Culture

Créolité et modernité

Semaine créole du 24 au 31 octobre

10 octobre 2003

La Semaine créole s’étend autour de la journée internationale du créole le 28 octobre. Elle commence officiellement le 24 octobre pour se terminer le 31, mais la multitude des manifestations s’étale finalement jusqu’à la mi-novembre. À La Réunion, la coordination de la Semaine créole se félicite de l’engouement partagé autour de ce moment fédérateur. Après celui de Gran-Mèr Kal et de Ti Zan, le thème retenu cette année est ’Créolité et modernité’, pour conjuguer la tradition créole au présent.

Le président de la coordination de la Semaine créole, José Macarty, a présenté hier le programme 2003 en compagnie du secrétaire de l’association, Jean-Paul Mélade, et du trésorier, Jean-René Félicité. Tous les trois font état de leur satisfaction suite au succès rencontré avec une première pour Sainte-Rose, La Plaine des Cafres, Saint-André, Saint-Joseph… Il y a cette année une participation massive, même dans les écarts, « une participation quasi générale ».
Le thème retenu pour cette année est "Créolité et modernité". Le président de la coordination précise que l’objectif est de faire ressortir « la modernité de nos traditions » et mettre en place « une tradition de la modernité ». Et de citer l’exemple de l’architecture : « on prend de plus en plus conscience de l’aspect écologique des maisons traditionnelles créoles qui sont un exemple d’adaptation et d’intégration à l’environnement climatique ». « Modernité également de notre savoir-vivre ensemble qui s’exprime par notre capacité à accepter l’autre, à partager les valeurs et les sensibilités venues d’ailleurs », poursuit-il.
De ce point de vue José Macarty estime que « à l’heure où l’on parle du choc des civilisations et des religions, de la montée des extrêmes, La Réunion fait figure d’exemple du fait notamment du métissage culturel qu’elle a su développer. C’est cette capacité d’assimiler des sensibilités et des courants extérieurs sans être elle-même assimilée qui fait la modernité de la culture réunionnaise ».

« De plain-pied dans le troisième millénaire »

Modernité qui se retrouve également dans nos traditions artisanales, dans le moringue, la cuisine, la musique… Pour la coordination, « La Réunion est aussi moderne car elle n’a pas raté les rendez-vous avec la nouvelle économie et le développement du marché des téléphonies mobiles, la création d’entreprise comme Pipangaï et NP3 et l’ouverture d’une école en imagerie numérique comme l’ILOI. Tout ceci est bien la preuve que La Réunion est entrée de plain-pied dans le troisième millénaire, sans pour autant renier son Histoire ses traditions et son identité ».
La tradition de la modernité est un concept qui sera développé au Port notamment, avec une programmation autour des métiers marins de demain, la mer étant un élément fort de la culture créole.
Ainsi la manifestation s’ouvre cette année sur d’autres domaines que la culture. La Semaine créole n’est pas seulement une fête, c’est un temps de réflexion auquel participent aussi instituts de recherche, artisans, chef d’entreprises… Une démarche qui sera conforter dans les années à venir.

Pik nik kréol le 26 octobre

La Semaine créole se déroule aussi hors de l’île, à Marseille, Toulouse, Mulhouse, Paris. Jean-René Félicité faisait partager son souhait de voir « les étudiants réunionnais à travers le monde célébrer la Semaine créole partout où ils sont, et devenir de faire les ambassadeurs de leur culture ».
Une Semaine créole de l’océan indien reste en perspective avec la participation tout bann z’îles. Cette année, Kriké Kraké organise une rencontre autour de la littérature mauricienne et réunionnaise. Une troupe africaine venue du Cap Vert se produira au Port.
Point spécial dans le programme. Jean-Paul Mélade invitait tous les artistes et intervenants culturels à venir participer à un pic-nique, dimanche 26 octobre au parc du 20 Désanm à Saint-Leu. Une première pour la coordination qui souhaite offrir un moment de rencontres, de spontanéité, de dialogue, en vue de renforcer les liens entre tous et faire naître des projets.

Historique
La journée internationale créole du 28 octobre a été instituée il y a une vingtaine d’année maintenant par l’association Bannzil. D’une journée créole, on est passé au fil des ans à la Semaine créole. Cette manifestation a connu un grand succès à La Réunion au début des années 90 mais est tombée par la suite en désuétude. Pour faire face à cette situation, une coordination de la Semaine créole a été mise en place dans le courant de l’année 2000.

Cette association s’est donnée pour but d’informer, de sensibiliser les acteurs culturels sur cette manifestation et de coordonner les programmes de célébration. Dans cette perspective, elle propose chaque année un thème. Après celui de Gran-Mèr Kal et de Ti Zan, le thème retenu cette année est "Créolité et modernité".

• Rencontre cet après-midi
Daniel Picouly à la médiathèque du Port
Dans le cadre de "Lire et faire lire" et à l’invitation de la Fédération des œuvres laïques, l’auteur Daniel Picouly, Prix Renaudot 1999 avec "L’enfant léopard", sera présent cet après-midi à la médiathèque Benoîte Boulard du Port de 16 heures à 17 heures.

D’origine martiniquaise, il est issu d’un milieu modeste mais qualifie son enfance « de multiheureuse ». Sa carrière d’écrivain débute en 1992 avec la publication de plusieurs polars : "Nec" et "Les larmes du chef" avant le succès public de la saga familiale "Le champ de personne" en 1995 puis "Fort de l’eau" en 1997.

Il écrit, parallèlement, des livres pour la jeunesse.

En visite dans notre île, il est parti hier à la rencontre des jeunes réunionnais, car sa démarche est guidée par l’idée de « faire progresser l’idée du livre », a-t-il précisé au journal télévisé de Télé-Réunion, en faisant part de son enthousiasme à la suite de cette prise de contact. Revenant sur sa carrière, il a signalé qu’il était « un cancre » à l’école. « Mon style est conditionné par mes lacunes », a-t-il dit, en ajoutant que « tout un chacun peut s’exprimer avec sa singularité ». Il a aussi insisté sur l’importance des nouvelles technologies comme un moyen de donner envie de lire, pour des enfants qui sont beaucoup plus à l’aise devant un écran qu’avec un livre. Il souhaite au cours de son séjour « partager les énergies et repartir regonflé » de toutes les rencontres qu’il fait ici. Rendez-vous cet après-midi à la médiathèque du Port.


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