EMPLOI

Comment La Réunion profitera-t-elle de la dynamique lancée ?

Le "train de la création d’entreprises" sillonne la France

11 septembre 2003

Le débat politique en France, en cette période de rentrée, est vif. Il porte sur plusieurs points, notamment sur le déficit budgétaire de l’État et sur le différend ouvert entre le gouvernement et les institutions européennes. Un débat qui vire même à la polémique. Chacun propose son appréciation et met en avant son analyse.
Sans entrer dans cette polémique, il semble néanmoins opportun de prendre en compte l’un des aspects. En effet, en réponse aux critiques qui lui ont été faites, le Premier ministre a tenu à réaffirmer, et à plusieurs reprises, son credo : « mon premier devoir, c’est de relancer l’emploi et la croissance en France, avant de m’attaquer à la réduction des déficits », a-t-il déclaré.
En clair, l’emploi est une nouvelle priorité pour le gouvernement. Et passe avant le dossier de la décentralisation. Mais...

Une compétence d’État

Cette déclaration de Jean-Pierre Raffarin rappelle au moins à ceux qui l’auraient oublié que l’emploi est une compétence d’État. Certains, à La Réunion notamment, élus ou non, ont eu, parfois, une nette tendance à l’oublier...
Un seul exemple : au moment du conflit lié à la question du maintien du quota de CES, certains se sont aventurés à pointer du doigt les élus locaux, en premier lieu, les maires, et dans un deuxième temps, les conseillers généraux voire régionaux. Pourtant tous n’ont strictement rien à voir, en termes de compétence, dans ce dossier de l’emploi...
Et lorsqu’il a inauguré lundi, à Paris, l’opération intitulée "le train pour la création d’entreprises", le Premier ministre a profité de l’occasion pour rappeler son ambition : « C’est très important d’avoir cette volonté aujourd’hui d’inscrire dans les grandes échéances européennes la bataille pour la croissance et pour l’emploi ».
Il a également précisé que l’un de ses objectifs proclamés est la création d’entreprises, celle-ci étant le « levier majeur de la création d’emplois ». Et de promettre que le gouvernement tiendrait « l’objectif de création d’un million d’entreprises sur le quinquennat ».

Égalité économique ?

Un quinquennat est un tiers de la durée de la loi-programme pour l’outre-mer. Celle-ci, rappelons-le, avait pour finalité d’arriver à « l’égalité économique ». Une expression dont on ne connaît toujours pas le contenu exact, puisque, malgré de très nombreuses sollicitations, la ministre de l’Outre-mer n’a jamais précisé le concept. Et a fortiori, ni d’en préciser les modalités ni de le chiffrer... Fallait-il voir dans cet affichage, la volonté d’amener le taux de chômage de La Réunion au niveau de celui de la France métropolitaine ? La question reste posée.
Toujours est-il que face à la logique libérale adoptée par le gouvernement, celui-ci croit pouvoir régler le problème de l’emploi par des actions visant à favoriser la création d’entreprises. C’est bien l’objectif clairement avoué de l’opération "un train pour la création d’entreprises". Mais c’est aussi l’objectif assigné à la grande mobilisation nationale que le gouvernement compte mener dans les semaines à venir en France. « Je voudrais que cet automne 2003 soit pour nous l’occasion d’une grande mobilisation nationale pour l’emploi », avait alors rajouté Jean-Pierre Raffarin.

Dynamisme

Or, à La Réunion, au cours des dernières années, le taux de création d’entreprises a été très important. Certes, les dernières tendances analysées par les spécialistes de la question tendent à souligner un léger fléchissement de ces créations. Pour des raisons que l’INSEE n’a pas encore totalement définies. Mais une question se pose : pourquoi La Réunion ne pourrait-elle pas aussi bénéficier du mouvement lancé en France pour l’emploi ?
Le Premier ministre l’a dit lui-même : « Alors que 178.000 entreprises nouvelles ont été immatriculées en 2002, le rythme du début 2003 permet d’espérer 200.000 créations cette année. C’est 500.000 créations d’emplois par an ».
Questions : quel est l’objectif fixé pour La Réunion ? En termes de chômage, La Réunion est la région la plus sinistrée. Dès lors, tout ce qui peut concourir à faire baisser le nombre des personnes privées d’emploi est "bon à prendre".
Il reviendra, sûrement, aux Réunionnais de préciser quels sont les secteurs d’activités qu’ils souhaitent voir se développer. Et de se positionner sur les dispositions à mettre en œuvre pour que les entreprises créées puissent vivre - et survivre -. Car l’emploi est, à La Réunion, l’urgence absolue.


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Témoignages - 82e année


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