À 20 heures sur Canal Plus : ’Head-on’

’Head-on’ : Une œuvre violente et réaliste

5 septembre 2005

Un film de Fatih Akin avec Birol Ünel, Sibel Kekilli, Catrin Striebeck, Güven Kirac, Meltem Cumbul...

Ce film a remporté l’Ours d’or de la Berlinale 2004 et le Prix du film allemand. Il a également été primé dans 4 autres catégories.
Cahit sait ce que signifie "commencer une nouvelle vie". Drogue et alcool endorment son mal de vivre. La jeune et jolie Sibel est, comme Cahit, Turco-allemande et aime trop la vie pour une musulmane convenable. Afin de fuir la prison d’une famille dévote et conservatrice, elle feint une tentative de suicide. Mais c’est la honte et non la liberté qui l’attend. Seul le mariage peut la sauver. Elle supplie alors Cahit, à peine croisé à l’hôpital, de l’épouser. Il refuse, puis accepte, à contrecœur. Pour la sauver, peut-être... Pour faire quelque chose de bien dans sa vie. La vie conjugale se limite au partage d’un appartement, guère plus. Tandis qu’elle savoure sa nouvelle liberté, il voit occasionnellement une ex-petite amie et continue à s’oublier dans l’alcool jusqu’à ce que l’amour s’impose à lui comme une évidente voie d’issue...

Le film que nous propose ce soir la chaîne cryptée va nous plonger dans l’atmosphère lourde et pesante de l’immigration turque en Allemagne. La difficile cohabitation quand il s’agit d’immigrés n’est pas forcément due à l’origine de cette immigration, mais bien au fait que les derniers arrivés se voient confier les tâches les plus ingrates. Sur fond de misère, l’auteur nous dévoile la vie de 2 êtres, de 2 Allemands de la 2ème génération d’immigrés turcs, 2 personnages à fleur de peau, à moitié détruits par leurs passés qui vont finir par retrouver un semblant de racines.

Cette œuvre est violente et réaliste, c’est un cocktail d’émotions, aussi différentes les unes que les autres, du bonheur, de la tristesse, de la peur, de l’étonnement, de l’admiration, de l’inquiétude, l’amour qui vient puis qui s’en va, le pourquoi je suis ici et le pourquoi s’attacher à une histoire d’amour destructive. Le prétexte de l’histoire est le mariage blanc, mais dès le début, dans une débauche de violences auto-destructives, on se rend compte que nos 2 héros finiront peut-être par s’aimer.

Philippe Tesseron


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Témoignages - 82e année


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