L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Culture
Semaine kréol et Donn’ la min
25 octobre 2003

« Ou vé ou vé pa, nou fé parti le monde kréol. Ou pé pa di ou sa fé in dévlopman si ou tien pa konte sa. Le dévlopman sé dabor la promosion humaine », explique Laurita Alendroit, d’Ankraké. Ceci pour dire que cette année encore, Ankraké sera de la partie pour le 18ème Festival kréol qui se déroulera début novembre aux Seychelles. À cette occasion, Ankraké sera aux côtés d’autres acteurs du monde kréol, venus d’autres endroits de la planète, notamment des Caraïbes. Cette année, le thème retenu pour les trois jours de colloque sera : "Créole : une langue dynamique dans le monde".
Deux membres d’Ankraké participeront à ces rencontres pour y relater une expérience de terrain. Par ailleurs, Gillette Staudacher apportera un éclairage sur sa pratique en tant qu’universitaire. Dans les bagages d’Ankraké, quelques ouvrages littéraires à partager, pour mieux appréhender la langue créole réunionnaise. Pour Ankraké, cette invitation « est l’occasion de s’enrichir mutuellement et de pouvoir s’ouvrir sur le monde ».
Que chaque Réunionnais soit fier de son appartenance au monde créole et que notre différence soit perçue par tous comme un atout : voilà le credo d’Ankraké. « Nous avons quelque chose d’exceptionnel à apporter au monde : une manière de parler, de faire, de manger, d’échanger… », affirme Ankraké par la voix de Laurita Alendroit. Reprenant les propos de Danyèl Waro lors de son intervention à l’occasion de "Nyabou an kréol", en 2000, Ankraké fait siens ses propos de Danyèl selon lequel : « Nout lang lé pa zis in grin la somanse ké nout papa èk nout moman la donna a nou. Nout lang kréol i mérite èt in gran bitasyon. Nana ki di nou lé pa plis, nou la pa moin, respèk a nou. I vé dit nou néna le droit èt nou mèm, koz nout lang, amène a li loin… »
Autre sujet d’actualité pour Ankraké : les journées "donn’ la min". Pour Laurita Alendroit, « la culture n’est pas une fin en soi, mais plutôt un élément structurant du développement, surtout dans une association ». C’est pourquoi Ankraké a décidé de sortir de son champ d’action "traditionnel" pour aller à la rencontre des personnes handicapées, histoire de contribuer à la création de lien social. Certes, lorsque l’on regarde le programme des quatre journées, on peut se dire que le prix, qui varie selon les journées entre 55 et 70 euros n’est pas donné. Mais en fait, les personnes handicapées qui répondent à l’appel ne déboursent pas un centime, car elle bénéficient du "pass loisirs" mis en place par le Conseil général. Il s’agit d’une sorte de carnet de ticket d’une valeur de 270 euros qui permet d’accéder sans bourse délier aux activités culturelles et de loisirs auprès de partenaires aussi variés que les cinémas, la presse, associations sportives, les gîtes de France etc.
Cependant, tient à faire remarquer Laurita Alendroit, au niveau d’Ankraké, c’est du bénévolat pur et simple, avec des moyens humains limités. « Mais quand on voit le plaisir que l’on donne, le sourire des handicapés, on a envie de continuer… ». L’objectif serait même de pouvoir faire se rencontrer lors de ces journées personnes valides et handicapées. Mais de gros problèmes restent à surmonter : moyens financiers, moyens humains, sans compter la question du pass loisirs dont on ne sait pas s’il sera renouvelé. Se pose aussi la question des partenaires et d’éventuels sponsors sans lesquels il est difficile de mettre en œuvre de telles actions. Pour ces rendez-vous de Donn’ la min, Ankraké bénéficie du soutien du GIHP, ce qui constitue un apport important pour le transport. Mais le but reste toujours d’aller plus loin.
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