Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Réforme de l’OCM sucre
Le président de la Région en appelle à un sursaut général, des parlementaires alertent le commissaire européen à l’Agriculture
22 septembre 2003

La réforme de l’OCM sucre est demain à l’ordre du jour des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. De cette question dépend la survie de la filière canne à La Réunion. Une option préconise de maintenir les quotas, en les diminuant, pendant une période de dix ans durant laquelle les subventions à la production et à l’exportation seraient remplacées par des aides aux producteurs pour les « besoins de restructuration et de reconversion ». Mais plusieurs États-membres veulent aller à une « libéralisation totale de l’OCM sucre ». La filière canne-sucre représente dans notre île, 8.000 emplois et plus d’un milliard d’euros de revenu à l’exportation. Un courrier, adressé hier au commissaire européen Franz Fischler, par les parlementaires Huguette Bello, Christophe Payet, Paul Vergès et Jean-Claude Fruteau, indique que « si de telles décisions étaient intégralement appliquées à notre région, La Réunion, elles signifieraient la ruine programmée » de la filière canne. Devant une telle menace, « arrêtons les diversions, arrêtons les polémiques. Le principal est de sauver la filière », a déclaré hier le président de la Région qui appelle à l’union de tous pour la prise en compte par Bruxelles nos spécificités et nos faiblesses. Quant aux parlementaires, ils demande que « des dispositions spécifiques soient prises en faveur des producteurs de cannes de La Réunion ».
Exceptionnellement, et dans le but exprès de faire prendre conscience du « danger mortel » que les dispositions européennes font peser sur la filière canne/sucre, Paul Vergès a tenu hier une conférence de presse pour tirer la sonnette d’alarme.
« Arrêtons les diversions, arrêtons les polémiques. Le principal est de sauver la filière. Il nous reste six ou sept mois pour y arriver. La condition pour avancer sur la voie tracée par l’article 326 (ex 299-2 du Traité d’Amsterdam - NDLR), c’est qu’il y ait ici une union de tous, les professionnels et la classe politique », a-t-il dit, entre l’indignation devant le cynisme de ceux qui « ont entre les mains cette bombe à retardement et qui nous parlent d’autre chose… » et l’urgence que créé la proximité des décisions européennes, mardi prochain.
En effet, en Sicile depuis samedi pour une réunion informelle de quatre jours, les ministres de l’Agriculture de l’Europe des Quinze écouteront mardi le commissaire à l’Agriculture Franz Fischler exposer les propositions de l’Europe pour l’agriculture et en particulier pour la réforme de l’OCM sucre, de même que des autres régimes préférentiels. Cette annonce va intervenir dans le contexte créé par la plainte des pays dits du "groupe de Cairns" contre le protocole sucrier européen et par l’échec de la conférence ministérielle de Cancún.
Les préconisations de Bruxelles pour la production sucrière sont connues depuis la mi-septembre. Des trois options proposées, celle donnée comme moyen terme préconise de maintenir les quotas, en les diminuant, pendant une période de dix ans durant laquelle les subventions à la production et à l’exportation seraient remplacées par des aides aux producteurs pour les « besoins de restructuration et de reconversion ».
Ces propositions ont déjà provoqué des réactions de certains États-membres et celle du Danemark, exprimée vendredi en faveur de la « libéralisation totale de l’OCM sucre », n’est pas faite pour rassurer la filière réunionnaise qui, bien qu’elle n’entre que pour 1% dans la production européenne, est supposée se conformer aux règles édictées pour tous. Le problème est que ce 1% que les Européens ne veulent pas voir représente ici l’équivalent 8.000 emplois et plus d’un milliard d’euros de revenu à l’exportation.
Cette prise de position du Danemark et les informations dont il dispose en provenance de Paris, Bruxelles et la Sicile, ont conduit le président de la Région à tirer la sonnette d’alarme. Tout en s’étonnant d’être seul à le faire, tandis que d’autres préfèrent patauger dans de grossières diversions…
« Après le 23 septembre, le débat va se poursuivre jusqu’en avril », a dit Paul Vergès, en évoquant « la chronique d’une mort annoncée, si nous ne parvenons pas à modifier les termes du débat ».
