Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Relations RUP/Union européenne
Un nouveau sujet de préoccupation
7 octobre 2003

Les relations entre La Réunion et l’Union européenne (UE) reposent sur un certain nombre d’instruments. Il s’agit du statut de RUP (région ultrapériphérique), du POSEIDOM (programme d’options spécifiques pour l’éloignement et l’insularité des DOM) pour l’agriculture, de l’OCM-Sucre ou des fonds structurels, pour ne citer que les plus connus. Pour répondre aux exigences de la mondialisation, mais aussi à celles de son élargissement, (en juin 2004, l’Union européenne passera de 15 États membres à 25), l’UE a engagé toute une série de réformes. Samedi, les partenaires actuels et futurs de l’Union se sont retrouvés à Rome pour lancer les travaux de la conférence inter-gouvernementale (CIG) sur la future constitution européenne qui devrait, notamment, reconnaître le statut de RUP.
Le 29 septembre dernier, réunis à Bruxelles, les ministres européens de l’Agriculture ont entériné définitivement -et sans nouveau débat- l’accord sur la réforme de la politique agricole commune (PAC). Celle-ci comprend des dispositions spécifiques pour les RUP, qui devraient donc permettre de conserver le POSEIDOM. On connaît les dernières péripéties liées à la renégociation de l’OCM Sucre. À chaque fois qu’elle a pu le faire, La Réunion a tenté de défendre ses intérêts, soit seule, soit en formant un front avec les autres RUP. Elle aura sans doute à se montrer, une fois encore, vigilante au moment où s’amorce un débat sur les fonds structurels. Ces fonds -ils sont 4 (voir encadré) - sont destinés à réduire les disparités entre les régions européennes. Ils consomment 36% du budget européen. La PAC, pour sa part, représente 42%.
Mercredi 1er octobre, la Commission de Bruxelles était réunie en séminaire afin de prendre connaissance et d’examiner un rapport rédigé à la demande du président de la Commission, Romano Prodi, sous la direction du professeur André Sapir et portant sur l’avenir des fonds européens après 2006.
Compte tenu d’un budget qui est plafonné à 1,24% du PIB européen, compte tenu aussi que la PAC réformée -ses grandes lignes viennent d’être adoptées- continuera à absorber une masse importante de crédits, une refonte des modalités de distribution des fonds est envisagée écrivait "Le Monde" dans son édition du 2 octobre.
Aujourd’hui, les trois quarts des aides vont aux régions des Quinze dont le PIB par habitant est inférieur à 75% de la moyenne communautaire. Après 2006, (dernière année de la programmation budgétaire actuelle), les bénéficiaires d’aujourd’hui se verront privés de ces fonds : soit pour cause d’enrichissement (ils se retrouveront au-dessus de la barre des 75%), soit par un simple effet statistique, l’entrée des pays de l’Est, au PIB très faible, abaissant le seuil d’éligibilité. Le maintien du mode de calcul actuel conduirait à ne réserver les aides régionales qu’aux pays de l’Est et à quelques régions méditerranéennes et ultraphériphériques explique le journal parisien.
Selon Michel Barnier, le commissaire responsable des aides régionales, cité par "Le Monde", l’Europe ne devrait pas pouvoir « maintenir le niveau actuel de la solidarité régionale, estimée à 0,45% de son PIB ».
Le projet en discussion prévoit en outre que les aides régionales actuellement attribuées aux régions de richesse moyenne soient allouées dans la cadre d’un « fonds pour la croissance et la compétitivité ». Ce fonds regrouperait toutes les anciennes aides consacrées au social, à la recherche et à l’éducation, aux transports et à l’énergie. Ainsi, les fonds pourraient être alloués selon le « principe d’excellence, notamment via des appels d’offres ». Ce qui fait craindre à Michel Barnier « que cette nouvelle organisation ne conduise à ne donner qu’aux riches ».
Dans la perspective de l’élargissement, de nombreux responsables politiques -dont les deux élus réunionnais au Parlement européen, Margie Sudre et Jean-Claude Fruteau- se sont souvent inquiétés de savoir si La Réunion, comme les autres RUP, resteront prioritaires dans l’attribution des fonds structurels. Michel Barnier leur a garanti que notre île participera toujours de l’Objectif numéro 1 (voir encadré) . Mais Bruxelles n’a jamais pris l’engagement du maintien, après 2006, du niveau des aides au même niveau qu’actuellement. D’ici 3 ans, les RUP peuvent en effet restés prioritaires. Mais il est aussi possible qu’elles doivent partager avec d’autres une enveloppe dont le montant pourrait être plus faible.
| La Réunion : "Objectif 1" |
|---|
| L’objectif principal assigné aux fonds structurels est de réduire les écarts de développement et promouvoir la cohésion économique et sociale au sein de l’Union. Quatre types de fonds structurels ont été mis en place, au fur et à mesure de la construction européenne : - le Fonds européen de développement régional (FEDER) qui contribue essentiellement à aider les régions en retard de développement, celles en reconversion économique et en difficultés structurelles ; - le Fonds social européen (FSE) qui intervient essentiellement dans le cadre de la stratégie européenne pour l’emploi ; - le Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA) qui intervient dans le domaine agricole ; - l’Instrument Financier d’Orientation de la Pêche (IFOP) qui soutient les évolutions structurelles du secteur de la pêche. Afin de renforcer l’efficacité des actions structurelles, des objectifs d’intervention ont été fixés. Pour la période 2000/2006, trois objectifs ont été retenus. "L’Objectif 1" vise à promouvoir le développement et l’ajustement structurel des régions en retard de développement dont le PIB moyen par habitant est inférieur à 75% de la moyenne de l’Union européenne. Ce nouvel objectif concerne les régions ultraphériphériques (les départements français d’outre-mer, les Açores, Madère et les îles Canaries) ainsi que des zones à faibles densité de population. Les 2/3 des actions des fonds structurels (soient 135,9 milliards d’euros) se concentrent sur "l’Objectif 1" et près de 20% de la population totale de l’Union est concernée par les mesures prises dans le cadre de cet objectif. "L’Objectif 2" contribue à soutenir la reconversion économique et sociale des zones en difficulté structurelle autres que celles éligibles à "l’Objectif 1" (zones en mutations économiques, zones rurales en déclin, zones en crise dépendantes de la pêche et quartiers urbains en difficulté). Au maximum, 18% de la population de l’Union sont couverts par cet objectif. "L’Objectif 3" rassemble toutes les actions en faveur du développement des ressources humaines, hors des régions éligibles à "l’Objectif 1" et à "l’Objectif 2". Par ailleurs, les fonds structurels interviennent pour le financement de plusieurs initiatives : "INTERREG III" (coopération) ; "LEADER+" (développement rural) ; "EQUAL" (lutte contre les discriminations et inégalités dans l’accès au marché du travail) ; "URBAN II" (revitalisation économique et sociale des villes). Depuis l’année 2000, les principes de fonctionnement des fonds structurels ont été précisés sinon changés : avec, notamment une gestion, un suivi et une évaluation de l’utilisation des fonds plus contrôlés. La programmation des opérations financées est consignée dans un Document unique de programmation (le DOCUP). La participation des fonds est soumise à des plafonds. Dans le cas des RUP, le taux de participation communautaire peut s’élever jusqu’à 85%. La Réunion participe avec d’autres régions européennes et les RUP de "l’Objectif 1". |
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
La Réunion dans la mondialisation sans protection
La Réunion dans la mondialisation sans protection
Ouverture hier à Sainte-Suzanne
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture