Budget outre-mer 2004

Augmentation dérisoire

Crédits pour l’emploi et le logement outre-mer

2 octobre 2003

L’emploi et le logement sont les deux priorités du ministère de l’outre-mer. Or, dans le budget 2004, les crédits consacrés au premier connaissent une faible augmentation par rapport à 2003 : +114.000 euros. Cela ne répond ni à la progression démographique ni à celle de la hausse du coût du travail et, à plus forte raison, à l’ambition affichée de maintenir les emplois aidés ’au niveau de celui exécuté en 2003’, tout en cherchant à créer des emplois durables dans le secteur privé. Les crédits destinés au logement, eux, sont identiques à ceux programmés en 2003.

Dans notre édition de lundi, nous écrivions que « le projet de budget du ministère de l’outre-mer pour 2004 est présenté comme étant en progression de 3,40%. Une donnée qui appelle confirmation et qui est à relativiser ». Nous expliquions qu’« il est difficile de procéder à une comparaison entre le projet de budget 2003 et celui de 2004 pour la bonne et simple raison que l’exercice de l’année nouvelle intègre de nouvelles dispositions, comme le coût du relèvement de la CMU ou encore certaines mesures découlant de la loi de programme, les autres étant prises en charge par d’autres ministères ».
Pour bien mesurer l’évolution de ce budget, il est bon de s’intéresser à deux de ses chapitres essentiels que sont les moyens pour l’emploi et ceux destinés au logement.
« Les moyens pour l’emploi, ainsi que vous le savez, sont regroupés dans le FEDOM et s’élèvent à 477,13 millions d’euros soit une légère progression par rapport à celle de l’année dernière (+114.000 euros). Ce niveau de crédits permet de mettre en œuvre la politique que je souhaite conduire en matière d’emploi et de l’orienter vers le secteur marchand », déclarait jeudi dernier, Brigitte Girardin. C’est sur les deux chapitres que nous souhaitons analyser, le seul qui connaisse une augmentation. Celle-ci est de l’ordre de 2,3%.
Il faut cependant constater :

  1. que les crédits inscrits au budget 2003 étaient déjà en diminution de 25 millions 191.000 euros par rapport à 2002 ; autrement dit, en 2004, les recettes consacrées à l’emploi seront inférieurs à ceux budgétisées pour l’exercice 2002.
  2. que l’augmentation prévue pour 2004 ne couvre donc ni la progression démographique, ni les hausses subies par le SMIC, ni l’augmentation du coût de la vie.
  3. Jeudi dernier Brigitte Girardin expliquait : « le budget du ministère financera à compter de 2004 les nouvelles mesures en faveur des jeunes votées dans la loi programme, qu’il s’agisse des jeunes diplômés, des jeunes de Mayotte ou de Wallis-et-Futuna ». Elle ajoutait que l’« orientation vers l’emploi durable dans les entreprises se réalisera sans rupture brutale avec le dispositif existant des emplois aidés puisque le niveau des contrats emploi solidarité, des contrats emploi consolidé et des contrats d’insertion par l’activité sera maintenu au niveau de celui exécuté en 2003 ».
    Comment la ministre de l’Outre-mer pourra-t-elle à la fois maintenir les emplois aidés "au niveau de celui exécuté en 2003" tout en cherchant à créer des emplois durables dans le secteur privé avec une enveloppe budgétaire qui augmente seulement de 114.00 euros ? Autant dire que sa marge de manœuvre est extrêmement réduite.

35% perdus

En ce qui concerne le logement, le projet de budget 2004 annonce 287,5 millions d’euros d’autorisations de programme et 173 millions d’euros de crédits de paiement. Soit exactement les mêmes crédits inscrits au projet de budget 2003. Autrement dit, le ministère ne mettra pas un sou de plus pour le logement en 2004 par rapport à 2003. Pire : les 35% de crédits de la LBU qui ont été annulés en 2003 sont définitivement perdus, cette perte n’est pas compensée en 2004.
Lors de la présentation de son budget, jeudi dernier, Brigitte Girardin déclarait : « deuxième poste de dépenses du budget du ministère, le logement constitue toujours un volet essentiel de l’action du ministère. Ces crédits représentent à eux seuls plus des deux tiers des crédits d’investissement du ministère. Mon objectif est que l’offre de logements réponde aux besoins liés à la croissance démographique. Il nous faut aussi lutter contre l’exclusion sociale et la précarité grâce à un effort soutenu de résorption de l’habitat insalubre ».
Nous pouvons raisonnablement nous demander comment la ministre pourra atteindre de tels objectifs avec des crédits qui n’augmentent pas, c’est-à-dire qui n’intègrent pas l’augmentation du coût de la construction ou encore la progression démographique sur une année !


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus