Union européenne

Arrêter l’œuvre de casse des partisans du ’marché libre’

Refonte du Protocole sucre et quotas d’importation

20 septembre 2003

Une information diffusée par l’agence de presse nord-américaine AP (Associated Press) et par AGRAFACTS depuis le 15 septembre 2003 auprès des professionnels de la filière sucre porte sur les grandes lignes de la communication au Conseil des Quinze que la Commission européenne doit approuver le 23 septembre sur la poursuite de la réforme de la PAC (Politique agricole commune). Cette information confirme, pour le sucre, l’abandon du scénario des "quotas fixes" pour la production et les importations.
Comme "Témoignages" le signalait dans son édition d’hier, le rapport élaboré présente « trois options politiques possibles » pour la révision de l’OCM-Sucre (Organisation commune du marché du sucre) :

- la prorogation du régime actuel au-delà du 30 juin 2006 ;

- la baisse des prix communautaires, suivie dans une seconde phase de l’abolition des quotas ;

- ou la libéralisation complète.
Semblant privilégier la réduction du prix communautaire du sucre compensée par une aide unique par exploitation, le texte envisage la suppression progressive des quotas de production une fois stabilisés les niveaux d’importations et de production.

Quotas d’importation

Concernant les quotas d’importation, 85.313 tonnes de sucre ont été introduites en provenance des Pays Moins avancés (PMA) au titre du contingent 2002/2003. La répartition totale s’est faite comme suit : 17.036 tonnes du Soudan ; 14.671 tonnes d’Ethiopie ; 10.815 tonnes du Malawi ; 9.317 tonnes de Tanzanie ; 9.017 tonnes de Zambie ; 8.920 tonnes du Népal ; 8.452 tonnes du Mozambique ; et 7.084 tonnes du Burkina Faso.
Sur cet ensemble, les importations en provenance des pays du COMESA (Marché commun de l’Afrique de l’Est et du Sud, République sud-africaine exceptée) représentent plus de 60% du total. Le contingent PMA 2003/2004 sera de 98.110 tonnes, en augmentation de 15%.
En provenance des Balkans, les importations ont pratiquement stoppé depuis fin mai 2003, suite à la suspension du régime préférentiel d’importation accordé à la Serbie. En dépit de cette mesure - prise après la mise au jour d’une fraude à la restitution -, les importations en provenance des Balkans ont représenté 115.333 tonnes du 1er janvier au 30 septembre 2003, contre 92.556 tonnes pour la même période de 2002 (+25 %). Sur la même période, les importations en provenance de Croatie sont passées de 35.170 à 96.321 tonnes (+174%), et celles de Bosnie-Herzégovine de 6.915 à 11.545 tonnes (+67 %).

Pour combien de temps encore ?

L’Union européenne (U.E.) est amenée à réguler les quotas de son marché intérieur, en cohérence avec une politique d’importation et d’exportation sur le marché mondial qui lui permet de continuer à jouer un rôle dans la solidarité avec les pays "en voie de développement".
Il est certain qu’en décidant d’importer environ deux millions de tonnes de sucre des pays ACP, 500.000 tonnes de sucre des Balkans et 1,5 million de tonnes de sucre des PMA, l’U.E. va chercher à réduire d’autant ses quotas intérieurs. Qu’il y ait ensuite de la bagarre pour que ces réductions ne viennent pas léser les plus petits producteurs est un autre aspect de la même question.
Mais on comprend que le Brésil, qui est en capacité de "faire le prix" du marché mondial par la puissance de son niveau de production, cherche à faire éclater le Protocole sucre : il en serait le principal bénéficiaire. Les grands perdants seraient les petits pays "en développement", producteurs et exportateurs, s’ils ne pouvaient plus exporter leurs excédents que sur le marché mondial, dont les prix sont pulvérisés par la puissance émergente brésilienne.
Ceci reste un argument de poids que l’Europe ne manque jamais de faire valoir dans les négociations internationales : "Si vous voulez le démantèlement de notre Protocole, mettez en place au plan mondial un système équivalent de protection des petits pays producteurs", disent en substance les négociateurs européens à leurs homologues de l’OMC ou du groupe dit "de Cairns". Jusqu’à présent, cet argument a pu arrêter l’œuvre de casse des partisans du "marché libre".
Pour combien de temps encore ?

