Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Énergies renouvelables
Philippe Berne, vice-président de l’ARER :
29 septembre 2003

Le forum préparatoire au colloque des Rencontres Énergies Réunion, organisé par l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER), s’est déroulé de jeudi à samedi derniers à la Maison du volcan à La Plaine des Cafres. Lieu d’échanges et de débats, le forum a permis aux différents acteurs des énergies renouvelables à La Réunion de se rencontrer, de faire connaître au public leurs réalisations et de présenter des projets qui s’intègrent dans un défi majeur de ses prochaines années : faire de La Réunion une île capable de produire son électricité à partir des énergies renouvelables d’ici 2025. Vice-président de l’ARER, Philippe Berne fait le point sur l’état d’avancement de ce projet et décrit des moyens qui peuvent aider à atteindre cet objectif.
• La Région s’est fixée comme objectif l’autonomie énergétique dans 25 ans. Comment parvenir à cet objectif ?
Philippe Berne - Précisons tout d’abord qu’il s’agit de l’autonomie énergétique concernant la production d’électricité. Les enjeux sont clairs : chaque année, nos besoins en consommation d’électricité augmentent de 8%. Et donc, chaque année, nous devons trouver une puissance de 20 mégawatts supplémentaires pour répondre à cette croissance. Cela demande d’une part des financements importants. Et d’autre part, de faire un effort dans la recherche. C’est pour cela que dans un premier temps, la Région a financé toute une série de recherches concernant la géothermie, dont les premiers forages d’exploration commenceront l’année prochaine. Nous avons financé également une étude pour savoir où installer des équipements pour produire de l’énergie éolienne. Avec, dans ce domaine précis, un volet environnemental concernant l’intégration dans le paysage, le bruit, la migration des oiseaux etc. D’autres recherches ont été lancées sur l’énergie des vagues. Mais nous avons pris un peu de retard pour ce qui concerne la biomasse, en particulier sur l’acacia, autrefois lié à la culture du géranium. C’est un arbre à croissance rapide et qui pourrait approvisionner une filière bois à vocation énergétique.
• D’autre domaines sont également explorés, comme le photovoltaïque auquel on commence à s’habituer dans la paysage réunionnais…
- Là, nous avons deux pistes. Une première, le photovoltaïque sur l’habitat individuel. Mais ce sont des investissements coûteux qu’il faut aider par des subventions. Or, la masse des subventions européennes actuelles, ne permet pas, en l’état des choses, de faire plus de 200 à 300 maisons individuelles par an. Ce qui est insuffisant par rapport à ce que nous souhaitons. Il faudra donc trouver de nouvelles solutions financières. L’intérêt, c’est que ce type d’installation permet de produire de l’électricité la journée, de vendre cette production à EDF à 2 francs le kilowatt et de racheter de l’électricité, la nuit, à 60 centimes à EDF. Ce que nous souhaitons, c’est équiper les toitures des grands édifices de la région, (lycées, CNR..) avec du photovoltaïque. L’autre piste, c’est le chauffe-eau solaire thermique où nous installons plus de 6.000 unités par an, soit deux fois plus qu’en France. Les bailleurs sociaux, la SIDR en particulier, sont en train d’inclure cette solution dans leur programme d’habitations collectives. Dans quatre à cinq ans, nous aurons 8 à 9.000 chauffe-eau solaires installés par an, soit autant que de maisons neuves construites.
• On l’a bien vu au cours du Forum énergies renouvelables, il existe aussi un effort de communication, pour mieux expliquer les enjeux à la population…
- Ce forum entre tout à fait dans ce cadre. Il y a eu un certain nombre de publications. Et puis, je vous avoue que je suis plutôt optimiste. En quelques jours, j’ai vu une classe à Sainte-marie, où nous faisons l’école solaire avec des marmay qui connaissaient sur le bout des doigts la question des énergies renouvelables. Et puis, j’ai vu un vieux monsieur de 80 ans, M. Chion-Hock, de La Ravine des Cabris, qui nous a présenté un projet pour capter l’énergie des vagues !
