Élections régionales 2004

La ’qualité de l’union’ reste en chantier

Le PS dévoile sa tactique

14 novembre 2003

Les dirigeants du Parti Socialiste ont dévoilé hier leur tactique pour les élections régionales de mars 2004 : si l’union de toutes les forces de progrès est indispensable au deuxième tour, le PS ’ira’ seul au premier tour.

Dans une longue conférence de presse, Michel Vergoz, entouré de Maxime Assaby, Mickaël Nativel, Gilbert Annette, Patrick Lebreton et Aimé Lebon, a dévoilé la "tactique" du PS pour les prochaines élections régionales des 21 et 28 mars prochains. La stratégie, elle, était connue depuis longtemps : Le premier secrétaire de la fédération réunionnaise du PS expliquait que si la stratégie de l’union avait été arrêtée par le congrès fédéral du 10 mai 2003 à Saint-Joseph, « seule la question de l’union demeure le chantier sur lequel il convient sans relâche de travailler entre partenaires dans la principale recherche de la meilleure efficacité politique à gauche, dans la transparence, la clarté et le respect mutuel ».
Mais il rappelait aussi qu’au cours de ce même congrès avait acté la position de principe suivante : « Le Parti Socialiste, à chaque échéance électorale locale, devra dégager les voies et moyens, autant que possible, pour privilégier le débat sur ses idées, sont projets lors des premiers tours de scrutin ».
Néanmoins, l’approche des régionales (et cantonales) de 2004 s’est faite par étape. La première étape a été la désignation de la "tête de liste" (le 7 octobre dernier), à savoir « le premier des Socialistes », autrement dit Michel Vergoz lui-même. La deuxième étape, a été la définition d’un objectif stratégique : « c’est l’union des forces de progrès », voté le 26 octobre dernier lors de la convention fédérale de Saint-Benoît. Convention au cours de laquelle les « 36 propositions socialistes pour La Réunion » ont été approuvées à l’unanimité. La troisième étape a été, le 5 novembre, le débat en Conseil fédéral sur « la tactique à adopter les 21 et 28 mars 2004 ». En clair, l’union au premier tour ou au second tour.

Éléments de débat

Un débat de trois heures, durant lequel les responsables « ont versé 10 éléments au débat ». Michel Vergoz en a présenté trois lors de la conférence de presse : « c’est la première fois qu’une élection régionale se passe sur deux tours ». Jusque là, elle ne se déroulait qu’en un seul tour. Deuxième élément : « l’échec de 1998, malgré la "victoire" au "deuxième tour" ». Ce "deuxième tour" étant l’élection du président et des vice-présidents. « Échec » car le « grand rassemblement » n’a obtenu « que 31,94% des suffrages », alors qu’à La Réunion, on était dans « une double dynamique » (nationale et locale), que « 16 maires sur 24, 2 sénateurs sur 3 et 4 députés sur 5 » soutenaient ce « grand rassemblement ». Troisième élément versé au débat : « En France, les responsables appellent à l’union dès les premier tour : Hollande, Leroux, Ayrault... Je les entends bien. Mais allons jusqu’au bout de l’analyse : sur 22 régions de France métropolitaine, certaines sont menacées par le Front National, comme PACA, le Languedoc-Roussillon ou Midi Pyrénées. Il y a raison de s’inquiéter de ces risques, mais ils n’existent pas à La Réunion », poursuit Michel Vergoz.

Au deuxième tour

Trois de ces éléments ayant été mis en débat, il ne restait donc plus qu’aux militants de se prononcer. Ils l’ont fait mercredi soir, par bulletin secret. Ils devaient répondre à cette question : « êtes-vous pour l’union avec le PCR au 1er tour ou au 2ème tour ? ». Avec un taux de participation de 74%, les militants se sont exprimés à 94% pour « une alliance avec le PCR au deuxième tour », 4% préférant une alliance « au premier tour » (2% des bulletins étant "nuls ou blancs").
Dernière étape de la "feuille de route" des socialistes : la constitution de la liste, qui se fera en deux temps : les 29 novembre en Conseil fédéral et le 3 décembre avec la validation (ou l’invalidation) de celle-ci par les militants. Et Michel Vergoz de poursuivre : « Parallèlement à cette dernière étape, les rencontres se poursuivent avec nos partenaires potentiels ». Et il précise que le PS proposera à ses « partenaires potentiels du deuxième tour, la discussion et la signature d’un protocole rendu public, qui prendra en compte le nécessaire balisage des conduites de chaque organisation au cours de la campagne du premier tour ».
Le premier secrétaire fédéral conclut : « Les socialistes ont un seul objectif : entraîner l’adhésion citoyenne sur les "propositions socialistes pour La Réunion" et un seul adversaire, la droite, et la politique de régression sociale du gouvernement qu’elle soutient ».


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