Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Cinéma
Dominique Attali prépare le tournage de "Soleil Noir"
18 septembre 2003

Nous avons rencontré Dominique Attali mardi soir à Saint-Denis à l’hôtel "Les Jardins de Bourbon" où la réalisatrice prépare le tournage de son premier long métrage : "Soleil Noir". C’est là qu’elle rencontrera les comédiens qui répondront au casting organisé vendredi (voir encadré). Des comédiens qui joueront au côté de Salomé Lelouch, bouleversée par le scénario de Dominique Attali.
Pour le moment Dominique Attali procède, avec Anaa production à un repérage des lieux, et rencontre les partenaires financiers. Elle n’est pas inconnue à La Réunion puisqu’elle est l’une des co-fondatrices de Vollard. Elle a écrit est mis en scène "Blues Coco", mis en scène "La prose du transsibérien" de Blaise Cendrars. Elle a écrit "Le mystère de la poubelle enchantée" qu’elle a mis en scène dans de grandes salles françaises.
Cette femme de théâtre qui aime écrire et diriger des comédiens est récemment passée derrière la caméra pour un premier court métrage de neuf minutes intitulé "Une famille à tout prix". « L’histoire d’un couple qui se fait la guerre au quotidien, par de petits gestes, histoire d’une communication impossible même s’ils donnent l’illusion devant leur petite fille de s’entendre, ils se ratent », nous raconte-t-elle. Deux autres courts métrages seront tournés cette année dont "Pelouse interdite", histoire d’un « quinquagénaire divorcé, professionnellement au bout du rouleau qui dialogue avec un serveur lorsque entre dans le bar une fille provocante qui n’est autre que l’enfant qu’il a eu avec une de ces conquêtes » et "Tentations et jérémiades".
Son premier long-métrage, dont le tournage est prévu pour fin 2004 à La Réunion, elle l’aura porté pendant plus de dix ans avant de l’écrire. Le temps de prendre la distance suffisante par rapport au sujet difficile qu’elle veut aborder : la violence au sein de la famille, l’irruption de la violence au sein de l’amour. Elle veut montrer « comment l’amour bascule, comment on peut se retrouver dépassé par sa propre violence jusqu’à perdre la raison, le contrôle de soi. Après il est trop tard, le mal est fait ». Ce problème ne concerne pas seulement La Réunion, mais l’humain en général, dans son instabilité affective, son esprit ti-coq en pattes, sa part animale..
L’histoire se passe à la fin des années 70, grande période de changements, le héros, Olivier, est dans ce mouvement d’évolution des mentalités. Réunionnais, il fait ses études à Marseille, participe aux luttes pour la libération de la femme, rejoint une communauté où il rencontre Anne, l’héroïne, une juive, pied noir, dont il va tomber amoureux. Leur amour est vrai, total, complet, mais la famille d’Anne, bien que victime des camps de travail allemands, n’accepte pas sa liaison avec un noir. Lui est rejeté, elle bannie. Olivier va lui proposer de vivre à La Réunion présentée comme un paradis terrestre, elle va y trouver une famille qui va lui reprocher sa manière d’être, de vivre, de s’exprimer et qui par pressions successives, sur fonds de sorcellerie va leur rendre la vie impossible. Jusqu’à ce qu’Olivier pète les plombs et la batte à mort. Après cet événement tragique ils se sépareront, elle partira avec l’espoir d’une nouvelle vie, même si l’amour n’est pas mort entre eux.
L’important pour Dominique Attali, son premier souci est d’être « exigeante et rigoureuse sur la sincérité des personnages, l’histoire est bouleversante je ne veux pas tricher avec ça. C’est quelque chose qui remue. C’est un miroir que je veux offrir ». « L’histoire est assez sombre », ajoute la cinéaste, « mais il y a toujours l’espoir de s’en sortir, c’est un message d’espoir et de libération ». « Une histoire d’amour qui tourne mal, on connaît ça partout, à tous les niveaux », poursuit-elle, « comment un amour fusionnel se casse la figure ? Comment un homme non-violent, ’’évolué’’, perd les pédales, et devient violent ? » Question obsédante.
La musique sera très présente dans ce film, c’est aussi un voyage musical puisque les deux héros sont des artistes qui évoluent dans une période charnière à La Réunion. Dominique Attali espère convaincre Ziskakan ou Danyèl Waro d’utiliser leurs chansons dans sa bande sonore.
| Casting de "Soleil Noir" |
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| Pour long métrage de cinéma, Anaa productions recherche deux comédiens pour un rôle principal et un rôle secondaire.
- Un jeune homme 20-25 ans, métis-caf pour le rôle d’Olivier - Et un jeune homme 20-25 ans métis-malbar pour le rôle de "Pascal" Les auditions se feront à l’Hôtel résidence "les Jardins de Bourbon" à Saint-Denis, le vendredi 19 et samedi 20 septembre, de 10 heures à 12 heures, et de 14 heures à 18 heures. Téléphoner pour rendez-vous au 0262 40 73 15 (répondeur), 0262 40 73 23 ou 0692 25 14 18. |
Courrier des lecteurs
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