Planteurs

La Chambre demande aux industriels de moderniser leur outil

Réception et traitement de la canne

19 septembre 2003

Adapter l’offre et la demande : c’est en quelque sorte le message qu’ont voulu faire passer hier Guy Dérand, président de la Chambre d’agriculture, Nicolas Alaguirissamy, des Jeunes Agriculteurs, et Jean-Bernard Hoarau, président de la FDSEA. Le problème est le suivant : comment atteindre la fameuse barre des 2 millions de tonnes de cannes produites, tout en maintenant la campagne sur 24 semaines ?
Pour les responsables de la Chambre d’agriculture, il n’y a pas cinquante solutions : augmenter la capacité de broyage des usines qui est actuellement, en moyenne de 49.000 tonnes par jour pour passer à 55.000 tonnes par jour. Autrement, les planteurs auront bien du mal à livrer toutes leurs cannes. « Cette année sera limite », fait remarquer Nicolas Allaguirissamy. Les usines ont-elles la capacité technique pour traiter 55.000 tonnes de cannes par jour ? Dans l’absolu, oui. D’ailleurs, font remarquer les planteurs, en 1997, après un mois de grève durant lequel les usines n’ont pas eu une seule canne à se mettre sous le moulin, des moyens ont été émis en œuvre pour rattraper le temps perdu et l’on a même dépassé les 55.000 tonnes quotidiennes.
Mais si l’on veut que cette exception devienne la règle, il n’y a pas d’autre alternative que d’investir dans des moyens supplémentaires. Car, ajoute Guy Dérand, les livreurs de cannes, eux, ne peuvent pas aller au-delà de 24 semaines de coupe. « Actuellement, avec les variétés dont nous disposons, nous ne pouvons pas nous permettre de démarrer trop tôt, car nos variétés ne sont pas précoces. Pas question non plus de faire durer davantage la campagne, car ces mêmes variétés ne sont pas tardives ».
En clair, si l’on commence trop tôt, la richesse sera basse en début de campagne. Et à vouloir trop faire durer la campagne, on risque d’avoir une chute de richesse en fin de compte. Dans un cas comme dans l’autre, les planteurs étant payés sur la base de la richesse des cannes fournies, cela se traduirait par une perte financière pour eux.

Matériel vétuste et suspicion

Pour Jean-Bernard Hoarau, en plus des investissements que les usiniers doivent consentir, il faut également revoir la méthode de fonctionnement qui prévaut actuellement. « On le voit souvent : sur les plate-formes de réception, à 21 heures, il n’y a plus de cannes et les usines sont obligées de tourner au ralenti la nuit pour faire la jonction avec les livraisons du matin ».
Ce n’est qu’au prix d’investissements et d’une refonte du fonctionnement actuel que la barre des deux millions de tonnes de cannes sera atteinte, estiment Jean-Bernard Hoarau et Guy Dérand.
Adapter l’offre et la demande, c’est aussi faire preuve de souplesse dans le planning de livraison. Ainsi, avec les pluies régulières depuis le début de la campagne - ce qui n’était pas arrivé depuis quinze ans, assure Nicolas Allaguirissamy -, les planteurs de Saint-Philippe sont pénalisés et ne peuvent accéder à leurs champs.
Pourquoi ne pas alors dans ce cas, renforcer le quota d’apport des planteurs de l’Ouest qui eux, n’ont pas ce problème d’intempéries ? Autre revendication posée par les responsables de la Chambre verte, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs : la modernisation du CTICS. Le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre fonctionne avec des moyens obsolètes, affirment les responsables agricoles. Pourquoi investir dans des sondes ultra-modernes si, dans l’étape suivante, la détermination de la richesse en laboratoire, s’effectue à l’aide d’instruments vieux de plus de vingt ans ?
La vétusté de ce matériel engendre par ailleurs bien des suspicions de la part des planteurs qui y voient une partie de la perte de richesse. Certes, la modernisation du CTICS ne réglera pas cette perte de richesse, mais elle contribuera, estime Nicolas Allaguirissamy, à davantage de transparence.
« Le CTICS doit investir dans du nouveau matériel », affirme pour sa part Guy Dérand, président de la Chambre d’agriculture. Et de conclure : « Ces investissements permettront de lever toute suspicion, d’avoir une analyse plus juste et le calcul de la richesse serait alors plus transparent ».


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