À 20 heures 05 sur Tempo : ’Madame brouette’

En plein dans l’Afrique

13 mars 2006

Film franco-sénégalais de Moussa Sene Absa. Avec Ousseynou Diop , Rokhaya Niang, Aboubacar Sadikh Ba, Kadiatou Sy, Ndeye Seneba Seck...

Mati, jeune femme divorcée, gagne sa vie en poussant sa brouette chargée de fruits ou de légumes dans les rues de Dakar, avec sa fille Ndèye. Elle travaille dur pour gagner son indépendance. Elle vit chez ses parents où elle héberge son amie Ndaxté, que son mari battait pour un oui ou pour un non et qui l’a répudiée. Mati se méfie des hommes, mais elle craque quand-même pour le beau Naago, policier corrompu et coureur de jupons. Quand son père constate que Mati est enceinte, il la chasse du domicile familial. Elle cherche un soutien auprès de Naago qui, au lieu de l’accueillir chez lui, la loge dans un hôtel sordide. Révoltée, Mati décide de se sortir de là. Avec Ndaxté, elle veut ouvrir une gargote...

Il est assez rare de voir sur nos écrans, petits et grands, du cinéma africain, alors remercions Tempo de nous permettre de nous immiscer dans cette culture si proche de nous et que des artistes emplumés méprisent d’un revers de main suffisant ! Pourquoi je vous dis cela ? C’est parce que j’ai entendu ici et là quelques critiques de ce film, ils y avaient les bonnes et les mauvaises. Comme à l’accoutumée, les mauvaises venaient de supers pros de cet art que l’on nomme "7ème". Ce n’est pas à leurs jugements que je me fie pour aller au cinéma, Dieu m’en préserve ! Ils me fatiguent les biens pensants, ceux qui vous empêchent de vous régaler en toute bonne conscience devant ce qu’eux appellent un "navet" et qui parfois réserve de bonnes surprises.

Revenons à Madame brouette, à ses démêlés avec les hommes et à sa bravoure pour vouloir aider et nourrir tout son petit monde. "Madame brouette" n’est certes pas un film comme les autres, il n’est pas académique, certains diraient même que le réalisateur manque de technique, les comédiens sont amateurs, les textes sont parfois simplement consciencieusement récités, mais voilà sans doute la force de cette œuvre. Le réalisateur nous plonge en plein dans l’Afrique, celle où l’on passe à côté sans vraiment la voir et l’histoire n’en est que plus forte.

Le film commence avec une énigme policière, ensuite en revenant en arrière, nous reprenons le cours de la vie de "Madame brouette", avec sa verve, ses sautes d’humeur et son rêve de liberté.

Cette histoire va nous permettre de rentrer avec délectation dans la société sénégalaise, car le film nous offre une belle occasion de découvrir la musique et les danses de ce pays, le tout rehaussé par de sublimes images prises en extérieur et par la beauté naturelle des acteurs.

Aborder le thème de l’émancipation des femmes dans un pays très enclin au patriarcat est sans aucun doute un moyen de participer à l’évolution positive des mentalités pour plus d’équité dans un Sénégal en proie aux démons du machisme.

 Ph. T. 


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