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8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Sécurité sociale
Le déficit de l’Assurance maladie analysée par la Cour des comptes
22 septembre 2003

La Cour des comptes vient de rendre son rapport annuel sur l’assurance maladie. Elle liste les causes de l’augmentation des dépenses de santé. Et balise quelques pistes de réforme. Selon elle, il y a urgence, car le ’trou’ de la ’Sécu’, qualifié d’historique, pourrait être cette année de... 10 milliards d’euros. Et la Cour des comptes met l’accent sur un autre fait : l’équilibre des comptes de la ’Sécu’ ne pourrait pas se faire avant 2006 au minimum.
Cette analyse de la Cour des comptes - même si elle est critiquée par ailleurs - va-t-elle servir de base de travail au gouvernement pour lancer son chantier de la modernisation de l’assurance maladie ? L’avenir ne s’annonce pas radieux, d’autant plus que les premières mesures prises par le gouvernement vont, une fois de plus, pénaliser les plus défavorisés.
Certains parlent de réquisitoire. D’autres d’un plaidoyer pour une réforme de fond de la "Sécu". Toujours est-il que le rapport annuel de la Cour des comptes, rendu public jeudi dernier, est sans complaisance. Ni pour les gouvernements successifs ni pour la Caisse nationale (et les Caisses régionales) d’assurance maladie.
Et une fois de plus, la sortie - très médiatisée - du document tombe pile poil pour le gouvernement qui, s’appuyant sur les critiques formulées par la Cour, va pouvoir prendre des mesures, probablement drastiques, pour moderniser ce système ; des mesures qui vont être non seulement impopulaires mais surtout extrêmement discriminatives, puisqu’elles toucheront, une fois de plus, les plus démunis.
Même si elle veut faire baisser la pression, en employant des vocables comme « décrochage » pour parler de l’augmentation des dépenses de santé, la Cour met en évidence le fait que le trou a commencé à sérieusement se creuser en 2001 mais s’est renforcé en 2002, à cause d’un double phénomène : la baisse des recettes d’une part, et l’augmentation des dépenses d’autre part.
C’est ce que les économistes appellent un "phénomène de ciseau". Au vu de l’augmentation du taux de chômage, les recettes vont continuer à diminuer, d’autant plus que l’horizon économique est des plus moroses et que la croissance ne sera pas ce qu’elle devrait être.
Comme, par ailleurs, on va toujours être malade, et que la population va continuer à augmenter et à vieillir, les dépenses ne vont pas miraculeusement chuter. On ne voit pas comment la situation pourrait s’équilibrer de sitôt. Cet objectif d’équilibre « ne sera très vraisemblablement pas atteint à l’horizon 2006 ». Le constat est très virulent : c’est un constat de "faillite du système de régulation".
Les comptes du régime général de la Sécurité sociale ont affiché un déficit de 3,4 milliards d’euros en 2002 après un excédent de 1,1 milliard en 2001. Les dépenses des régimes de base de la Sécurité sociale ont connu une progression de 5,6% entre 1997 et 2002. En 2002, les dépenses de la branche famille et de la branche vieillesse ont augmenté de 4%, les dépenses de l’assurance maladie ont connu une hausse de 7,2%. C’est cette branche, déficitaire depuis dix ans, qui concentre l’essentiel du déficit. La Cour des comptes explique que c’est à cause de deux choses : d’une part l’augmentation de plus 7,9% des "soins de ville" (à cause de l’augmentation du volume des prescriptions) et d’autre part, l’augmentation de 6,3% des frais des établissements hospitaliers (près d’un quart des remboursements).
Ce à quoi il faut rajouter :
- L’augmentation du nombre de personnes souffrant "d’affection de longue durée" (ALD). En France, on compte près de 5,7 millions de personnes prises en charge à 100%.
- La hausse aussi des indemnités journalières avec une progression en 2002 de plus 11%.
- L’augmentation des arrêts de travail pour les salariés âgés de 55-59 ans. De source industrielle, on indique que cette population 55/59 ans est plus fragilisée que les autres, notamment à cause de l’application des plans sociaux. Ces arrêts s’apparentent parfois à des "formules de préretraites" que l’employeur n’a pas à financer.
Et la Cour des comptes fait aussi rentrer dans ce cadre le financement de l’aménagement et de la réduction du temps de travail (ARTT).
Bien évidemment, il est aussi question de la revalorisation des honoraires des médecins généralistes qui n’a pas été autofinancée, comme prédit par le gouvernement, par le développement des prescriptions de médicaments génériques.
Côté recettes, le ralentissement économique limite à 2,8% l’augmentation des rentrées, qui s’étaient accrues de 6,3% en 2001. « La preuve est maintenant faite qu’aucune recette sociale ou fiscale ne peut progresser au même rythme que les dépenses de santé. Même dans les années où ces recettes ont fortement augmenté, comme 1999, 2000 ou 2001, les dépenses progressaient plus vite », expliquait à "Libération" l’un des auteurs du rapport, en rajoutant : « les modes de régulation sont particulièrement défaillants là où les dépenses sont les plus dynamiques » comme les prescriptions de médicaments ».
Ce qui a fait écrire à "Libération" : « Un constat d’échec du plan Juppé ».
| Les pistes suggérées par ce rapport... |
|---|
| • La chasse aux indemnités journalières pour les travailleurs de 55/59 ans
• Le renforcement du contrôle plus sévère de tous les arrêts de travail • La non revalorisation des honoraires des spécialistes cliniciens • La création d’un cinquième "risque" de la sécurité sociale (la dépendance) • Le renforcement du contrôle des admission en affection longue durée, • L’invitation faite aux médecins de modifier leurs habitudes de prescription • L’incitation faite aux pouvoirs publics de développer des actions de prévention ciblées. • La baisse du taux de remboursement de l’homéopathie (de 65 à 35%) • L’augmentation des taxes sur le tabac (les recettes fiscales ainsi dégagées seraient entièrement consacrées au système de santé pour stabiliser, puis réduire le déficit de la "Sécu"). • L’accélération du processus de déremboursement de certains médicaments jugés "à service rendu insuffisant". • Une éventuelle augmentation (même si exclue pour l’instant par Jean-Pierre Raffarin) de la CSG (contribution sociale généralisée) • Un forfait de 1 euro par feuille de maladie • La création d’une taxe non remboursable sur les médicaments prescrits. |
| Les mesures déjà prises par le gouvernement |
| Augmentation du forfait hospitalier |
| Le forfait hospitalier, c’est la somme fixe que tout malade hospitalisé doit payer de sa poche, à moins d’avoir une assurance complémentaire, mutuelle ou assurance privée, qui est censée être une participation aux frais d’hébergement.
L’idée de cette hausse, prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2004), est actuellement soumise aux derniers arbitrages de Matignon et de Bercy. Elle sera présentée mardi par le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, en même temps que le rapport de la commission des comptes de la sécurité sociale. Certains parlent d’une augmentation de 2 à 3 euros, d’autres avancent le chiffre de 5 ou 6 euros. D’autres sources lient cette augmentation à la hausse du coût de la vie depuis 1996. Car, et c’est l’argument avancé pour justifier cette augmentation, le forfait n’a pas été réévalué depuis 1996. Certaines informations laissent entendre qu’il y aura des exonérations prévues, pour les accouchements, les accidents du travail, les maladies professionnelles, les handicapés de moins de 20 ans, les personnes possédant la couverture maladie universelle (CMU). En clair, cette mesure va pénaliser ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une complémentaire, mais qui ne bénéficient pas de la CMU. |
| Déficit et vieillissement |
|---|
| La Cour considère que la décision prise en mai 2000, de créer un système de visite à tarif majoré pour les plus de 75 ans en affection de longue durée (ALD), c’est-à-dire bénéficiant d’une prise en charge à 100% par le régime obligatoire, a entraîné une dépense de plus d’un milliard d’euros en 2003.
Elle souligne également que les 75 ans et plus développent des polypathologies (plusieurs maladies en même temps), représentent 16% de la population mais 36,5% des dépenses remboursées par l’assurance maladie et 39% de la consommation de médicaments (ils dépensent 850 euros contre 230 euros pour les moins de 65 ans). En fonction de la pyramide des âges, de plus en plus de personnes vont atteindre rapidement cet âge. D’où une augmentation des dépenses de médicaments, d’infirmières et de kinésithérapeutes. |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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