Social

L’action, seule alternative aux attaques du gouvernement

Le SGPEN-CGTR analyse la rentrée

3 septembre 2003

Pour le Syndicat général des personnels de l’Éducation nationale (SGPEN - CGTR), les blessures ouvertes lors des mouvement de mai/juin ne sont pas refermées, et le transfert des TOS n’est pas gelé mais se fera bien en 2005. Devant l’attitude du gouvernement de ’passer en force’, la branche syndicale estime que l’action est la seule alternative aux attaques du gouvernement. Cette action devant être réfléchie, concertée.

Réunion de rentrée hier pour le Bureau du SGPEN-CGTR (Syndicat général des personnels de l’Éducation nationale), après les mouvements de mai/juin « qui ont interpellé toute La Réunion par leur ampleur et leur durée », soulignait Jean-Marc Gamarus.
Ces mouvements sont terminés, « mais il reste encore beaucoup de blessures, il y a comme un goût d’inachevé. Les personnels ont besoin de retrouver un nouveau souffle pour rebondir. Et il y a encore beaucoup de pain sur la planche et de travail à faire », analyse le responsable du syndicat.
Et de noter quelques motifs de satisfaction, du fait de l’ampleur du mouvement : « cela a fait ressortir la dimension de la solidarité dans la communauté éducative, premier comme second degré, enseignants comme non enseignants, précaires » et dans une certaine mesure les fédérations de parents d’élèves et la population réunionnaise dans son ensemble.
Par ailleurs, cela a mis en avant une catégorie professionnelle peu voire pas connue : les TOS (techniciens et ouvriers de service), « ces acteurs discrets du système éducatif » qui ont subi - et subissent encore, contrairement aux ATOS -, « les coups portés par ce gouvernement ». D’où la nécessité, conformément aux engagements pris et au contenu de la loi d’orientation sur l’éducation de 1989, de tout faire pour que « les TOS gardent leur statut de fonctionnaire d’état, pour que leur mission soit sauvegardée ».

Quel personnel ?

Cette rentrée, « mi figue mi raisin », voit les problèmes se télescoper : non remplacement des aides-éducateurs et des MI-SE, création du dispositif d’assistant d’éducation. « Mais leur recrutement ne se fera qu’après la rentrée puisque, selon la procédure, il faut que ce recrutement soit décidé par le conseil d’administration de l’établissement » qu’il soit école, collège ou lycée. Et en l’occurrence, celui de l’année scolaire 2002/2003.
Autre problème : celui des précaires, comme les CES qui ont dû ferrailler pour garder leur quota. Tout cela met en relief la question du manque de personnel : « il manque au moins 700 TOS » à La Réunion. Voire de son statut : « un tiers du personnel est sous statut précaire dans les établissements ».
Les deux ont une conséquence : « le "surbooking" » des TOS. Et la situation de certains n’est guère plus enviable : en effet, certains n’ont pas encore leur lieu d’affectation, et ne l’auront que dans les jours à venir, ce qui ne sera pas sans poser problème. « Nous avions pourtant attiré l’attention de l’ancien recteur sur cette question des enfants bâtards de l’académie. Nous dénonçons cette décision qui porte atteinte à nos collègues », conclut Jean-Marc Gamarus.

Action

Patrick Corré souligne que, à La Réunion, « on est en attente du mouvement national », tout en précisant que « les conflits de mai/juin n’ont été que la phase initiale d’un mouvement beaucoup plus profond ». Et si « les blessures sont loin d’être fermées », l’heure est à la réflexion sur le type d’actions qu’il convient de mener. « Il n’y a pas eu gel du transfert des TOS, l’échéancier du gouvernement reste le même : 2005 ». L’idée de joindre cette question au débat sur l’éducation étant alors « une façon de noyer le poisson ».
D’autant plus que « le dossier de la décentralisation sera présenté les 1er et 9 septembre au Conseil supérieur de la fonction publique d’État et de la fonction publique territoriale, sans qu’il n’y ait eu, préalablement, de discussion publique ni de rencontre avec les syndicats ».
L’idée - bien que la décision finale appartienne à l’intersyndicale - est donc de "caler" le tempo des actions réunionnaises sur le tempo de France. « Nous n’avons pas d’autre alternative que l’action, pour répondre aux attaques frontales du gouvernement de casser le service public et d’éclater celui de l’éducation ».
La position adoptée reste la même : « nous resterons fermes sur le principe du non transfert des TOS ». Et ce principe sera réaffirmé lors de la prochaine réunion de la commission TOS (fin septembre, vraisemblablement), même si le syndicat note « quelques perspectives d’avancées » et affirme vouloir « faire preuve de bonne volonté ». Patrick Corré conclut : « le gouvernement doit donner les moyens pour un bon fonctionnement du système scolaire à La Réunion, du primaire à l’université ».
Quant à la participation du SGPEN-CGTR à ce fameux débat sur l’école, proposé par le gouvernement, elle reste en suspens. Tout dépend, en effet, non seulement des modalités de discussion, mais aussi de la forme et des objectifs à atteindre. Jean-Marc Gamarus a été clair : il est hors de question de participer à un débat dont l’objectif est de discuter des modalités de transferts des personnels de l’Éducation nationale.


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