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Nos peines
Le mouvement syndical endeuillé
23 octobre 2003

Francis Sautron, décédé hier à l’hôpital de Saint-Denis des suites d’une longue maladie, a été « une grande figure du syndicalisme et un grand Réunionnais », de l’avis de tous ceux qui l’ont connu.
Né le 18 mars 1925 au Tampon, Francis Sautron s’était d’abord distingué comme syndicaliste aux Arsenaux de Diego Suarez, où il faisait son service militaire dans la Marine. Il y a été élu délégué cégétiste et sa popularité était telle auprès des travailleurs malgaches qu’il fut élu maire -communiste- de Diego Suarez (aujourd’hui Antseranana) après la Seconde Guerre mondiale. Il a assumé son mandat politique jusqu’à son terme, restant dans la Grande Île jusqu’en 1965. Il fut administrateur de la province et responsable de l’Union de la CGT dans la même région, où il avait d’excellentes relations avec les organisations syndicales malgaches. Il a beaucoup travaillé à l’organisation des luttes et de la solidarité entre Français et Malgaches. Longtemps après son départ de la Grande Île, il a continué à se rendre régulièrement à Diego Suarez, dont le maire actuel l’a désigné conseiller spécial pour les relations entre La Réunion et Madagascar. En 1997, il a été décoré par le gouvernement malgache Chevalier de l’Ordre national de la République malgache, la plus haute distinction reconnue à ceux qui servent la Grande Île. Paul Vergès salue en lui « un homme exemplaire dans ses actes de solidarité entre La Réunion et Madagascar ». « Il a été un modèle de fraternité que La Réunion d’aujourd’hui ne peut que souhaiter voir se répéter dans les générations futures », a dit le président de la Région.
Nombreux sont ceux qui se souviennent de lui avec émotion et respect. « C’était une figure emblématique de Diego, avant l’Indépendance », disent-ils tous.
De retour à La Réunion, Francis Sautron est entré à la Caisse de Sécurité sociale, où il a continué à faire beaucoup de syndicalisme. Il y a été élu délégué syndical CGTR, puis administrateur de la CGSS de 1977 à 1981. Il a été aussi membre du bureau confédéral de la CGTR aux côtés de Bruny Payet, Serge Bourrhis, Denis Irouva, Marceau Semerle, Gilbert Ramin, Maurice Labenne et Lapinsonnière, Simon Amourdom ou Jean Séry, parmi les anciens syndicalistes qui ont accueilli et formé bon nombre de ceux qui dirigent encore aujourd’hui le plus important syndicat de La Réunion.
Jean-Marc Gamarus, secrétaire général de l’URSO, se souvient d’avoir assisté il y a quelques années seulement à la visite rendue à Francis Sautron par une délégation d’Antseranana. « C’était quelqu’un de très engagé, syndicalement et politiquement. C’était un grand militant, foncièrement honnête et très bon. C’est un grand Réunionnais qui nous quitte », a-t-il déclaré hier à "Témoignages".
Francis Sautron a été le fondateur de l’ASSEDIC et, de 1980 à 1996, il en a été le président et vice-président. Il a aussi été le fondateur de la Caisse de retraite complémentaire. Après la création de la Région, il a siégé au Conseil économique et social (CESR) de 1983 à 1990. Lors du Centenaire de la CGT, Eugène Rousse se souvient qu’un haut responsable de la CGT de France a remis à Francis Sautron la médaille du centenaire de la CGT.
Dans la vie politique réunionnaise, Francis Sautron a été candidat lors de campagnes pour les élections municipales, dans lesquelles il ne cherchait qu’à défendre ses idées de progrès social, à Sainte-Rose contre Dominique Sauger, à Saint-Joseph contre K’Bidy.
Arrivé à la retraite, tout comme son camarade tamponnais Denis Irouva, il était toujours prêt à « donner un coup de main » aux syndicalistes de Saint-Pierre, et toujours à l’écoute des salariés en difficulté.
Michel Séraphine se souvient d’un homme très dévoué qui « n’a laissé que de bons souvenirs partout où il est passé ». « Au plan politique, il a été par le passé candidat du PCR à Saint-Joseph et les travailleurs réunionnais parlent de lui avec un grand respect ».
De très nombreux syndicalistes se sont rendus hier soir au centre funéraire de Commune Primat. Les obsèques auront lieu ce jour, 16 heures, à Saint-Joseph.
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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