Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Paroles entendues dans la mobilisation à Saint-Denis : sous la pluie, le feu de l’engagement
Après les rassemblements d’hier à Saint-Denis et Saint-Pierre, et tandis que se prépare la grande manifestation de demain à Saint-Benoît
26 mai 2003

- Huguette Bello, députée
« À travers la détérioration calculée du régime des retraites, qu’il tire vers la capitalisation, à travers le démantèlement de l’Éducation nationale et l’autonomie des universités, et au moyen de la décentralisation, Raffarin est en train de procéder à l’américanisation de l’État français et des rapports sociaux en France. Et cela nous concerne. Et on voit en fin de compte que ce gouvernement remet en cause les principes fondateurs de la République, notamment ceux d’égalité et de fraternité ».
- Jean-Yves Langenier, maire du Port
« On ne peut pas rester en dehors de la remise en cause des acquis sociaux : Éducation nationale, retraite, protection sociale, emplois... Après l’étude, au Sénat, de la loi-programme, il est encore lus nécessaire aujourd’hui de réaffirmer notre opposition totale, tant sur le fond que sur la forme, aux actions du gouvernement. La mobilisation semble plus jamais nécessaire pour faire entendre notre opposition à toute politique anti-sociale ».
- Alice et Christiane, enseignantes
« Oui, aujourd’hui nous ne sommes pas nombreux, à cause du temps, à cause de la fête des mères. Mais c’est un acte symbolique que nous devions faire, devant la préfecture, la représentation à La Réunion de cet État qui nous méprise, qui méprise "la France d’en bas". Nous ne baisserons jamais les bras devant Raffarin, et ce n’est pas leur petit "jeu de cons" qui nous fera changer d’avis : "ce jeu de cons", ce sont les affirmations et contre-affirmations de Darcos et Ferry, qui ne sont pas d’accord. Mais tout ça, c’est du pipeau, c’est pour nous embrouiller, pour nous casser.
Quand les ministres disent qu’ils veulent l’arbitrage de Raffarin, c’est pour pas se mouiller eux-mêmes. De toutes façons, même s’ils disent quelque chose, le dernier mot, ce n’est pas eux qui l’ont ».
- Éric, enseignant et membre d’une coordination et ses amis
« Nous garderons la mobilisation intacte ; à La Réunion comme en France. On va bien voir ce qui se passera dans les AG mercredi, après que Raffarin nous ait dit "la bonne parole".
Les ministres croient que s’ils cèdent sur le dossier de la décentralisation, ils pourront faire passer le dossier de la retraite : ils ont tout faux. C’est pour mieux nous casser qu’ils essaient de nous monter les uns contre les autres, de dire que c’est la faute aux enseignants ».
- Freddy, "ATOSS"
« Je suis concerné par la décentralisation, mais je suis aussi concerné par la réforme des retraites, tout ça, c’est de la régression sociale ».
- Michèle, enseignante
« Les deux dossiers sont entièrement à revoir, il faut tout mettre à la poubelle et tout recommencer, à la première étape, c’est-à-dire la discussion avec les personnels concernés et les syndicats. J’ai discuté hier avec un salarié du privé, il a peur de venir manifester, il est dans une petite entreprise, mais il m’a dit qu’il ne pourra jamais travailler jusqu’à 68 ans, dans le travail qu’il fait ».
- Alain Moreau, Le Port
« Nous ne pouvons pas accepter les plans Raffarin. Une élection avec 80% des suffrages et c’est, pour le gouvernement, l’occasion d’un passage en force de toutes les politiques de réformes supra-libérales. Il faut dire stop à ces réformes concernant l’Éducation nationale, les retraites, et la décentralisation non discutée. C’est l’ensemble des salariés qui paient, alors qu’il faudrait taxer le capital, par exemple. Le refus de négocier, c’est inadmissible, surtout quand on prétend défendre la démocratie ».
- Jean-Marc Gamarus, Intersyndicale-CGTR
« Malgré le temps, nous sommes tous ici pour dire à Raffarin que, en ce qui concerne la décentralisation, en ce qui concerne la retraite, il faut mettre ces projets aux oubliettes. Lundi, à 9 heures 30 à Champ-Fleuri, à Saint-Denis, nous serons là, autour de l’ANPE, devant les impôts qui devraient nous rejoindre. Mardi, nous serons à Saint-Benoît, le rassemblement partira de devant le groupe scolaire Bouvet pour aller jusqu’à la mairie où nous avons demandé un rendez-vous au maire. Nous n’oublions pas non plus les autres actions, celles que va mener le collectif Emplois en Danger, sur la question des emplois-jeunes et spécialement des aides-éducateurs. Nous allons mettre la pression maximale sur le gouvernement ».
- Frédéric Degamin, FO
« Depuis 7 semaines, nous sommes en grève, allons-nous rentrer pour un plat de lentilles ? Nous demandons le retrait des dossiers de décentralisation et de retraite, nous sommes en mouvement, ici comme en France. Nous préparons les actions à venir, comme lundi et mardi, nous restons en lutte. Nous ne pouvons pas faire moins pour nos enfants. Généralisons le mouvement ».
