L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Développement durable
Exposition au muséum de Stella Matutina
13 novembre 2003

« D’où vient l’eau ? », demanda l’instituteur à un élève. « Ben ! Du robinet ! », répondit l’enfant. Une réponse de candide qui illustre bien nos petites habitudes quotidiennes : on appuie sur un interrupteur et hop ! Que la lumière soit ! On en oublierait presque que sur terre, un humain sur trois n’a pas accès à la fée électricité… Et quand après un cyclone, l’électricité est coupée, ce sont des habitudes de vie qui se trouvent ainsi bouleversées ! Mais bien vite, la vie reprend son cours normal et on oublie alors de se poser des questions simples : pourrions-nous vivre sans électricité ? La réponse est bien évidemment non. Mais savons-nous d’où vient cette électricité ? Comment elle est fabriquée ? Se poser ces questions, c’est déjà mettre un pied dans les énergies renouvelables, c’est passer du stade de consommateur à celui de citoyen.
En grec, "énergie" signifie "force en action". Pour produire cette énergie dont nous ne pouvons nous passer dans tous les actes de la vie quotidienne (cuisiner, avoir de l’eau chaude, conserver les aliments par le froid, éclairer, se déplacer…) nous utilisons des énergies non renouvelables. Dans cette catégorie, il y a les énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz… Dame Nature a mis des millions d’années à produire ces énergies que nous dépensons allégrement tant et si bien que les ressources s’épuisent. Pour le pétrole, par exemple, les estimations les plus optimistes font état de sa quasi-disparition dans moins de deux siècles. Ce n’est pas pour rien que l’on parle "d’or noir" et s’il attise tant de convoitises, au point de générer des conflits armés… Dans les énergies non renouvelables, il y a aussi les énergies fissiles, avec l’utilisation de l’uranium ans les centrales nucléaires.
Et puis, il y a les énergies renouvelables, inépuisables : l’énergie solaire, l’énergie éolienne (produite par le vent) et la géothermie (utilisation de la chaleur des volcans). Pour résumer la problématique, disons simplement que les énergies non renouvelables sont abondamment utilisées -elles représentaient 85% de la consommation mondiale en 2000- alors que les ressources s’épuisent. Dans le même temps, les énergies renouvelables, qui ne représentaient que 15% de la consommation mondiale d’énergie en 2000, sont elles inépuisables. Or, cette consommation d’énergie fossile est à l’origine de graves troubles dont nous ne commençons à peine qu’à apercevoir les premiers effets.
Par exemple, on a beaucoup parlé de la canicule cette année en France. Or, selon certains experts, il se pourrait bien que les températures qu’a connu l’Hexagone durant les mois de juillet et août, deviennent la norme en France et en Europe dans moins d’un siècle. En brûlant, l’énergie fossile rejette dans l’air du dioxyde de carbone et des gaz nocifs qui augmentent l’effet de serre et contribuent aux changements climatiques. De plus, l’énergie fissile (le nucléaire) produits des déchets radioactifs dont les effets peuvent durer des centaines d’années.
Vu sous cet angle, on peut se dire, avec trois sous de bon sens, qu’avec le confort que nous procure cette énergie, nous creusons la tombe de l’humanité. Et donc, on peut logiquement se poser la question : quelles alternatives ? les énergies renouvelables sont-elles réellement crédibles et peuvent-elles nous procurer la même utilité et le même confort que les énergies fossiles et fissiles ? La réponse est oui. Par exemple, l’énergie électrique fournie par les centrales hydrauliques ne sont pas polluantes. Au début des années 80, l’hydraulique, avec notamment les centrales de Rivière de l’Est et de Takamaka 1 et 2 produisaient 99,3% de notre électricité. Or, notre consommation d’électricité augmente de près de 8% par an et l’hydraulique ne représente plus aujourd’hui que 30,7% de notre production d’électricité, le reste étant fourni par les hydrocarbures (24,4%) le charbon (31,6%) et la bagasse (13,3%).
À ce jour, les énergies renouvelables sont très peu utilises et souvent "gadgetisées". l’explication est souvent la même : cela coûte cher de les développer pour en faire une réelle alternative. Mais dans le même temps, pour répondre aux besoins d’une consommation en constante augmentation, l’utilisation d’énergie fossile a triplé en à peine vingt ans et elle coûte de plus en plus cher. Nous restons sas arrêt à la merci de ce que l’on appelle communément un "choc pétrolier". À cela s’ajoute un constat : notre île est loin de toutes les ressources fossiles ou nucléaires. Mais elle est parfaitement pourvue en ressources d’énergies renouvelables : le vent et le soleil ne nous font pas défaut la ressource géothermique fait l’objet d’études pour en évaluer son potentiel.
Sachant que 50% de l’énergie est consacrée au transport et les 50% restant allant à l’électricité, l’éolien et le solaire constituent à eux seuls une réponse à nos besoin en électricité et pourraient représenter jusqu’à 55% de notre production. Cela mériterait qu’on y consacre de réels efforts. D’autant que ces deux sources de production pourraient être rapidement développées. Mais cela suppose que tous les acteurs du développement unissent leurs efforts et prennent dès maintenant le taureau par les cornes car il y a urgence et les choix qui seront décidés engageront notre pays pour des décennies. Et dans les choix qui seront faits, il faudra avoir le courage de ne pas céder à la facilité…
| An plis ke sa |
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| Jusqu’au 1er février br> L’exposition "les énergies renouvelables", est visible au muséum de Stella Matutina jusqu’au 1er février, avec des contributions de l’ARER, de l’ADEME, d’EDF et de la Région Réunion. Construire avec le climat En adaptant les constructions aux micro-climats, avec des bâtiments économes en eau, énergie et déchets, on peut réduire la consommation d’électricité des bâtiments de l’île de 50 à 20%. Cela mérite que l’on s’y penche réellement, non ? Selon les prévisions pour 2025 du PRERURRE, l’éolien et le solaire pourraient fournir jusqu’à 200 mégawatts, l’hydraulique pourrait fournir 60 mégawatts supplémentaire, la géothermie 20 mégawatts, l’incinération de déchets 20 mégawatts…Autant dire qu’il reste encore des pistes à exploiter ! En 20 ans, la consommation d’énergie a été multipliée par 2,5. La consommation d’électricité a été multipliée par 4 et nos importations d’énergie ont été multipliées également par 4. Cela donne à réfléchir sur les alternatives offertes par les énergies renouvelables. La consommation d’énergie est aussi un révélateur des grands déséquilibres de la planète. Ainsi, 43% de la consommation d’énergie primaire dans le monde sont le fait de 13% seulement de la population mondiale. À titre d’exemple, les États-Unis, qui ne représentent que 4,5% de la population mondiale, consomment à eux seuls 25% de l’énergie mondiale ! Rappelons également que sur notre planète, un habitant sur trois n’a pas accès à l’électricité ! |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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