Promergy continue
Dans un communiqué publié hier, les responsables de la société Promergy Réunion SAS confirment leur « volonté de poursuivre le développement du projet de cogénération et raffinerie de sucre ». Un « projet considéré comme structurant pour l’économie réunionnaise, favorisant le développement économique et social de l’île », précisent-ils.

« Les actionnaires de Promergy Réunion SAS prennent acte des attaques personnelles dont fait injustement l’objet un de leurs collaborateurs, et en conséquence ont initié la réorganisation nécessaire pour assurer la bonne fin du projet. Les détails de cette réorganisation seront communiqués prochainement », conclut le communiqué.

Le point sur la campagne sucrière au samedi 13 septembre
On approche de la moitié
Au cours de la semaine dernière, la sucrerie du Gol a reçu un fort tonnage, supérieur de 1.900 tonnes à la capacité normale de l’usine. Malgré les engorgements provoqués par ce surplus sur les centres de réception et les répercussions sur la logistique d’approvisionnement de la sucrerie, la totalité des cannes a été traitée avec une fin de broyage à 3 heures dans la nuit de samedi à dimanche.

La richesse est restée stable à environ 13.72 % la semaine dernière, soit une valeur cumulée approximative de 13,05 %.

Durant la même période, la sucrerie de Bois-Rouge a broyé dans de bonnes conditions les 46.845 tonnes de cannes réceptionnées. La richesse moyenne a été enregistrée à 13,73 %.

Rappelons que les prévisions de tonnage pour la campagne sont de 1 million 008.350 tonnes pour l’usine du Gol et de 983.000 tonnes pour celle de Bois-Rouge, soit un total de 1 million 991.350 tonnes pour les deux sucreries.

À la fin de la semaine dernière, on en était respectivement à 410.296 tonnes et 479.524 tonnes reçues par chaque sucrerie, soit un total de 889.820 tonnes pour les deux usines et un taux d’avancement moyen de 44,74%. On approche donc de la moitié de la campagne.

Coup de canne…
pour "Témoignages"
Dans le compte-rendu de la conférence de presse de la Chambre d’agriculture sur la réception et le traitement de la canne paru hier dans "Témoignages", nous nous sommes… "plantés" : contrairement à ce qui est indiqué, les chiffres sur les capacités de broyage des usines sucrières de La Réunion ne sont pas des chiffres quotidiens mais hebdomadaires . Ainsi, par exemple, la semaine dernière, la sucrerie du Gol a traité 50.908 tonnes de canne et celle de Bois-Rouge 46.845 tonnes.

Les spécialistes auront rectifié d’eux-mêmes. Nous prions néanmoins nos lecteurs de nous excuser pour ces erreurs.

« La sucrerie du Gol fonctionne à pleine capacité »
La Sucrière de La Réunion a publié hier le communiqué suivant : « Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, l’usine sucrière du Gol n’a subi aucune conséquence des débrayages intervenus dans les centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge. Depuis le début de la semaine, la sucrerie fonctionne normalement et avait déjà réceptionné 31.845 tonnes de cannes jeudi. En effet, la sucrerie est alimentée en vapeur par la centrale thermique du Gol, et elle seule. Celle-ci a fourni sans interruption la vapeur nécessaire au bon fonctionnement de la sucrerie.

La campagne sucrière dans le Sud de l’île s’étale généralement sur 22 ou 23 semaines. Avec une capacité normale de broyage hebdomadaire de 49.000 tonnes de cannes, la sucrerie du Gol peut traiter plus d’un million de tonnes par campagne. Depuis le début du mois d’août, la sucrerie fonctionne à pleine capacité et atteint, voire dépasse les 50.000 tonnes de cannes traitées lorsque les pluies ne gênent pas les apports des planteurs. L’usine fonctionne à plein régime 24 heures sur 24, six jours et demi sur sept, la demi-journée restante étant consacrée à l’indispensable maintenance de la sucrerie.

Les prévisions faisant apparaître un fort volume de cannes cette année, la sucrerie est d’autant plus attentive à la régulation de son approvisionnement, n’hésitant pas à augmenter les réceptions de cannes sur certaines plate-formes lorsque la pluie limite les apports sur d’autres. Comme tous les acteurs de la filière, Sucrière de La Réunion, met tout en œuvre pour que cette campagne se déroule dans les meilleures conditions et que le volume de cannes traitées soit optimum ».


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