Emploi

« Il y a plus d’emplois que de chômeurs »

Les associations de chômeurs rencontrent Jean-Paul Virapoullé

8 octobre 2003

Lorsque les associations de chômeurs avaient décidé d’attendre le secrétaire d’État Dutreil à l’aéroport, le sénateur-maire de Saint-André les avaient conviées à une réunion. D’où la rencontre d’hier. Occasion pour une belle ’explication de textes’ des biens faits de la politique gouvernementale...

Le Mouvement des chômeurs panonnais (MCP) avec Jean-Hugues Ratenon les membres du CLE (collectif de lutte de l’exclusion), avec Jean-Pierre Técher, du GPA (groupement des chômeurs actifs), avec Georges Arhiman, de l’association des emplois précaires de La Réunion (avec J. Fromens), l’ACPER avec Annick Jean-François, M. Toussaint, de l’association des pêcheurs de Saint-Joseph... tous étaient invités à une réunion à Saint-André avec Jean-Paul Virapoullé.
Au menu des discussions : le RMI et sa transformation en RMA. Le sénateur-maire se dit opposé au RMA, tel que le définit le texte récemment voté. Il voudrait du « sur mesure », par exemple « pour la formation », voudrait « augmenter le nombre d’heures ». On verra, lors des prochaines séances parlementaires, s’il défend cette optique, une fois qu’il est à Paris...
Toujours est-il que ses interlocuteurs lui ont bien rappelé que le RMA n’était « pas un salaire », mais « un emploi aidé pour les entreprises », une façon pour elles « de s’engraisser plus ». Et, finalement, une mesure qui va à l’encontre des idées du gouvernement : arriver à supprimer ou du moins à faire considérablement baisser ce qu’il appelle "emploi aidé"...
Deuxième sujet de discussion, le sujet qui fâche, celui qui s’appelle ASS (allocation spécifique de solidarité). La mesure prise par le gouvernement n’avait pas paru gêner Jean-Paul Virapoullé outre mesure, car il y voyait une belle occasion pour les demandeurs d’emplois indemnisés d’aller vers le RMI, à partir duquel ils pourraient plus facilement revenir vers l’emploi. Selon les diverses informations recueillies, il semblerait que le sénateur-maire n’ait pas changé sa position, trouvant toujours que l’idée n’est pas si mauvaise que cela...
Autre remarque faite par Jean-Paul Virapoullé et qui a retenu l’attention des participants : « il y a plus d’emplois... que de chômeurs, sur le territoire de la nation », autrement dit métropole et outre-mer... Et plus en métropole, d’ailleurs, puisque le sénateur-maire s’est longuement appesanti sur la mobilité ; une « chance » pour les Réunionnais qui pourraient ainsi « être aidés à racheter des petites entreprises françaises, comme des épiceries »... Ce qui explique que l’objectif du gouvernement soit « d’aider les Réunionnais à avoir les moyens d’acheter ces entreprises... ».
Il a été aussi beaucoup question de l’école, de son rôle, de ses atouts et de ses manques, pour permettre à chacun d’avoir un emploi. « Un vrai emploi, par un emploi précaire ». D’où cette remarque d’un participant : « on a eu le RMI, revenu minimum d’insertion, on a maintenant le RMA, le revenu minimum d’activité... Pourquoi toujours le minimum ? Pourquoi jamais un vrai travail ? ».
Bref, une réunion qui en appelle une autre, puisque le sénateur-maire a convié les organisations de chômeurs à participer à une autre rencontre, la semaine du 20 octobre, « afin de trouver des solutions avec mes amis de La Relève » a-t-il conclu.
Tiens donc, le voilà qui parle de La Relève, mais plus de l’UMP... ça sent les élections...


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