Les modifier comment ? En faisant prendre en compte par Bruxelles nos spécificités et nos faiblesses, en tant que RUP et en obtenant un traitement à part. Pour l’obtenir, il vaudrait mieux que tous les élus, tous les professionnels parlent d’une même voix. « Il y a sûrement des solutions à trouver pour La Réunion. Est-il concevable qu’on se cantonne uniquement à la production ? N’y a-t-il pas des valeurs ajoutées à trouver ? Nous ne serons peut-être pas un pays producteur de bio-carburant, mais… et toutes les perspectives ouvertes par la sucro-chimie ou par le raffinage ? » a dit Paul Vergès en invitant à prendre la mesure du danger et à « arrêter les polémiques ».
| Le document de Bruxelles |
| Restructurations en vue |
| La synthèse des travaux d’analyse d’impact réalisée par la Commission européenne est très claire dans ses observations concernant les régions ultra-périphériques. Notant que le raffinage en France métropolitaine « fournit l’essentiel des débouchés de la production de 200 à 250.000 tonnes », le document relève que la canne joue un rôle majeur et que « toute baisse de prix qui viendrait à réduire la production de sucre affecterait profondément l’économie mais aussi l’environnement de l’île ».
« Ces différents besoins de restructuration et de reconversion pourraient être couverts par une enveloppe spéciale réservée dans le cadre du prochain paquet financier et/ou la création d’un fonds de reconversion financé par des prélèvements sur les producteurs et/ou par une partie des revenus qui seraient dégagés par le transfert (vente ou leasing) des quotas dans le cadre de la structuration ». Autrement dit, une des solutions proposées par les quatorze directions des services de Bruxelles pour maintenir la filière dans nos régions est de chercher à lui donner plus de valeur ajoutée, notamment en remplaçant les usines de production par… des raffineries. « Est-ce le monde qui va s’adapter à La Réunion, ou La Réunion qui va devoir s’adapter aux évolutions du monde ? », a demandé Paul Vergès, en rappelant son courrier du 1er septembre, co-signé avec le président du Département, demandant au ministre de l’Agriculture de se prononcer sur les conséquences de l’initiative européenne. Le président de la Région a rappelé hier qu’il attendait la réponse du ministère pour se prononcer de façon responsable sur toute initiative nouvelle concernant la filière. |
| Les parlementaires Huguette Bello, Christophe Payet, Paul Vergès et Jean-Claude Fruteau alertent la Commission européenne |
| Pour des dispositions spécifiques en faveur des planteurs réunionnais |
| Huguette Bello et Christophe Payet, député de La Réunion, Paul Vergès, sénateur de La Réunion, et Jean-Claude Fruteau, député réunionnais au Parlement de Strasbourg, ont adressé hier un courrier à Franz Fischler, commissaire européen à la Pêche et à l’Agriculture. Nous reproduisons ci-après le contenu de cette lettre. « M. le Commissaire européen Des informations parues dans la presse française laissent entendre que la Commission européenne devrait adopter, mardi 23 septembre, une communication concernant la réforme de son règlement sucrier. La solution consistant à réduire par étape les prix intérieurs - ceux-ci passeraient de 700 à 450 euros la tonne - en gardant les quotas, pendant sept ans, est présentée comme la plus probable. Si de telles décisions étaient intégralement appliquées à notre région, La Réunion, elles signifieraient la ruine programmée pour une filière qui ne cesse depuis des décennies de se battre pour sa survie. Dans un récent courrier adressé au président d’une confédération de planteurs et éleveurs de La Réunion, vous indiquiez que « la Commission est bien consciente que la canne, du fait de son extension, joue un rôle majeur pour l’agriculture réunionnaise comme pour son développement socio-économique ». Vous ajoutiez que « la Commission ne manquera pas de prendre en considération les intérêts légitimes de chacune des régions ultrapériphériques dans le cadre de son analyse de l’Organisation du Marché de Sucre et du rapport qu’elle présentera prochainement en conseil ». Nous faisant l’interprète de l’ensemble de la profession et de ses organisations syndicales, nous nous permettons de vous solliciter pour que lors des ultimes arbitrages qui sont rendus, des dispositions spécifiques soient prises en faveur des producteurs de cannes de La Réunion. Nous vous serions reconnaissants d’être au sein de la Commission l’interprète des préoccupations de ces derniers et vous remercions de l’intérêt que vous porterez à cette question. Nous vous prions d’agréer, M. le Commissaire Européen, l’assurance de notre haute considération ». |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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