• Les énergies renouvelables, de 7 à 77 ans en quelque sorte !
- C’est même mieux que cela ! Tintin est battu !
• Plus sérieusement, vous avez évoqué la question du financement. C’est là toute la clé du développement des énergies renouvelables…
- En gros, sur les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie, les financements publics doivent être multipliés par six !
• Concrètement, qui va payer ?
- Actuellement au comité de maîtrise de l’énergie, vous avez EDF, l’ADEME, et la Région. Mais certains comités de communes et même des communes sont parties prenantes dans la promotion des énergies renouvelables. Je pense que ces collectivités mettront par conséquent la main à la poche. Mais il faudra que les trois partenaires principaux fassent un effort. Pour notre part, à la Région, nous sommes prêts à faire l’effort. EDF est d’accord, d’autant que cela lui donnerait de sérieuses références à l’international. Pour ce qui concerne l’ADEME, son budget global a été amputé de 30 à 40%. Mais nous avons rencontré avec le délégué régional la présidence de l’ADEME, nous leur avons expliqué nos perspectives, et l’ADEME a pu avoir une augmentation substantielle de ses subventions alors que son budget global est en nette diminution.
• Il y a l’aspect financier, mais avant tout, le développement des énergies renouvelables repose sur une volonté politique…
- Effectivement, de par la Loi d’orientation pour l’outre-mer, la Région a de nouvelles compétences en matière d’énergie et met en place le Plan régional des énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle des énergies (PRERURE). Par contre, c’est toujours l’État avec la DRIRE qui garde la maîtrise du Plan pluriannuel d’investissements (PPI) pour ce qui concerne la production d’électricité et qui donc, permet la construction de gros équipements qui fonctionnent malheureusement à l’énergie fossile. Notre rôle est d’être partenaire de ce PPI, car ce n’est pas la même chose d’envisager des équipements incluant les énergies renouvelables et des équipement qui en font totalement abstraction. Et puis, il y a un autre aspect politique qu’il faudra également prendre en compte, c’est la privatisation d’EDF, sa mission de service public et la péréquation du prix de l’électricité.
• Et pour mener à bien la réflexion, la Région a suscité la mise en place d’outils…
- Dans l’objectif de l’autonomie énergétique, trois structures ont été mises en place par la Région. Il y a l’ARER, que l’on connaît, l’ABAC, qui travaille surtout sur la haute qualité environnementale dont on voit les premiers effets concrets sur les nouveaux lycées. Et la SR 21 qui aura pour mission de coordonner la mise en place d’opération plus lourdes.
• Finalement, la solution de facilité, c’est de continuer dans la voie actuelle, car sur la route du développement des énergies renouvelables, les obstacles ne manquent pas…
- La première raison d’aller dans cette direction, c’est disons, en tant que citoyens du monde. Même si nous sommes un petit pays, nous nous devons de suivre les accords, notamment celui de Kyoto. Par ailleurs, en développant notre savoir-faire, La Réunion peut devenir un exemple pour les petits États insulaires. Quand nous nous fixons l’objectif de l’autonomie énergétique, c’est valable pour le monde entier. Actuellement, on voit la prééminence du pétrole et un certain nombre de pays qui agissent en prédateurs, engager des conflits pour l’appropriation des champs pétroliers. Tout cela entre dans la politique de la Région visant à créer des pôles d’excellence au niveau recherche et innovation et nous avons tout pour que cela fonctionne avec notamment des partenariats avec l’université, l’IUT de Saint-Pierre etc. Autre raison qui nous pousse à militer pour les énergies renouvelables, c’est à qu’à énergie équivalente, on a dix fois plus d’emplois qu’avec les énergies fossiles. On peut nous opposer le problème de la rentabilité, mais pour nous, la rentabilité, c’est aussi de faire diminuer le chômage.
