Concerts

Dix ans après, La Réunion retrouve Salif Keïta

À l’invitation du Séchoir et de la Ville de Saint-Denis

3 octobre 2003

Le Séchoir et la Ville de Saint-Denis présentent Salif Keïta en concert ce soir à 20 heures 30 au Petit Stade de l’Est et demain à La Ravine Saint-Leu.
Voilà une dizaine d’année que Salif Keïta n’était pas revenu jouer à La Réunion. « Venir à La Réunion sans rencontrer Danyèl Waro » est inconcevable pour l’artiste qui apprécie notre maloya. « C’est une musique qui a beaucoup d’âme, qui est pleine de spontanéité, ce n’est pas le même rythme qu’en Afrique, mais c’est la même démarche. Je ne suis pas dépaysé ». Salif Keïta présentera sur scène, avec plus d’une dizaine de musiciens, les nouvelles chansons de son album "Moffou" (voir encadré), et jouera aussi les morceaux préférés de son public. Cette tournée de promotion prendra fin à la mi-janvier. Une version remixée de l’album est en préparation. Salif Keïta chante déjà dans sa tête et dans son cœur les prochaines créations : « Je rassemble mes idées pour le prochain, quand un est fini, il faut penser à l’autre ». Un prochain qu’il pense dans la diversité, toujours à la recherche du nouveau, à la poursuite de la différence.
Depuis que la musique africaine a émergée en Europe, en 1984, il n’a jamais cessé d’enchaîner albums et tournée. « Un artiste crée tout le temps, partout » confiait-il hier à la presse réunionnaise. Jamais de vacances, son travail reste un plaisir sans cesse renouveler. Sur ce dernier album, il revient à l’acoustique, se tourne aussi vers des thèmes plus légers, amoureux : « Il y a trop de problème dans la vie, trop de revendications sociales, parfois on a envie de se retrouver dans une musique plus optimiste. La solution est dans l’amour. Le monde doit vivre dans l’harmonie ».

"Moffou" : une œuvre d’inspiration 100% africaine.
"Moffou", c’est à la fois le titre du dernier album de Salif Keïta et le nom du club que le chanteur vient d’ouvrir à Bamako pour y promouvoir la scène musicale ouest-africaine. Dans l’un comme dans l’autre, le choix de ce patronyme n’est pas gratuit, il exprime un réel désir de retour aux racines, au "continent noir", au Mali, au pays des Bambara, Malinké et Soninké, à ses cultures, modes de vie, rites et traditions.

De quoi contrarier les détracteurs de celui que l’on a surnommé le "Caruso africain", qui l’accusent de s’être beaucoup trop éloigné de ses origines. Certes, "Sosie", paru en 1997, était entièrement consacré à la chanson française, et "Papa", cru 1999 enregistré pour partie à New York, produit par le guitariste funk-rock Vernon Reid, ne lésinait pas sur l’électronique et les rythmes urbains. Mais à l’instar de "Folon" (1995), pétri de tradition mandingue, "Moffou", disque entièrement acoustique est une œuvre d’inspiration 100% africaine. Influences soul et pop mises en berne, Salif Keïta, voix céleste d’une clarté et d’une vigueur exceptionnelles, livre là l’un de ses enregistrements les plus frais, enivrants et authentiques.


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