L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
• Un texte de Arsha Vidya Ashram du Port
23 octobre 2003

Dipâvali, la fête de la lumière (dîpa : lampe, âvali : rangée).
Dipâvali est probablement la plus grande fête au niveau national en Inde. Cette fête est célébrée par tous les gens quels que soient leurs niveaux dans la société, des Himalayas au Nord au Cap Kanyakumârï à la pointe Sud de l’Inde. C’est aussi l’une des plus importantes fêtes du calendrier tamoul. Les gens attendent avec ferveur le mois d’Ayippasi (…), car c’est un jour synonyme de joie et de bonheur. C’est un grand jour pour les nouveaux mariés car le couple est invité chez les parents de la femme où ils célèbrent leur premier Dipâvali après le mariage. Le mari reçoit de nombreux cadeaux. Les garçons font exploser des pétards toute la nuit et les filles reçoivent en cadeau des bracelets et des rubans. Tout le monde s’offre des sucreries.
| Le bain |
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| Les bains sont toujours associés aux fêtes en Inde, et plus particulièrement dans le Tamil Nâdu qui se situe dans la zone intertropicale. Pour toute fête de temple, il y a un bain, tirthavâri, le dernier jour où la statue métallique symbolisant la divinité scellée dans le temple, est amenée à la rivière ou au bassin du temple et y est baignée cérémonieusement. Mâsi magham est dévoué à un bain de mer alors que âdiperukku est pour le bain de rivière. De la même manière, Dipâvali, bien qu’étant la fête de la lumière (dîpa : lampe, âvali : rangée) est célébrée à l’aube par les Tamouls par un bain d’huile, de noix de coco, la plupart du temps. Dipâvali arrive le quatorzième jour de la quinzaine lunaire sombre où la lune décroît, dans le mois Tamoul d’Ayippasi (octobre-novembre). Le jour suivant est la nouvelle lune, amavâsya ou amavâsai, pour lequel un bain rituel est prescrit. En plus du bain, les membres de la famille doivent porter de nouveaux habits ce jour-là. La troisième chose importante à faire est la préparation et la dégustation de gâteaux et de sucreries. Les choses ayant évolué, les pétards sont devenus une tradition pour les plus jeunes. |
| Une fête populaire |
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| Dans les familles rurales, Dipâvali est non seulement une fête populaire mais aussi communautaire. La veille au soir, des cadeaux sous forme de riz, d’huile, et de savons, de vestis et de serviettes sont faits aux artisans du village, ainsi que les paysans pauvres, le coiffeur, le charpentier, le maréchal-ferrant, etc. Les femmes des travailleurs agricoles reçoivent de nouveaux saris. Ainsi le jour du Dipâvali, personne dans le village ne peut s’empêcher de prendre un bain d’huile et de porter de nouveaux vêtements, à cause de sa pauvreté. Les bains avant le lever du soleil sont considérés comme aussi méritoires que celui que l’on pourrait faire dans la Ganga, d’où son nom Gangasnânam. |
| Les habits neufs |
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| Dans le passé, en Inde, les gens vivaient pour atteindre certains buts dans la vie mais certaines choses étaient primordiales : manger et s’habiller. Tout comme la nourriture était dédiée à Dieu, de même les habits étaient aussi offerts au Suprême avant d’être portés. À cette époque-là, beaucoup de gens avaient le strict minimum pour s’habiller correctement. Ils s’achetaient une paire de saris ou de vestis pour toute l’année car le linge n’avait pour but que de couvrir le corps, pas pour la mode ou montrer sa richesse. Juste après le bain, la mère de famille allume une lampe et invoque le Seigneur Vishnou sous la forme de Lakshmi-Narayana ; elle y dépose tous les habits nouvellement achetés en signe d’offrande, de même que tous les gâteaux et les sucreries et ensuite, toute la famille s’habille et partage le copieux petit déjeuner. |
| La fête de la nourriture |
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| Les jeune membres de la famille habillés de neuf, se prosternent devant leurs aînés et reçoivent leurs bénédictions avant le petit déjeuner. Dans les maisons orthodoxes, le petit déjeuner est pris à l’aube. Il est constitué de plats habituels tels les idlis, dosais, etc., mais en ce jour de fête, une bonne dizaine de gâteaux et de sucreries améliorent l’ordinaire. C’était une question de prestige pour les populations rurales de faire leurs propres sucreries bien que maintenant beaucoup achètent les gâteaux à la pâtisserie du coin.
