À 19 heures 50 sur Tempo : ’L’affaire Seznec’ 1/2

Coupable ou innocent ?

13 octobre 2005

Téléfilm historique en 2 parties réalisé par Yves Boisset. Adaptation et dialogues d’après le livre de Denis Langlois. Avec Christophe Malavoy, Nathalie Roussel, Jean Yanne, Madeleine Robinson...

Guillaume Seznec, propriétaire d’une petite scierie en Bretagne, s’est associé à un sénateur affairiste, Quémeneur, pour vendre dans des circonstances rocambolesques des voitures américaines aux Soviétiques. Un beau matin du printemps 1923, les 2 hommes quittent la Bretagne à bord d’une vieille Cadillac qu’ils espèrent vendre à un étrange intermédiaire parisien. Après 15 heures de voyage et presque autant de pannes, Seznec et Quémeneur se retrouvent immobilisés à une trentaine de kilomètres de Paris. Plus personne ne reverra Quémeneur. Seznec affirme l’avoir laissé dans une gare de banlieue d’où il était censé gagner Paris par le train. Mais il devient rapidement le suspect numéro un...

Le téléfilm d’Yves Boisset que nous verrons ce soir est reprogrammé juste après que le tribunal ait donné raison au petit fils de Guillaume Seznec dans son recours auprès des tribunaux pour que le procès de son grand-père soit ré-instruit et qu’ainsi, l’homme qui a défrayé la chronique dans les années 20 soit réhabilité. Ce qui va être intéressant d’analyser après la projection de ce téléfilm, c’est la vision qu’avait Yves Boisset de l’affaire lors de la réalisation de cette œuvre. En effet, il a voulu à l’époque du tournage donner une vision impartiale de l’histoire aux téléspectateurs, laissant à ces derniers la liberté de se faire leurs propres opinions sur la culpabilité ou la non culpabilité de Seznec.
Pour adapter ce célèbre fait divers qui est encore aujourd’hui très présent au cœur de toutes les mémoires, Yves Boisset a effectué un travail d’investigation méticuleux qui lui a pris 2 années entières : "Je me suis plongé dans tout ce qui a été publié de conséquent, pour ou contre l’innocence. Je suis allé sur les lieux du drame pour retrouver les témoins encore vivants. Une seule stratégie était possible : ne tourner que les faits qui n’étaient mis en doute par personne", dit-il.
C’est donc un grand moment de télévision que je vous invite à regarder. Il est vrai que ces derniers temps, on a exhumé des affaires, et quel que soit le sujet, la justice se voit toujours montrer du doigt. À quand le grand débat sur notre justice, qui on le voit n’est pas réellement brillante ?
Un meurtre sans cadavre, une justice qui inculpe sans preuve !
Sans aller chercher de grands procès, on voit que souvent le citoyen lambda est souvent confronté à une justice qui ne le comprend pas, et on a vraiment l’impression que cela empire. Les derniers grands procès tels que l’affaire d’Outreau ou l’affaire Patrice Alègre nous ont montré les carences de la justice. Avec quelques témoignages hasardeux et des convocations très médiatisées, celle-ci a une nouvelle fois jeté à la vindicte populaire l’honneur d’un homme public (Dominique Baudis) : "Calomnier, calomnier, il en restera toujours quelque chose", disait en son temps Monsieur de Beaumarchais. Alors ce jeudi et jeudi prochain, nous verrons grâce au talent d’Yves Boisset, le déroulement d’une enquête qui condamne un homme pour meurtre alors qu’il n’y pas de cadavre.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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