Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Saint-André
L’opposition dénonce la gestion des finances communales
25 avril 2003

Deux ans après les élections municipales, l’opposition a tenu hier une première conférence de presse sur les conséquences de la gestion de la majorité municipale.
« La situation financière de la mairie est alarmante ! Nous ne contestons pas les élections, c’est un fait mais nous désirons aller de l’avant en informant nos 6.500 électeurs et le reste des saint-andréens », rappelle Eric Fruteau au nom de l’opposition municipale - Il est à noter qu’aux dernières élections municipales de 2001, il y eut 14.000 votants sur 20 000 inscrits. « Saint-André va mal et nous nous appuyons sur les propres chiffres de la gestion municipale ! », renchérit l’élu communiste. Trois ratios sont pris en compte pour étayer ces arguments : tout d’abord, les dépenses réelles de fonctionnement de la Mairie par rapport à la population. Pour prendre un exemple concret, « il suffit de constater le coût du carburant. Il est de 367.243 euros (soit 2,4 millions de francs) pour les 50 voitures de la Mairie. Combien de fois ai-je vu les bons d’essence de la Mairie circuler lorsque je vais faire mon plein d’essence ? », s’indigne Eric Fruteau.
De même que pour l’alimentation, « 2,5 millions d’euros ont été consacrés à la cuisine centrale (s’occupant entre autres des cantines scolaires) alors que l’alimentation des enfants est loin d’être équilibrée dans leur assiette…Quand on sait que les élèves doivent parfois patienter trois tours avant de manger ! N’y a t-il pas eu un cas d’intoxication dans une école de Saint-André révélée par la presse ? Des rats ont même été découverts dans une école de Cambuston ! Certaines écoles maternelles font dormir à même le sol, les enfants. Saviez-vous qu’en matière d’éducation, la dotation par élève est la plus faible de l’île à Saint-André ? », réitère l’opposition.
Autre point d’envergure, le dernier scandale de la Mairie de Saint-André : la fameuse facture téléphonique de 40.000 euros impayée par la Mairie et réclamée par France-Télécom. Alors que 300 000 euros sont alloués par la municipalité pour les dépenses téléphoniques. D’après Jean-Paul Virapoullé, la coupure de téléphone serait « due aux difficultés propres de France-Télécom ! ». Ainsi l’image de Saint-André en prend un coup en apparaissant non seulement comme « un mauvais payeur, mais il est également anormal que le maire rejette la faute sur le fournisseur », argumente Éric Fruteau. « En 33 ans de gouvernance, Jean-Paul Virapoullé a décidé de faire appel cette année, à un contrôleur de gestion pour lui faire des propositions afin de réduire ses factures », constate amèrement l’opposition.
Le deuxième ratio mis en valeur concerne la capacité d’investissement de la Mairie. « Quand je suis arrivé au Conseil municipal en 1995, 33 millions d’euros étaient consacrés à l’investissement. Il est absurde aujourd’hui que ce budget soit quasiment similaire à une municipalité comme Saint-Leu (17 millions d’euros), à un million près, soit 18 millions pour Saint-André », souligne Éric Fruteau. Enfin, le troisième ratio prend en considération l’épargne brute, soit la capacité d’autofinancement de la Mairie. Là encore, les chiffres sont critiques : l’autofinancement est de 4 millions d’euros alors que la Mairie a contracté un emprunt de 6 millions d’euros pour 2003.
Ce qui est reproché par l’ensemble de l’opposition communiste « c’est avant tout le manque d’ambition de la municipalité. Gérer une commune, c’est aussi faire appel à l’intercommunalité. On devrait prévoir et anticiper, comme pour les infrastructures sportives ». Et de citer l’exemple du nouveau gymnase : il fuit. « En matière de voirie », poursuit Éric Fruteau, « la population est constamment en danger par l’absence des trottoirs dans le quartier de l’Église et du stade…Le plan de circulation est mal fait. Les trottoirs sont rénovés au moment des élections. Les peintures ont été refaites au Colosse au moment de la venue de Raffarin ! »
« La Mairie adopte un choix purement électoraliste si l’on considère le cas du bras de Chevrettes », précise l’opposition, « le maire et son équipe ont purement bradé la vente d’une parcelle de 10.504 mètres carrés à un proche, empiétant par la même occasion sur 51 mètres carrés de terrain appartenant au voisin ». Et de déplorer qu’« en matière de foncier communal, c’est une vraie dilapidation. La carte du favoritisme est permise alors que ce terrain d’utilité publique aurait pu servir à la population du quartier, à un parc de jeux, un terrain vert… »
« De même, nous avons un sénateur dans notre commune, qu’il interpelle le gouvernement en matière d’emplois pour ne plus baisser les crédits du FEDOM ! », revendique l’ensemble de l’opposition. Rappelant que « Jean-Paul Virapoullé avait fait campagne sur les thèmes de "l’éducation, le travail et la dignité !" », l’opposition constate que la municipalité refuse toujours « d’intégrer les employés communaux ». « Et lors du nouvel an tamoul », poursuit Éric Fruteau, « comment peut-on admettre que le 1er adjoint émet une sanction disciplinaire à tout employé désireux de s’absenter à cette occasion ? Heureusement, que l’absence traditionnelle du nombre d’employés dans cette circonstance, a relégué aux oubliettes cette mesure ».
Courrier des lecteurs
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