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4 juin, parNos peines
Musique
Showcase pour l’album de Davy Sicard
20 mars 2003

Le chanteur réunionnais Davy Sicard a invité récemment tous ses amis à une représentation privée où les invités ont pu découvrir quelques extraits de son album "Kèr Volkan", qui vient de sortir. La salle du Conservatoire national de Région accueillait un public conquis et impatient de goûter à ce privilège. Une soirée qui est l’aboutissement d’un long travail et au début de laquelle l’artiste a souhaité remercier une à une les personnes ou les institutions qui l’ont soutenu dans son travail.
La magie de ses créations n’a pas tardé à envoûter l’assemblée. Les onze titres de cet album s’enchaînent comme une histoire. C’est une marche vers le cœur du volcan.
Davy Sicard explique à quel point cet album peut compter dans sa démarche personnelle :
« Pendant longtemps j’ai chanté avec une insouciance que l’on pourrait qualifier aujourd’hui, avec le recul, de déconcertante. Les textes étaient en anglais, beaucoup au début, puis en français, pas mal, en créole réunionnais très peu... Les compositions, c’était de la soul, du funk, du reggae et je ne m’inspirais que très rarement de la musique réunionnaise. Non pas que tout ceci soit mal, car il faut bien commencer par marcher à quatre pattes avant de savoir se tenir debout, mais cela manquait d’attache, de force.
Progressivement des questions se sont envolées et des réponses se sont abattues, mais avec une violence telle que cela m’a permis alors de voir ce qui pouvait être enfoui : Les racines sont ressorties ! À moi alors de nourrir ce qui m’a ainsi été donné, de le laisser germer et devenir ce qu’il doit être ».
Son travail sur ce disque relève donc d’une rencontre de l’artiste avec lui-même, une affirmation de son identité réunionnaise. Une démarche progressive qui se lit dans l’évolution de la graphie des textes, et qui s’écoute au fil de l’histoire que Davy veut nous chanter.
- Emprunter la route du cœur jusqu’au volcan
« "Kèr Volkan" est un album concept », explique Davy Sicard. Les chansons, aux styles musicaux variés, oscillent entre jazz, soul et blues, avec une couleur réunionnaise, voire africaine. La succession des chansons conte un voyage jusqu’au cœur de la Fournaise, et met en scène un combat. Partir à la découverte de ce lieu magique, c’est « se lancer dans une marche qui sera longue et difficile, traverser un désert de roches. Aussi, écouter cet album revient à partir à l’assaut d’un for intérieur ».
"Bordkèr", "Tito", "Viktwar pou mon bann", "Somin Volkan", "Lé la", "Les trois petits mots", "Pou ou kafrine", "Feu", "Sakenn son vals", "Promès vèy si ou" et "Fonnkèr" vous mèneront sur cette route. Ces morceaux sont invitation au voyage, déclaration sentimentale, chant guerrier, affirmation de soi, chanson sacré et protectrice du gardien du volcan. Et tous mènent à l’amour, avec un grand art.
Ce disque, Davy Sicard l’a dédié à sa compagne Sandra Castelain et à leurs enfants Manior et Raphaël, avec aussi le soir de la représentation une pensée omniprésente pour son père.
Promesse d’une rencontre intime cherchant écho dans nos cœurs, ce disque, fort attendu, permet à ceux qui ne le connaissent pas encore, de découvrir Davy Sicard. Celui-là même qui a fait partie du groupe a capella College Brothers (Prix RFI Média Adami en 1995) dans les années 90, formation avec laquelle il a fait les premières parties de James Brown, Tonton David, Dee Dee Bridgewater, Césaria Evora, et qui a fait des concerts avec Manu Dibango, Trio Esperanza. Des College Brothers qui ont connu une tournée en France et ailleurs dans le monde.
À la fin des années 90, Davy a fondé un groupe de soul fun, System’Sy, lauréat du concours Tremplin de Saint-Gilles en 1999. Ces expériences couronnées de succès l’amènent à participer à Séga 2000. Habité par l’envie de jouer, de chanter et de partager, Davy se produira avec de nombreux groupes ou chanteurs comme Sabouk, Ti Sours, Tamm ha Tamm, Narmine Ducap... Il a participé à Spirit Maloya. Il met en place la formation Kréolèr, continue de se produire à l’extérieur de l’île... Davy Sicard ne s’arrête jamais, et il ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin.
Sur ses nouvelles compostions, il passe du roulèr au kayanm, de la basse à la guitare, du métallophone au bobre et du tambourin aux percussions d’ambiance, dévoilant ses multiples facettes. Notons la participation de Danyèl Waro au chant sur "Promès vèy si ou", celle de Kiki Mariapin sur un autre morceau, sans oublier le valiha de Faffa Andriamilantonirinason, du contrebassiste Jacky Boyer et de plein d’autres artistes que vous découvrirez en écoutant battre "Kèr Volkan".
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