Saint-Denis

Bras de fer entre la Mairie et les commerçants

L’ACOD (Association des Commerçants Dionysiens) dénonce la politique économique du centre-ville.

24 décembre 2003

L’ACOD a tenu hier une conférence de presse visant à montrer du doigt "l’incohérence" de la politique économique menée par la mairie du centre-ville, et par le député-maire René Paul Victoria, explicitement dénoncé. "Aujourd’hui la coupe est pleine : la mairie a dépassé les limites de la décence", justifie l’ACOD et son président Amine Alibhaye. Le dernier sujet de discorde concerne le ramassage des cartons, emballages vides laissés par les commerçants aux abords de leurs boutiques dans l’attente d’un ramassage des services communaux.
Mais selon René Paul Victoria "ce n’est pas à la mairie mais aux commerçants de gérer le ramassage de leurs cartons".
Ce à quoi Amine Alibhaye répond : "je voudrais qu’il me cite une seule commune de France ou c’est le cas. Sachant que ces commerçants et les riverains n’ont pas d’accès à leur immeuble en voiture ou camionnette, à cause d’une zone piétonne instituée par la mairie… Puis sachant qu’en centre-ville se trouve la plus grosse densité de commerces de l’île, donc de recettes fiscales en taxes para-municipales, il faut être inconscient pour dire que nous coûtons cher à la ville."

"Créer de l’emploi et de l’activité pour tous"

L’ACOD, créée en 1998, se dit "apolitique, c’est un outil purement économique", qui compte près de 300 adhérents. L’association, considérant que les commerces de proximité ont une réelle fonction sociale, déplore les fermetures de nombreux commerces depuis le réaménagement du centre-ville, qu’elle explique par l’" inadéquation de l’offre, le délabrement des façades, la délinquance, l’insécurité, les problèmes de circulation, de stationnement et surtout d’accessibilité."
Consciente que les priorités ont été inversées tant il aurait fallu créer d’abord des parkings de proximité, puis la zone piétonne, l’ACOD considère que le futur aménagement du parking aux abords du marché couvert "n’est pas une faveur accordée par la ville, mais c’est rendre à César ce qui lui appartient, c’est à dire aux dionysiens."
Les actions menées par l’Association des Commerçants Dionysiens, telles que le financement et le lancement du projet concernant des voiturettes électriques en centre-ville, sa participation au PDU (Plan de Développement Urbain) et au GPV (Grand Projet de Ville), connaissent leurs limites tant elles ne bénéficient d’aucun soutien de la Mairie, ni même de la Chambre de Commerce et d’Industrie, "pourtant financée par les commerçants", comme tiennent à le rappeler les membres de l’ACOD.
"Créer de l’emploi et de l’activité pour tous", tel devrait être l’objectif commun à la mairie et aux commerçants, cependant l’ACOD considère que la politique actuelle du centre-ville ne favorise ni les investissements extérieurs, ni l’opportunité d’une création locale d’emploi. "Les raisons sont diverses, d’ordre politiques, certes, mais surtout d’ordres administratifs : des verrous à tous les niveaux", qui selon le président de l’association, Amine Alibhaye, nuisent à la mise en place d’importants projets en faveur de l’ensemble de la cité.
On l’aura bien compris les commerçants dionysiens, jusque là plutôt discrets, n’ont pas digéré ce litige quant au ramassage de leurs emballages carton et décident aujourd’hui de déballer leur sac en place public. L’ACOD se dit toujours prête au travail en partenariat, souhaitant seulement que ses préoccupations et propositions soient prises en compte.


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