Idées

Fournir de l’eau potable pour tous avec le Capteausphère

Une invention de Luçay Maillot

13 octobre 2003

Avec le Capteausphère, Luçay Maillot propose une machine qui pourrait produire de l’eau potable partout, même en l’absence de source ou de rivière. Un outil intéressant si l’on pense qu’aujourd’hui, plus d’un milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau potable et si l’on sait que l’accès à cette ressource est à l’origine de conflits, notamment en Palestine. Mais si cette eau ne sort ni du sol, ni du sous-sol, d’où vient-elle ? Luçay Maillot part d’un constat : l’air est toujours plus ou moins chargé de ce liquide essentiel à la vie. La Capteausphère a pour objectif de retenir une partie de cette eau et de la filtrer pour qu’elle soit consommable immédiatement, le tout fonctionnerait en utilisant des énergies renouvelables. Et avec cette invention, 400 à 500 litres d’eau pourraient être produits en utilisant le principe du choc thermique. Les plans sont terminés, le brevet a été déposé et actuellement, Luçay Maillot cherche une structure capable de produire un premier prototype.

« Fournir de l’eau potable à tout le monde », tel est l’objectif visé par Luçay Maillot par le moyen d’une invention : le Capteausphère. Car, précise-t-il, l’eau est présente dans l’air à un taux variable selon les régions. Ainsi, en moyenne à La Réunion, le taux d’humidité est de 80%, ce qui correspond à 80 grammes d’eau par mètre cube d’air. Arriver à extraire une partie de cette eau, telle est le rôle de le Capteausphère.
Cette idée trouve son origine lors d’un voyage en Egypte de l’inventeur réunionnais. Ce dernier a vu les immenses travaux pour irriguer le désert, en utilisant les capacités du lac de retenue du barrage d’Assouan, qui produit également de l’électricité pour 70 millions d’habitants. Mais alors, comment faire pour avoir de l’eau dans une région aride, quand on a pas la chance d’avoir à proximité un cours d’eau ou une nappe souterraine, ou si l’on ne réside pas dans une région disposant d’un réseau d’adduction d’eau potable ? La Capteausphère est une invention qui pourrait répondre à cette demande, une question d’autant plus urgente que si aujourd’hui plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, ce nombre va grandir ces prochaines années. Et chaque année, l’eau polluée tue 5 millions de personnes, dont beaucoup d’enfants.

400 à 500 litres par jour

La Capteausphère fonctionne selon le principe du choc thermique (voir schéma en coupe). De l’air à température ambiante est aspiré par des petits trous disposés le long d’un cylindre en PVC de 2 mètres sur 70 centimètres de diamètre, surmonté par une cheminée. À l’intérieur du cylindre, l’air aura tendance à monter, attiré par la cheminée qui va créer un appel. Au cours de sa remontée, il sera obligé de se faufiler dans des chicanes délimitées par des plaques métalliques creuses, ces dernières renfermant de l’eau glycolée constamment refroidie par le biais d’un circuit fermé. Au contact de ces plaques, l’air va se condenser et abandonner sous forme liquide une partie de l’eau qu’il transporte. Cette dernière s’écoulera vers un réservoir situé dans la partie inférieure du cylindre. Pour garantir une eau potable, Luçay Maillot prévoit l’ajout de filtres à air à l’entrée et à eau en sortie. Pour accélérer encore davantage le mouvement de l’air, on peut imaginer de disposer des petits ventilateurs couplés à des résistances électrique au niveau des trous d’entrée. Ainsi équipée, le Capteausphère serait capable de produire en une journée 400 à 500 litres d’eau, en utilisant une dépense énergétique minime. Cette dernière ne concernerait principalement que le circuit de refroidissement, ventilateurs et résistances électriques sont des éléments facultatifs si l’installation se situe dans une région chaude.

Avec des énergies renouvelables

Les seuls besoins énergétique de le Capteausphère sont l’alimentation d’une petite pompe de piscine (30 mètres cubes par heure) pour faire circuler l’eau dans les plaques métalliques et d’un congélateur de 200 litres qui renfermera un réservoir d’eau glycolée, c’est à dire de l’eau à laquelle on ajoute un additif, le glycol, qui lui permet de rester liquide à une température négative. La pompe permettra alors d’envoyer l’eau circuler dans les plaques métalliques, puis le liquide reviendra dans le réservoir situé dans le congélateur.
L’utilisation de ce matériel se traduit par une faible consommation énergétique, ce qui est intéressant si l’on considère que là où il n’y a pas d’eau potable, il n’y a pas non plus de réseau électrique. Trois solutions sont proposées pour faire fonctionner ce circuit : une éolienne, des plaques photovoltaïques ou un dispositif pour autoalimenter l’appareil. Se dernier est conçu par Luçay Maillot.
Le brevet est déposé et les plans ont été soumis à différentes institutions en vue de réaliser un prototype. Étant donné le coût de cette première machine, entre 60.000 et 100.000 francs selon les matériaux utilisé, Luçay Maillot cherche un partenaire. Des contacts ont été liés avec des membres de l’Éducation nationale, un responsable semble très intéressé par l’invention dont la construction pourrait servir de support pédagogique.

Luçay Maillot, inventeur
Mis à part le Capteausphère, Luçay Maillot travaille sur d’autres projets. Il constate en effet que depuis des décennies, le pétrole est une des bases du développement économique. Or, cette ressource est limitée et il n’est pas sûr qu’il en existe encore le siècle prochain. Cette situation est à l’origine de comportement de prédation comme nous l’avons vu récemment avec l’invasion de l’Irak par les dirigeants américains.

Partant de ce constat, Luçay Maillot imagine des outils capables de produire de l’énergie sans pétrole. Il a ainsi imaginé un véhicule capable de rouler en utilisant très peu de carburant, juste pour atteindre la vitesse de 60 kilomètres heure. Cette voiture pourrait ensuite fonctionner en utilisant la résistance de l’air qui ferait tourner des alternateurs capables de produire de l’énergie électrique. Depuis 2 ans, Luçay Maillot a ainsi proposé quatre inventions, y compris le Capteausphère, qui peuvent contribuer au développement durable.

Pour tout renseignement complémentaire, il est possible de contacter Luçay Maillot à l’adresse suivante : Maillot Joseph-Luçay, 61, rue Sainte-Anne, 97400 Saint-Denis.


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