| Colloque à l’Assemblée nationale sur les énergies renouvelables |
| L’outre-mer, "laboratoire" de la France
Un colloque a été organisé à l’Assemblée nationale sur la question des énergies renouvelables outre-mer, en présence de plusieurs ministres, notamment Brigitte Girardin. Celle-ci a rendu hommage appuyé aux initiatives prises dans les DOM et devait même déclarer : « L’outre-mer français est à la pointe de la modernité dans ce domaine et constitue un véritable laboratoire pour notre communauté nationale ». Dans son discours, Brigitte Girardin expliquait que le secteur des énergies renouvelables avait été « privilégié dans la loi-programme pour l’outre-mer », mais surtout évoquait « les enjeux de l’outre-mer dans le domaine de l’énergie » : besoins en énergie divers, en fonction des climats et des activités et de l’augmentation de la population. « Le développement des énergies renouvelables permet à l’outre-mer de répondre à deux défis majeurs : celui de l’autonomie énergétique et celui du développement durable », expliquait la ministre. La question de la sécurité de l’approvisionnement énergétique pourrait trouver une réponse dans les énergies renouvelables disponibles : le soleil bien sûr, l’eau, la géothermie avec l’activité volcanique, l’éolien avec les alizés, et la biomasse, principalement, issue de la canne à sucre, la valorisation des déchets incinérés. Et de poursuivre : « Cette diversification permet à nos collectivités d’outre-mer de relever plus facilement le défi de l’indépendance énergétique en valorisant leurs propres ressources naturelles. Elles font preuve d’une plus forte implication qu’en métropole ». Parlant du défi du développement durable, la ministre évoquait les conséquences du réchauffement climatique par les gaz à effet de serre qui « sont particulièrement préoccupantes outre-mer. Certains équilibres peuvent en être affectés, une modification de la pluviométrie pouvant accroître les effets des sécheresses, ou plus grave encore, augmenter la fréquence et la puissance des cyclones. L’élévation du niveau de la mer pourrait aussi conduire à rayer de la carte certaines îles et aggraver les risques littoraux alors que la présence humaine s’est de tous temps concentrée sur le littoral de ces territoires ». Une analyse déjà faite, depuis longtemps, par Paul Vergès.
Laboratoire Tiens donc, "laboratoire" : un autre concept utilisé par Paul Vergès, qui évoquait La Réunion. La ministre poursuivait : « Cette prise de conscience des enjeux du développement des énergies renouvelables a donné naissance à des initiatives privées qui exportent une part croissante de leur activité. Ces initiatives bénéficient d’une politique de soutien des organismes publics et de l’État ». Efforts à poursuivre et amplifier, disait la ministre. Et non seulement via la loi de programme. Car il serait aussi très intéressant pour les DOM d’avoir d’autres compétences, aujourd’hui détenues par l’État dans ce domaine, notamment le Programme pluriannuel d’investissements, puisqu’il semble logique que le chef de file en la matière, en l’occurence la Région, puisse coordonner à la fois les questions financières et les réalisations. Si, comme elle le disait, « l’intérêt du développement des énergies renouvelables outre-mer pour le rayonnement de la France » n’est plus à démontrer, si les technologies développées outre-mer « peuvent trouver leur application dans des pays voisins, mais également en Europe », encore faudrait-il pouvoir lever certaines difficultés et barrières. Notamment d’ordre juridique. D’autant plus que la ministre évoque le co-développement : « l’expérience acquise par les entreprises françaises » sur le marché ultramarin leur permet « d’affronter leurs concurrents dans de meilleures conditions, de poursuivre leur développement à l’international et aussi de participer à la mise en œuvre de projets de coopération régionale dans la Caraïbe, l’océan Indien et le Pacifique ». Là, aussi, la question pourrait être trouver un impact plus fort si quelques "contraintes" étaient levées... |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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