Dipâvali, qui est une fête annuelle, est l’occasion d’exprimer sa joie, d’où la cascade de gâteaux que l’on consomme pendant des jours entiers, ce qui devient une fête inoubliable. Ces gâteaux sont aussi distribués aux travailleurs du village. Il faut savoir que dans le Tamil Nadu, la moyenne des agriculteurs fait deux récoltes annuelles, la première s’appelant "kuruvai" est faite au moment du Dipâvali et l’autre, "samba", est faite au Pongal. Ainsi, le surplus de dépenses occasionnées lors de ces fêtes est compensé par les ventes de riz. L’autre particularité du Dipâvali, nous l’avons vu, est l’apparition de pétards et de feux d’artifice pour le plus grand plaisir des enfants. Ceux-ci n’hésitent pas alors à ruiner leurs parents pour satisfaire leur goût et s’amuser. Par contre les filles qui craignent en général les explosions de pétards, se jettent plus sur les bracelets et les robes ou saris. |
| Les histoires |
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| Le jour du Dipâvali est connu comme le Naraka Chaturdasi Dina, en mémoire de l’asura Naraka. On dit qu’il fut la progéniture de Vishnou et Bhudevi lorsque celui-ci s’était incarné en sanglier pour sauver la terre que le démon Hiranyaksha avait caché au plus profond des océans. Narakâsura régnait sur Prâgjyotishapura, "la ville de la lumière de l’Est". Étant né de Vishnou, il avait donc d’immenses pouvoirs qu’il utilisait malheureusement pour harasser les humains et les dieux. De plus, il avait dérobé la boucle d’oreille d’Aditi, la mère des dieux, ainsi que le parapluie de Varouna, le dieu des océans. Les dieux prièrent donc Vishnou pour qu’il les débarrasse de la menace de Narakâsura. Le Seigneur descendit sur terre avec Satyabhama, son conducteur de char. Il le tua le quatorzième jour après la pleine lune de ce mois d’Ayippasi, avant l’aube. Dans sa dernière volonté, Narakâsura demanda que celui qui se baigne rituellement ce jour-là et fait la fête gagnera le ciel. Son souhait fut accordé et depuis les gens célèbrent ce jour-là sus le nom de Naraka-chaturdasi-snânam.
Il y a une autre signification rattachée à ce jour. L’histoire de Bali est aussi très connue. Bien que de naissance asurique (non divine), il fût un grand souverain qui avait acquis le droit de monter sur le trône d’Indra, le chef des dieux, de par ses actions vertueuses et ses austérités. Les dieux implorèrent donc Vishnou de venir à leur secours et d’humilier Bali. Le Seigneur vint donc sur terre sous la forme de Vâmana, un nain. Bali avait alors sacrifié ses biens en les distribuant à qui les lui demandait. Vint alors un nain qui lui demanda trois pieds de terre. Bali accepta la requête. D’un pas, le nain couvrit toute la terre, d’un second pied il couvrit les cieux. Ne manquait que le troisième pied. Bali comprit qu’il ne s’agissait pas d’un nain ordinaire mais du Seigneur Vishnou. Le souverain offrit sa tête pour que le dieu y posa son pied. Cela veut dire que des deux premiers pieds, Vâmana prenait possession de l’univers externe et qu’avec le troisième pied, il prenait possession du monde intérieur de Bali. C’est cela le plus grand sacrifice : l’offrande du monde intérieur, à savoir son cœur à Dieu. La plus grande prière de tout dévot est que Dieu entre dans son cœur même s’il doit se mettre à genou et plier la tête. Dipâvali n’est pas célébrée de la même façon dans le Tamil Nâdu. Les gens près de Madras ne le célèbrent pas avec les nouveaux habits, ils les gardent pour la fête de la moisson ou Pongal. De plus le Dîpa-ârati, la rangée de lampes, est célébrée plus le jour du Kartigai Dipâm que le jour du Dipâvali. Même le bain d’huile ne semble pas être suivi d’une manière générale surtout chez les habitants du delta de la Kâveri. De plus, chaque État d’Inde a ses fêtes spécifiques : le Tamil Nâdu a son Pongal, le Kerala son Onam, le Mahârâshtra son Ganeshchaturthi, le Bengale sa Durgapûjâ, l’Orissa son Rathayâtra, et le Nord de l’Inde son Holi. Mais Dipâvali semble la fête populaire de tous les Hindous quelle que soit leur origine. Le Saurâshtra et le Râjâsthan commencent leur nouvelle année à compter de cette date, où les commerçants font leurs bilans annuels et ouvrent de nouveaux livres après avoir invoqué Lakshmi, la déesse de la Prospérité et offert de la nourriture et des vêtements aux pauvres. |
| Le Dipâvali pour les autres communautés |
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| Pour les Jaïns, le Dipâvali est le jour où leur vingt-quatrième prophète, Sri Vardhamana Mahâvîra, atteignit l’illumination, le nirvâna. Il avait prêché pendant six jours à Bhavapuri, près de Patna, et quitta son enveloppe mortelle le septième jour. Le mythe dit que les êtres célestes allumèrent des rangées de lampes à huile pour célébrer son illumination. Cet événement marque le début de l’ère jaïne, commencée il y a 2.529 années de cela. |