- Un représentant de l’université
« De graves dangers pèsent sur l’université, on veut regrouper les petites universités. Mais avec qui l’université de La Réunion pourra-t-elle se regrouper ? Aix-Marseille ? Avec ce projet, nos enfants iront faire leurs études en France, car les petites universités ne pourront pas assurer des formations au-delà de bac+3. Pour les bac+4 ou bac+8 ; il faudra aller en France, dans les grands centres universitaires. Ce sera de la mobilité forcée. L’université fonctionnera comme un "super lycée". C’est la même chose pour la recherche. On veut mettre l’université sous tutelle du Conseil régional et des entreprises. L’autonomie des universités, c’est du pipeau ».
- Une représentante de la coordination départementale des enseignants
« Nous restons toujours mobilisés. Nous poursuivrons nos actions lundi et mardi. Je lance un appel à tous les personnels de l’Éducation nationale, enseignants ou non enseignants, pour qu’ensemble, on aille jusqu’au bout ».
- Antoine Franco, association Coll’ Air
Après avoir présenté son mouvement, il rappelait l’initiative prise par l’association d’envoyer une carte au président de la République, lui demandant « d’inscrire le principe du financement de la continuité territoriale par l’État et donc à allouer, dès 2004, à la Région Réunion, une dotation budgétaire qui lui permettra le financement à hauteur de 33% du prix de 700 euros du billet Réunion-Paris-Réunion, pour chacun des déplacements ».
- Un représentant de la CGTR-EDF
« Il est de la responsabilité des syndicats d’appeler l’ensemble des travailleurs de La Réunion à une grève générale mardi ou dans les jours qui viennent. Il faut que le privé se mobilise, dans le privé, les pressions patronales sont très fortes ».
- Vincent Cellier, Intersyndicale-FSU
Interrogé sur les discussions sur la loi-programme au Sénat, il regrettait que le plan de rattrapage, indispensable à La Réunion et demandé par les syndicats comme les politiques, n’ait pas été pris en compte. « Il faut un débat de fond sur l’Éducation nationale comme ce qui va se passer dans quelques jours en France. Mais il faut aborder ce débat en mettant sur la table la totalité des problèmes que nous rencontrons ici : manque d’effectifs, retard d’équipements, pression démographique... » Par ailleurs, dans les prises de paroles à la fin du rassemblement, il rappelait qu’il souhaitait une réforme des retraites, mais une réforme concertée, qui ne pèse pas uniquement sur les salariés. Tout comme il refuse un train de mesures qui ne visent qu’a « enrichir les riches et appauvrir les pauvres ».
- Jean-Raymond Mondon, Intersyndicale-UNSA
Interrogé sur les discussions sur la loi-programme au Sénat, il expliquait que rien n’avait été pris en compte, par le gouvernement, sur la question de l’école, ni le plan de rattrapage, ni la question des aides-éducateurs, ni l’augmentation prévue des effectifs scolaires. Cette augmentation des effectifs aura des conséquences sur les besoins en postes, bien sûr, mais aussi provoquera une augmentation de la participation des collectivités locales (Région, Département, communes), pour la construction de lycées, collèges, écoles. Il évoquait aussi la question des transferts qui se feront à francs constants, c’est-à-dire sans tenir compte des besoins auxquels ils sont sensés devoir répondre.
À la fin du rassemblement, il rappelait que cette mobilisation était menée à l’unisson du plan national. Il soulignait que le système de retraites, à La Réunion, est jeune. Et que ce système ne donne pas à tous un accès à une retraite digne de ce nom. Avec l’exemple du minimum vieillesse. Il rappelait que le montant des retraites a déjà baissé, à La Réunion, de 10 à 15% au cours de ces dernières années. Ce système de retraite est inégalitaire. Il faut tout remettre sur le tapis, et discuter. Si rien n’était fait, ce serait à coup sûr la grève générale, en France comme à La Réunion.
- Ivan Hoareau, Intersyndicale-CGTR
« Le 28 mai, mercredi, le projet de loi sur les retraites est soumis au Conseil des ministres. Il passera ensuite devant le Parlement. Ce ne sont pas quelques amendements en marge qui pourront nous satisfaire. Pour la retraite, comme pour l’Éducation nationale, se dessinent pour demain la privatisation, la marchandisation de secteurs entiers de notre société. C’est le bouleversement dans les principes fondamentaux de notre société. Les retraites, la décentralisation : les problèmes se posent sur la forme et sur le fond. Nous ne pouvons l’accepter. Le gouvernement a déjà mené des offensives sur le SMIC, et à terme, les travailleurs vont constater une baisse de 45% de leur pouvoir d’achat. Tous les projets du gouvernement sont dirigés contre "la France d’en bas". Autrement dit 90% de salariés ».
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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