Agriculture

Défense des éleveurs de porc et prêts bonifiés

Deux enjeux importants pour les jeunes de la C.G.P.E.R.

18 mars 2003

Au cours d’une conférence de presse vendredi, la section départementale des jeunes de la CGPER est revenue sur la séance plénière de la CDOA du 13 février dernier(voir "Témoignages" de samedi et dimanche derniers). Les représentants de la CGPER ont rejeté en bloc un projet « qui risquait de déstabiliser le développement du "porc pays" ». « Une majorité des membres de la CDOA plénière ont suivi la position de notre organisation syndicale », précise la CGPER.
L’agriculture réunionnaise et la filière porcine en particulier doivent aujourd’hui faire face à de nombreux enjeux à travers la réforme de la PAC, l’entrée des PMA sur le marché européen sans tarif douanier en 2004 et la concurrence des pays ACP qui ont des coûts de production beaucoup moins importants. Des pays comme le Canada sont en train de mettre en place une technologie pour acheminer de la viande de porc fraîche par bateau. Si cette technologie est en point, demain rien n’interdira Madagascar ou des importateurs français de faire entrer leurs produits à La Réunion, estime la CGPER.
Aujourd’hui, la production de porc à La Réunion est une spéculation encore très attractive et bénéficier d’un quota de porc à la CPPR est un gage de rentabilité d’un exploitation, estime la CGPER. « Compte-tenu de ce constat et de l’appât du gain, des indépendants se sont installées en mettant en place une politique où le producteur n’a qu’un rôle d’engraisseur », poursuit la CGPER, « les éleveurs sont ici considérés comme des salariés et n’auront aucune maîtrise économique de leur production ».
Au cours de cette conférence de presse, le problème des prêts bonifiés a été également abordé. Tous les ans, les agriculteurs réunionnais bénéficient depuis des années des prêts bonifiés à 2% pour les investissements inclus dans leur projet d’installation. Ces prêts bonifiés aidés par l’État couvrent un vaste champ d’application allant de la replantation canne à l’achat de matériels agricoles.
Chaque année au mois de février, le gouvernement publie un arrêté ministériel autorisant les agriculteurs à prétendre à ce type de prêt auprès d’organismes bancaires. « Malgré les multiples relances de notre organisation syndicale auprès de la direction de l’Agriculture et de la Forêt », la CGPER constate que l’arrêté ministériel n’est toujours pas paru ce qui pénalise considérablement les jeunes agriculteurs. « Faute de moyens financiers les planteurs sont obligés de retarder leurs travaux de replantation de canne », estime la CGPER. Suite aux conséquences du passage de Dina l’an passé, le syndicat « demande au gouvernement de prendre rapidement les mesures nécessaires afin que les agriculteurs réunionnais puissent prétendre aux prêts bonifiés et réaliser leurs investissements prévus de longues dates ».


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Témoignages - 82e année


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