| Dipâvali à travers les âges |
| Dipâvali n’est pas seulement une fête pan-indienne mais est aussi célébrée au Népal, en Birmanie, en Thaïlande, et dans les pays où l’hindouisme a été présent ou est encore pratiqué du fait de l’émigration indienne. Il semblait que cette fête a été célébrée en Inde depuis la nuit des temps et qu’elle serait même une fête pré-aryenne. On trouve sa trace dans certains anciens textes jaïns et hindous. Dans le Sud de l’Inde, il semble que cette fête ait eu du succès sous le règne des empereurs de Vjayanâgar. Un texte du 15ème siècle, l’"Akshabhairava Kalpa", décrit la célébration par le souverain d’alors ; il mentionne le bain rituel, les habits neufs, la nourriture riche, les feux d’artifice et les rites au temple. Un texte sanskrit du 17ème siècle dit même que les pétards servent à illuminer le chemin des ancêtres pour qu’ils visitent la maison de leurs descendants. Probablement, les pétards et les feux d’artifice viennent de Chine tels que le suggère le mot tamoul « sinavedi » -pétard de Chine- tel qu’il est encore connu dans certains villages du Pays Tamoul. Aucune mention du Dipâvali dans les anciens écrits tamouls de l’époque pré-Sangam et Sangam. Ce n’est seulement qu’à partir du 16ème siècle que nous trouvons des références sur le Dipâvali dans le Tamil Nâdu. |
| Dipâvali dans différentes régions |
| Dans le Karnataka, État voisin du Pays Tamoul, les gens croient que Lakshmi demeure dans l’huile et Gangâ dans l’eau. Ce jour-là, ils préparent deux récipients : l’un contenant de l’eau, décoré de fil jaune et de koumkouma, et l’autre contenant de l’huile et un peu de poivre, coloré au safran (curcuma). Il y a des chants spéciaux pour le Dipâvali. Le jour après la nouvelle lune, amavâsi, s’appelle Bali pattimal, où l’on observe un jeûne spécial en l’honneur de Mahâbali. Le Kérala a enrichi la littérature du Dipâvali par l’histoire du roi qui avait trois filles. Les deux premières étaient des hypocrites qui faisaient croire au roi qu’elles l’aimaient. Celui-ci maria sa troisième fille à un pauvre brâhmine. Ce dernier ne devait jamais rentrer chez lui le soir les mains vides. Un jour qu’il n’avait rien gagné, il ramena un serpent mort que son épouse jeta sur le toit de leur case. Un aigle qui avait volé le collier de perles favori du roi l’échangea contre le serpent. La fille ramena le collier à son père et demanda en échange que le jour du Dipâvali, aucune lampe ne doit briller dans son royaume. Il accepta mais Lakshmi qui rend visite aux foyers ce jour-là, ne trouva qu’une seule maison où la lumière brillait. Elle fit donc pleuvoir la richesse sur la case de la pauvre princesse qui fut ainsi réconciliée avec son royal père. Depuis ce jour, les gens du Kérala allument des lampes pour accueillir la Prospérité, Mahâlakshmi. Une fête très importante, appelée Tiruvadira, a lieu à cette époque de l’année au Kérala, dont les acteurs principales sont les femmes. Dans d’autres endroits de l’Inde, la fête dure trois jours. Le premier jour est le Naraka Chaturdashi. Le second jour est la nouvelle lune, amavâsya, dédié aux défunts et le troisième jour est plus important pour les Hindous du Nord de l’Inde que pour les Tamouls. C’est la célébration du couronnement du roi Vikrmâditya de la dynastie Gupta en 57 après J.C. Le Dipâvali est aussi la célébration du retour du prince Râma à Ayodhya après 14 années d’exil, tel que cela est décrit dans le Râmâyana. |
| Signification du Dipâvali |
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| Dipâvali ou "rangée de lampes" peut avoir une signification ésotérique pour les Tamouls hindous. Nous savons que les trois premiers Ajvars ont allumé la lampe de l’esprit et ont eu la Vision de Vishnou. Pour Poyhai Ajvar, l’univers était la lampe de Dieu, l’océan l’huile et le soleil la mèche. Pour Bhuttajvar, l’amour de Dieu était la lampe, la sincérité le beurre clarifié et le mental la mèche. Dans la lumière produite par la flamme, Peryâjvar voyait Lakshmi et la forme glorieuse de Vishnou. Karaikkalammayar, une sainte shivaite, chanta un poème où elle déclare que sa langue est la lampe, les mots et leurs sens la mèche et l’huile Dieu. Le mot tamoul pour une petite lampe est ahal. Le verbe ahal signifie éliminer l’obscurité et surtout l’ignorance spirituelle. Pour l’Hindou ordinaire, le Dipâvali est seulement la destruction de Narakâsura ou le retour de Râma à Ayodhya. Si nous recherchons plus en profondeur nous voyons que naraka signifie "enfer". Il représente ici l’homme, fils de Dieu, qui transgresse les lois de la terre pour la dominer par des moyens asuriques. |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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