À 15 heures sur Tempo : ’Pays Mêlés’

« Bob Marley, le reggae militant »

28 novembre 2005

Présenté par Marie-Claude Céleste.
Un film de Thomas Roy-Laurent, Marie-Claude Céleste et Michel Gendre.

Bob Marley, mort en 1981, aurait eu soixante ans en 2005. Un anniversaire exceptionnel pour la communauté rastafari à laquelle il appartenait, et qui traditionnellement commémore l’anniversaire de la naissance et non celui de la mort. Ses proches, ses amis et ses fans ont voulu fêter cet anniversaire de manière grandiose, avec des manifestations à la fois à la Jamaïque, où il est né, et en Éthiopie, la “terre promise” des Rastas qu’il avait visitée à la fin des années 70. Le 14 janvier 2005, Rita, la veuve de Marley, celui qui fit connaître le reggae dans le monde entier, a d’ailleurs suscité la polémique en annonçant qu’à l’occasion de ce soixantième anniversaire, elle allait faire transférer les restes du chanteur en Éthiopie car selon elle, toute sa vie, Bob Marley avait travaillé pour l’Afrique plus que pour la Jamaïque. Mais les Jamaïcains ne sont pas prêts à laisser partir ce fleuron du patrimoine national. En fait, Bob Marley est à la fois un héros à la Jamaïque et en Éthiopie.

Avec en toile de fond, l’immense talent du reggae man, le documentaire s’attache à montrer un aspect méconnu ou ignoré de la personnalité du chanteur jamaïcain : sa dimension “politique”. Marley a toujours affirmé qu’il se situait en dehors de la politique. Et effectivement, il n’appartint jamais à un parti politique. C’est même avec lui, sur scène, qu’en 1978, eut lieu une spectaculaire - bien qu’éphémère - réconciliation entre les deux principaux leaders politiques du moment à la Jamaïque. Il n’empêche, une bonne partie de son message a une connotation incontestablement politique. Les chansons, les prises de position, les initiatives de Marley constituent une revendication permanente pour la reconnaissance des droits des Noirs et des opprimés en général, de leur dignité, leur propre prise de conscience. Marley était un artiste engagé. Dans beaucoup de ses compositions, il évoque la misère des ghettos, où il passa une partie de son enfance et de son adolescence, dénonce les inégalités sociales, et enfin parle de révolte contre l’oppression.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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