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Culture et identité
Les éditions K’A présentent quatre nouvelles publications
27 décembre 2003

Les éditions K’A poursuivent leur travail en faveur de la littérature réunionnaise en proposant quatre nouveaux titres à la veille de l’année 2004. Dans la collection "Pou Koméla", dont le principe est de rééditer des textes fondateurs anciens pour les faire connaître des lecteurs d’aujourd’hui, reparaissent les fables de Louis Héry (publiées la première fois en 1828), assorties d’un appareil critique réalisé par Carpanin Marimoutou sous le titre "Fonder une littérature".
Dans la collection "Poèt Larénion", Alain Armand signe le huitième CD de poésie avec "Dé ti mo dékri an dé ti mo kozé", et Mikael Kourto le CD numéro 10 "Karozin". Cette œuvre existe aussi en livre dans la collection Astèr, dont l’objectif est d’offrir des textes inédits et récents. Le CD et le livre : la lettre et la voix de l’auteur.
Mikael Kourto n’est pas un inconnu pour les habitués des soirées poétiques réunionnaises et autres kabar où le fonnkèr est roi. Ce jeune Réunionnais de 28 ans a même fondé avec d’autres poètes une maison d’édition marron "Tanampaoun" (nom malgache à l’origine de la dénomination de la ville du Tampon).
L’idée, pour lui et ses amis, étaient bien de faire paraître leur création. Ainsi sont sortis de manière confidentielle un recueil de Babou B’Jahla (publié ensuite par K’A) et trois livres de son cru : deux recueils "Dann fon mon kèr", "Ti Kabar", et un roman créole "Marmay Ti Paris".
Mikael est un poète qui est né du monde de la musique. Il dit « avoir grandi dans un milieu créolophone avec la diaspora réunionnaise à Paris, jusqu’à l’âge de 20 ans ». Ainsi s’est-il forgé une identité créole en France. Revenu depuis dans son île, il souligne sa volonté de trouver son identité créole : « ce péi kréol, mwin la touzour vu alu d’lwin ».
Il poursuit : « la diaspora faisait vivre cette appartenance. Ce recueil c’est aussi une recherche identitaire pou mwin-minm. Mon père est content de voir que ses enfants sont créoles et pas parisiens, il est fier d’avoir pu nous transmettre kisa lu lé, lu lé content de voir qu’un de ces enfants i gingne transmèt son tour ».
Le père de Mikael, Gilles Courteaud, était un musicien en exil. Avec Gaby Laï-Kun, Jean-Paul Volnay, Hassen Valy, il formait "Les Tropiques de Paris".
"Karozin", paru officiellement la semaine dernière, rassemble un choix de texte reprenant l’intégral de "Ti Kabar", quelques poèmes de "Dann fon mon kèr" et de nouvelles créations.
L’ensemble de ce recueil a été écrit principalement à Salazie, « dans un quartier de Mare à Vieille Place », précise l’auteur, quartier qui donne son nom au recueil. « Le titre est un hommage à ces gens qui m’ont accueilli et qui m’ont tellement appris. Karozin est comme mon village ». Que ce soit pour le nom de ses éditions marron ou pour ce recueil, Mikael inscrit à chaque fois ses créations dans la terre réunionnaise.
"Karozin" est une poésie essentiellement créolophone, avec deux ou trois textes francophones : « pourquoi pas écrire en français aussi ? », s’est demandé l’auteur. Mikael Kourto écrit « pour dire, pour dénoncer ». Il écrit sur l’amour et sur le politique : « kan ou ékri, sé pou dir tout sak i konvyin pa ou, tout les shoz i tourne pa ron ». Ainsi dans son poème intitulé "Wi Sénièr", il n’est « pas d’accord avec le pouvoir des maires et l’arrogance de certains ». Il y dénonce « l’esclavage de l’emploi précaire ». Un thème en prise avec la société réunionnaise s’il en est. Il s’en prend à « tout pouvoir politique, local, national, international ».
Pour lui, écrire en créole, c’est simplement « se définir comme un membre de cette société créole ». Il s’attache aussi à montrer « koman anou, kréol, la mondialisasion i toush anou. Nou subi aèl, nou lé pa izolé. Nou na not prop idantité, mé nou viv pa tousèl, na in ta d’influans. La Réunion, kosa nou sa fèr parmi tousala ? »
| "Zil" |
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| ék zil
ékzil konm mwin, I gingne pa kozé. Larg an fonnkèr po santé. I kri, Kritik taktik zom politik. Balotaz mon nuit Dann péi kolon Zesklav ièr Zèn zan bumidomé, Dann trin krézé, Zanfan débésion, Dann déprésion tro pikèr. Kado mon nasion, Dann péï kolon. Son lamour, Lamour nout péi, Son gayar astèr son tèr Zarlor mon bonèr. (extrait de "Karozin" ) |
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