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4 juin, parNos peines
Identité
Le projet de Guy Pignolet retenu
4 mars 2003

Il y a quelques années, ce genre d’initiative n’aurait pas manqué de susciter nombre de commentaires acerbes et d’alimenter une polémique stérile. À l’inverse, volontairement ou involontairement, l’initiative de l’Association réunionnaise de vexillologie (ARV) est passée quelque peu inaperçue… sauf de la cinquantaine de concurrents qui ont répondu à l’appel à projets pour créer un drapeau pour La Réunion. Pour les responsables de l’association, l’objectif proclamé de ce concours était de créer un emblème pouvant fédérer et sans connotation politique… alors que le geste en soi est politique.
Parmi la cinquantaine de projets examinés par un jury composé de personnes issues du milieu culturel réunionnais, trois ont fait l’objet d’une attention particulière. Au final, c’est celui de Guy Pignolet qui a été primé. Originaire de Sainte-Rose, Guy Pignolet est ingénieur au Centre national d’études spatiales (CNES). Ironie du sort, Guy Pignolet avoue que ce projet a été imaginé et créé en… 1975, c’est-à-dire à une époque où, pour beaucoup moins que cela, on pouvait être qualifié de "communiste", "séparatiste", "ennemi de la France" etc. Et depuis 28 ans donc, ce scientifique confie avoir essayé à plusieurs reprises de présenter sa création pour doter La Réunion d’un emblème, mais visiblement sans succès… jusqu’à ce jour.
Le projet de drapeau se présente sous la forme d’un rectangle bleu, dans lequel s’enfonce, à la base, un triangle rouge, parcouru dans sa moitié supérieure de flèches d’un jaune doré. Un choix de couleurs qui ne doit rien au hasard puisque, explique Guy Pignolet, le rouge symbolise le volcan et la force, auquel se joint le bleu du ciel, symbolisant la douceur. Quant aux flèches jaunes, elles représentent les rayons du soleil dont notre île est enluminée. Ces rayons précisent l’auteur, représentent aussi les différents apports ethniques de notre peuple.
Les responsables de l’ARV soulignent que si La Réunion se cherche encore un drapeau, des régions de France en sont dotées depuis fort longtemps. Pour l’anecdote, rappelons qu’il y a une quinzaine d’années, un CTR d’athlétisme avait émis l’idée que les sportifs réunionnais puissent, lors des rencontres internationales, avoir leur propre bannière, à côté du drapeau tricolore. Le pauvre avait alors subi une véritable volée de bois vert, fort heureusement verbale… Il avait eu tort d’avoir raison trop tôt.
Reste maintenant à savoir si les Réunionnais se reconnaîtront dans cette proposition de drapeau et s’il apparaîtra réellement comme un élément fédérateur. Ou si d’autres initiatives de ce genre, largement concertées et rassembleuses, seront nécessaires pour atteindre le même objectif. Mais à ces questions, la seule réponse possible, c’est le temps.
Nos peines
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