Médias

Journal à vendre

23 juin 2007

Il est vrai que l’on a plus souvent l’habitude d’entendre des insultes du genre ’journal de vendus’ plutôt que ’journal à vendre’.
Pourtant, c’est comme cela, depuis quelque temps, la presse est bringuebalée d’un côté et de l’autre sans que personne ne dise plus rien.

Pourtant, depuis la libération, il existe une loi qui punit les concentrations de titres de presse. Si cela continue, notre pays va détenir le record toutes catégories de textes de lois votés, mais non appliqués pour cause de magouille capitaliste ! Mais revenons-en au scandale de la vente des journaux. "Les Echos", rare titre de la presse française à être bénéficiaire (11,5 millions d’euros de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 122 millions d’euros), va changer de propriétaire. Appartenant actuellement au groupe britannique Pearson (qui détient aussi le "Financial Times"), et ce, depuis 19 ans, il suscite la convoitise de plusieurs repreneurs.

Parmi les acheteurs potentiels, figurent le patron du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault, les groupes Lagardère et Bolloré, Dassault, l’industriel belge Albert Frère, des financiers. La concentration des affaires rentables entre les mêmes mains est très certainement préjudiciable à la liberté, et tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’entreprises de presse, mais voilà, il semblerait que cela ne fasse sourciller aucune personnalité politique. Comme à l’accoutumée, les syndicats vont protester, les journalistes vont faire grève, et l’orage passé, tout continuera son cours normal sans que plus rien ne vienne déranger la longue balade tranquille des accumulateurs de pouvoir et de fortunes ! La marche en avant de l’ultra-libéralisme se poursuit tel un long fleuve tranquille qui ignore les barrages et autres obstacles qui pourraient ralentir le cours de la vie de ces hauts personnages qui font fi de la loi.

 Philippe Tesseron 


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