Politique des déplacements

e chantier de la construction est lancé

Non à la politique du gouvernement, oui à un projet pour La Réunion

10 octobre 2003

Depuis plus d’un an le gouvernement a entrepris de démolir tout ce qui a été construit sur le plan social à La Réunion depuis la loi du 19 mars 47 initiée par Léon de Lépervenche et Raymond Vergès. Ce chantier de démolition doit être stoppé. Pour y parvenir, le PCR propose un « vote sanction » en mars prochain. Mais cette sanction doit se compléter d’un projet pour La Réunion. Élaboré par tous ceux qui se sentent concernés, il sera la réponse réunionnaise aux problèmes réunionnais.

La liste des atteintes aux acquis sociaux, des réformes en tous genres (voir nos deux précédentes éditions et les encadrés ci-dessous), menées par le gouvernement Raffarin mettent La Réunion dans une situation extrêmement grave. Si les premières conséquences sont d’ores et déjà perceptibles, d’autres ne vont pas tarder à apparaître. Et au vu des déclarations faites ici et là, on peut s’attendre à ce que ce vaste chantier de démolition sociale ne s’arrête pas là. Dès lors, une question se pose : comment faire barrage à cette politique menée par Raffarin mais décidée par le président de la République ? La solution préconisée par le PCR, c’est « le vote sanction » en mars prochain, lors des élections régionales et cantonales. Bien sûr, ce n’est pas Raffarin qui se présente à La Réunion, mais ses partisans ou défenseurs. Ce sont donc eux qu’il faut sanctionner en mars prochain. Car, tous membres de l’UMP, ils n’ont jamais protesté contre les mesures gouvernementales, pas plus qu’ils n’ont fait part au gouvernement des préoccupations des Réunionnaises et Réunionnais, de leurs propositions, suggestions...
Mars 2004 sera donc le moment où jamais, puisqu’il n’y aura plus d’autres consultations populaires avant les élections municipales et présidentielle de 2007.
Mais un vote sanction n’est qu’une partie de la réponse à cette question. Le « front du refus », à la fois syndical et politique, continuera à s’affirmer, au fil des semaines. Et la réponse populaire aux attaques gouvernementales ne peut être pertinente -même si certains la trouvent impertinente- que si elle s’accompagne de l’élaboration d’un projet pour La Réunion. Un projet fait par et pour les Réunionnais, à l’élaboration duquel tous les partis politiques, tous les syndicats, qui se sentent concernées, participeront. « Les gouvernants de France sont dans l’incapacité d’appréhender les réalités réunionnaises, il revient donc à La Réunion d’avancer des solutions aux problèmes réunionnais ». Tout en songeant aux moyens existants -ou à mettre en place- pour y parvenir. La Réunion « ayant fait bon usage de la décentralisation » lancée en 1982 (il n’y a simplement qu’à voir les réalisations en termes de collèges ou lycées, pour s’en persuader), il n’y a aucune raison pour que cet état de fait change à l’avenir.
Le chantier est donc lancé. Et Il n’est pas question, aujourd’hui, pour le PCR, de parler "tête de liste", "place sur la liste"...

Des menaces sur les sur rémunérations des fonctionnaires
Claude Hoarau rappelait que la question avait été évoquée à plusieurs reprises, notamment lors de la discussion de la loi de programme, tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Jean Arthuis d’un côté, Pierre Méhaignerie de l’autre avaient « fait le procès des sur rémunérations », mais il leur avait été rétorqué que ce n’était ni d’actualité ni le lieu et l’heure d’en discuter. Puis est arrivé le rapport Laffineur « un réquisitoire plus élaboré » qui vient au moment où à Bercy, on cherche désespérément des sous pour boucler un budget de récession. Et ti lamp ti lamp, l’idée est reprise par la presse nationale, gentiment abreuvée par ces trois politiques. L’objectif semble donc être que cette idée devienne acceptable en France, afin que le gouvernement ramasse tout. « Mais un nivellement par le bas n’est jamais la bonne solution. La suppression des sur rémunérations aurait des conséquences catastrophiques pour La Réunion ». Alors que faire ? « Le PCR est preneur d’un débat sur la question », annonçait Claude Hoarau, en rappelant les initiatives prises par son parti : suppression de l’indemnité d’éloignement (un montant total de 700 millions de francs dont La Réunion n’a jamais vu la couleur après sa suppression). Ou les propositions du PDA : une épargne obligatoire pendant 5 ans, restituée aux cotisants à l’issue de cette période, avec réinjection des sommes épargnées dans l’économie réunionnaise.
Réforme du RMI, création du RMA et décentralisation
Attention au clientélisme
Claude Hoarau expliquait : « Les familles réunionnaises ne sont pas responsables de l’incapacité des autorités à leur donner un travail ». Et de dénoncer l’attitude de ceux qui pensent que les érémistes sont des « assistés, en sous-entendant qu’ils sont heureux d’être assistés ». Quant à la création du RMA, elle n’est pas forcément une bonne chose, car si l’idée est de conduire les allocataires à l’emploi, encore faut-il que ce soit un emploi à temps plein. Actuellement, un allocataire passant au RMA ne travaillerait que pour quelques euros de plus. Par ailleurs, soulignait Claude Hoarau, si l’allocataire refuse son contrat RMA, il peut être « sanctionné » et c’est le Conseil général qui prendrait la décision. La dérive clientéliste existe donc.

Par ailleurs, on peut rajouter aux propos de Claude Hoarau, ce fait : Jean-Paul Virapoullé jetait la suspicion sur le président du Conseil général de La Réunion en déclarant au sénat, le 26 mai dernier : « Les ayants droit s’inquiètent de la sécurisation du dispositif. En métropole, il concerne 1% de la population mais 10% chez nous, que le président du Conseil général ne doit pas transformer en clientèle politique ».

Journaliers communaux : le recul
Dans une lettre adressée au président de l’Association des Maires de La Réunion, Brigitte Girardin avait proposé une solution en deux étapes pour les journaliers. Elle avait demandé que les 12 communes de l’île qui n’avaient pas mise en application un processus d’intégration, le fassent. Des négociations seraient engagées avec notamment l’État pour envisager la titularisation. Lors du débat sur la loi de programme, Brigitte Girardin est revenu sur cette décision. « Tout cela est maintenant à terre ». Et le dossier piétine.
Une décentralisation vidée de son intérêt
« Le gouvernement a vidé le principe de la décentralisation de tout son intérêt. Quelle collectivité ne voudrait-elle pas avoir de nouvelles compétences pour développer son pays ? Avoir plus de responsabilité dans ce domaine, pour permettre de peser sur ce développement économique, pour être acteur », interrogeait Claude Hoarau, en poursuivant : « avoir la compétence de la gestion de 600 ou 700 agents supplémentaires est-ce un outil qui permette de peser sur le développement économique ? ». Sans compter que les collectivités locales vont être très embêtées pour faire face au retard d’encadrement, aux effectifs qui devront être nécessairement embauchés pour intégrer les nouveaux lycées et collèges. Des collectivités qui devront trouver les moyens financiers indispensables au détriment d’autres secteurs.

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus