Emploi

In min lav lot

Opération lancée par le Mouvement chômeurs panonnais

15 mai 2003

Le projet ’In min lav lot’ est lancé par le Mouvement chômeurs panonnais (MCP). Il s’inscrit dans la philosophie de l’association ’Ansamb’ pou nout tout’. Le principe est simple : mettre en place le ’chaînon manquant’ d’une dynamique de territoire. Où comment des jeunes en situation de chômage de longue durée peuvent, en se formant, chercher du travail pour eux et pour d’autres, en visitant les entreprises.

Le principe peut apparaître "révolutionnaire". Il l’est, dans le sens où le projet répond à une toute autre logique que la logique institutionnelle. Car qui est plus proche d’un demandeur d’emploi qu’un autre demandeur d’emploi ?
La barrière institutionnelle existant entre les agents des structures d’insertion ou d’emploi, malgré la qualité des personnels, existera toujours. C’est justement pour lever cette barrière que l’action sera menée par des demandeurs d’emploi, des femmes et des hommes qui ont connu cette période de crise. Ils travailleront avec d’autres demandeurs d’emploi d’un côté et des institutionnels, des partenaires de l’autre.
Le projet est porté par un "noyau dur" de 10 personnes en CES, et une encadrante. Des jeunes - essentiellement des filles, pour l’instant -, qui ont envie de se lancer dans l’aventure.
La première étape de celle-ci, c’est faire la promotion de cette idée auprès des partenaires. Elle commence aujourd’hui, avec des rendez-vous à la Région, au Département, à la Direction du travail et de l’emploi, à l’Agence départementale d’insertion. But : convaincre les décideurs de la pertinence du projet et décrocher les financements.
Cette première phase étant achevée, dès juillet commencera la 2ème étape : former le noyau dur, embauché en CES aux techniques de recherche d’emploi, de communication, tout en leur permettant de s’approprier les dispositifs existants pour créer de l’emploi (exonérations, prime, types de contrats etc...).
La troisième étape sera la liaison entre les chômeurs et les entreprises, afin de réaliser un "catalogue de compétences et de CV" d’un côté, et un carnet d’adresses d’entreprises souhaitant embaucher. La mise en relation sera alors tout à fait évidente. Ce sera « une véritable chasse à l’emploi », pour reprendre l’expression de Jean-Hugues Ratenon, qui sera alors mise en place.

Logique de proximité

Autre avantage de cette opération : elle est pérenne. Le contrat CES sera de 12 mois. Si au cours de ces 12 mois, la personne trouve un emploi, elle laisse sa place à une autre. Sinon, elle deviendra à son tour "cliente", et entrera dans le "catalogue". Mais tout laisse à penser que cette hypothèse ne se vérifiera pas. Car toutes les études ont montré que, lorsque la confiance en soi est restaurée, les chances de décrocher un emploi stable sont démultipliées.
Quant à l’opération, elle sera évaluée deux fois par an : au bout de six mois, pour estimer la réceptivité des demandeurs d’emplois, des entreprises et des partenaires, six mois plus tard, quantitativement, avec les chiffres de création d’emplois, de personnes insérées. « Un bilan que l’on pourra alors comparer avec ceux d’autres structures, comme ANPE ou mission locale » souligne "le noyau dur" de l’opération.
C’est donc une logique de proximité qui va être lancée. Non seulement proximité géographique (les demandeurs d’emplois habiteront Bras Panon et les entreprises visitées appartiennent au "bassin Est"), mais surtout une proximité de décision, de situation.
Et c’est bien là l’une des clés de la réussite.


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