Exposition

Encart artistique dans plusieurs coins de la ville

Des photographes s’affichent dans Saint-Denis

18 novembre 2003

Depuis mercredi, des panneaux publicitaires dans la ville de Saint-Denis exposent une série de photos réalisées par huit photographes réunionnais. Une commande a été passée à sept d’entre eux : François-Louis Athénas, Jean-Noël Enilorac, Jean-Marc Grenier, Ibrahim Mulin, Frédéric Pothin, René-Paul Savignan, Laurent Zitte. À leurs travaux s’ajoutent deux photographies d’André Blay prises à l’époque du train, qui viennent faire un contraste saisissant avec la modernité des autres prises de vues.
Cet affichage artistique se poursuivra jusqu’au 12 décembre. La Ville a passé cette commande à Lerkà il y a un mois. Saint-Denis connaît depuis quelques années une réorganisation importante de son territoire : « des quartiers disparaissent et de nouvelles frontières se dessinent lentement. Il appartient aux artistes de contribuer à l’identification de ces nouveaux espaces », selon le Service culturel.

300.000 spectateurs potentiels

En inscrivant l’artiste comme acteur du développement urbain, la Ville leur permet de participer à la construction de l’image de Saint-Denis, elle offre aux dionysiens un choix d’images témoins (deux par photographes) exposés dans divers endroits.
« Nous avons voulu exposer des photos, des œuvres et plus tard de la poésie, dans les endroits où se trouve le public », indique Antoine Du Vignaux (Lerkà). Cette opération baptisée "Limazinèr" avait déjà été organisée une première fois en 2001 sur le thème "Utopie des mondes créoles" mêlant poètes et photographes.
Peu de présence humaine, les photos proposent un nouveau regard sur l’architecture et l’urbanisme, elles partent à la redécouverte de la ville.
Pour Jean-Noël Enilorac, cette commande a été fructueuse : il a effectué plusieurs séries de photos, et comme tous les autres photographes, il n’a pu en proposer que six ou sept. Pour Ibrahim Mulin, c’était « un vrai petit défi », surtout à cause du temps laissé à la réflexion et à la création : un mois. Jean-Noël Enilorac précise : « ce travail mérite beaucoup de réflexion, on n’investit pas d’aussi grand panneau pour le plaisir, il faut une vraie réflexion ».
Le rêve de Lerkà est de joindre des poètes, des sociologues à cette opération dans la ville, un plus grand rêve serait de voir les panneaux défiler à longueur d’année pour une exposition permanente à ciel ouvert. Les photographes sont d’accord : « le vrai défi n’est pas d’entrer dans les musées, mais d’investir l’espace public ».
300.000 personnes pourraient voir ces photographies durant un mois d’exposition. Et un plus grand nombre encore peut les regarder sur le site.


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