Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Culture
Une langue écrite, lue mais très peu parlée à La Réunion
27 septembre 2003

Le Centre culturel régional indien et l’Amicale des Français de l’Inde à La Réunion ont signé une convention afin d’offrir une nouvelle possibilité pour que des Réunionnais puissent apprendre le tamoul. Le premier cours a lieu aujourd’hui à Sainte-Marie.
« Mwin lé né dann Lind, mwin la grandi Pondichéry… », proclame le roi Kaf dans une célèbre chanson. Par ces quelques mots, nous pourrions résumer l’alliance qui se construit entre le Centre culturel régional indien (CCIR) situé à Sainte-Marie et l’AFIR (Amicale des Français de l’Inde à La Réunion).
Ainsi, dans le cadre du développement de la culture indienne à La Réunion, les deux présidents des deux structures respectives, Krishna Naranin et Zéarame Balamourougme ont signé une convention le 20 septembre dernier pour consolider l’enseignement de la langue tamoule. Lue et écrite la plupart du temps par les fidèles de la religion hindoue, la langue demeure toujours un obstacle car elle est très peu enseignée dans notre île. C’est pourtant un vecteur de communication grandissant pour être parlé par près de 85 millions de personnes sur la planète.
La fusion du CCIR et de l’AFIR vise trois objectifs : « nous répondons à la demande des personnes souhaitant mieux parler le tamoul pour servir dans les temples ; mais aussi de plus en plus, l’économie mondiale est tournée vers l’Asie, sans compter que nous sommes dans un bassin de coopération régionale… », confie le président du Centre culturel régional indien. En dehors de la langue créole ou du français, « les malbars ont un souci de communication entre eux, que ce soient dans leurs prières ou à d’autres fins utiles », complète la vice-présidente de l’AFIR, Poungodai Sachidhawandam.
Pour combler ce vide linguistique, des cours renforceront ceux donnés par le Centre culturel régional indien, grâce à l’enseignement de bénévoles et de professeurs pondichériens. En dehors des malbars de La Réunion dont l’Histoire remonte à notre peuplement, près de 300 personnes composent la récente communauté pondichérienne de notre île. La source provenant du Tamil Nadu, il est normal que le tamoul soit prioritairement choisi. Afin d’y remédier, les propres enfants des Pondichériens seront intégrés dans les familles malbars réunionnaises afin de faciliter « une communication directe ».
Mais loin de là l’idée d’un sectarisme, car le CCIR et l’AFIR se disent avant tout laïcs et ne prônent aucun prosélytisme pour l’apprentissage de la langue. Avant cette convention -la première signée par l’AFIR- la méthodologie des cours pouvait se baser par une collaboration avec l’Institut du Mahatma Gandhi à l’île Maurice. Le collège des Mille roches à Saint-André continue son expérience d’option langue tamoule tout en ayant des difficultés à remplir ses classes.
En effet, il faudrait un minimum de 12 élèves inscrits pour assurer pleinement une année. Quoiqu’il en soit, le CCIR et l’AFIR délivreront un certificat de tamoul après de 4 années de d’enseignement.
D’autres activités existent au sein du Centre culturel régional indien comme des cours de danse de bahrata-natyam, de cuisine, de civilisation, de tabla et de sitar, de tapu (tambour malbar) ou d’arts martiaux indiens.
Durant leur formation de langue, les élèves auront la chance d’effectuer des stages à la maison mère : Pondichéry. Les cours auront lieu tous les samedi après-midi. Le premier est prévu aujourd’hui.
Courrier des lecteurs
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