière du Mât les Hauts, Sylvie Sam-Long, pour l’aider dans ses démarches de relogement.
À cela, s’ajoutent les conclusions du rapport de l’assistante sociale, d’après le CCAS, qui la « considère ne pouvant être relogée car n’ayant pas à sa charge deux enfants mineurs ». C’est d’ailleurs grâce aux soutiens de ses enfants adultes qu’elle « estime son relogement possible à proximité ».
La Mairie se défend de lui avoir proposé immédiatement un dossier de relogement, qu’« elle aurait clairement refusé, préférant être hébergée par sa fille ». De là, découlent des incohérences des deux parties, avec Alexine Didat, qui dit n’avoir jamais rencontré l’assistante sociale depuis le sinistre pour juger de sa situation "psychologique", mais déclare avoir été balancée de services en services : mairie de Bras-Panon, la CAF, la SEMAC de Saint-Benoît.
Pour l’heure, la Mairie, qui n’aime pas qu’on s’occupe de ses affaires par voie de presse, assure par le responsable de son dossier, Jean-Yves Edmond, qu’Alexine Didat bénéficie d’une aide avoisinant les 478 euros [1]. Le retard est simplement justifié par la lenteur des procédures vis-à-vis des délibérations des commissions, que ce soient celle du Conseil général au service intervention ou celle du "Comité Barau" en charge des calamités et sinistres. « Même le Secours catholique s’est déplacé », justifie Jean-Yves Edmond. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
Il semblerait que tous ces imbroglios seraient dus en partie « du fait que la maison d’Alexine Didat ne soit pas assurée. Nous pouvons l’aider et nous le faisons dans le maximum de la légalité, une réunion des partenaires doit se constituer pour qu’on estime un montant à dégager ». Mais celui-ci reste réticent quant au suivi de cet argent. D’où l’engagement traduit plutôt par des mesures au jour le jour « qui doivent être en accord » avec la sinistrée. « Si nous n’avons pas son aval, nous ne pouvons agir. C’est pour cette raison que nous lui avons fait signer une attestation de travaux pour que sa maison soit ratissée », commente Jean-Yves Edmond.
Autre fait que la Mairie réprouve dans la démarche de la victime, c’est de s’être adressée (et pour l’intéressée par dépit) au Mouvement des chômeurs panonnais pour faire avancer le dossier. « Ce qu’elle ne crie pas sur les toits, c’est que derrière sa maison, elle a une autre maison de trois pièces que nous lui avons proposée de rénover en peinture et en électricité pour qu’elle puisse être relogée », argumente le CCAS. Reste à croire apparemment que la communication est parasitée puisque les deux parties démentent les progressions ou les désengagements.
Qui a raison dans l’histoire ? Quoi qu’il en soit, le responsable du Cabinet du maire, Daniel Jue, interrogé sur place, supervisant les débuts des travaux depuis les articles parus dans la presse, n’a pas souhaité répondre en se déchargeant sur Jean-Yves Edmond. Contacté par Jean-Hugues Ratenon pour demander des comptes sur ce dossier et rappeler la Mairie à son devoir, Jean-Yves Edmond aurait prétexté qu’avec « la Semaine bleue et la Fête des bichiques, son personnel avait trop à faire ».
Sur cette question, celui-ci affirme qu’Alexine Didat, « lui aurait certifié qu’elle n’était pas pressée ». Le voisinage quant à lui reste très solidaire de la situation de la sinistrée en lui venant en aide quotidiennement.
Pour Alexine Didat, la visite du premier adjoint hier, Gilles Jeanson, n’a été que révélatrice d’une certaine panique en lui affirmant : « Ou lé kontan out foto lé dann zournal ? » sans compter que le maire lui aurait garanti « connaître l’origine de l’incendie… ».

Démission au C.E.D.
Dans un courrier transmis à ses camarades du Collectif Emplois en Danger (C.E.D.) et à la presse, Jean-Hugues Ratenon a rendu publique sa démission hier en exprimant les difficultés qu’il éprouvait à assumer son rôle au CED et, à la fois, à « maintenir la dynamique panonnaise », déclare-t-il. Néanmoins, il tient à ajouter qu’il « reste et demeure un serviteur (...) de la France d’en bas ».

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