Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Culture et identité
121ème anniversaire de l’abolition de l’engagisme avec l’ARDPOI et les Éditions Azalées
12 novembre 2003

Hier à la Halle des manifestations du Port, pendant la Foire des Mascareignes, avait lieu un "Après-midi convivial et culturel" organisé par l’ARDPOI (Association réunionnaise pour le développement du patrimoine de l’océan Indien) et les Éditions Azalées, avec des interventions de Lucas Caliamou, Alain Mayandy, Jean-Régis Ramsamy et Christian Vittori. Cette rencontre se situait dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’engagisme indien, qui coïncide cette année avec une Foire des Mascareignes placée sous le signe de l’Inde.
Après une introduction musicale par un groupe de musique tamoule, Lucas Caliamou, président de l’association, entamait les débats. Il est revenu sur les cérémonies qui se sont passées plus tôt dans la journée aux Lazarets de La Grande Chaloupe. Tout ceci dans le cadre du devoir de mémoire qui nous incombe, afin de ne pas oublier ce que nous devons à tous ceux qui avec leur travail et leurs souffrances ont fait de La Réunion ce qu’elle est aujourd’hui.
Lucas Caliamou a rappelé la quarantaine et les formalités administratives que subissaient les nouveaux arrivants après l’abolition de l’esclavage : vérification du bateau, transfert aux lazarets, déplacement à un dépôt colonial situé près de Saint-Denis afin d’y déterminer l’aptitude des nouveaux arrivants au travail dans les plantations, et enfin l’arrivée des travailleurs accompagnés par leur famille chez les engagistes. Ce parcours était alors chapeauté par le service de l’immigration, émetteur du livret de l’engagé, avec un regard du consul britannique.
Les motifs de l’abolition
Lucas Caliamou a ensuite abordé les raisons qui ont amené la publication du décret du 11 novembre 1882, qui abolit l’engagisme indien à La Réunion, un acte effectif dans notre pays le 8 décembre de la même année.
À cette époque, la production sucrière réunionnaise est touchée de plein fouet par de profonds changements. Elle est en concurrence avec une production de sucre de betterave européenne excédentaire. Les faillites de planteurs se succèdent, des exploitations disparaissent. Mais surtout, ce sont les mauvais traitements infligés aux travailleurs d’origine indienne qui provoquent l’indignation du fournisseur de main d’œuvre, la Grande-Bretagne.
Le consul britannique est en effet saisi de multiples plaintes de la part d’engagés. La Grande-Bretagne demande alors que la protection des travailleurs ne soit plus laissée à la responsabilité du colon mais à celle d’un Britannique, elle s’oppose aussi aux réegagements. Des conditions inacceptables pour les propriétaires terriens de l’époque.
Dans ce contexte, l’engagisme indien est aboli alors que l’île comptait 64.000 personnes venues d’Inde dans ce cadre.
Devoir de mémoire
Pour sa part, Alain Mayandy devait axer son intervention sur deux thèmes : le devoir de mémoire et les grands principes du Code de Manou.
Sur le devoir de mémoire par rapport à nos ancêtres, Alain Mayandy a rappelé que dès 1678, 15 femmes indiennes de Goa sont venues peupler notre île. Puis d’autres Indiens sont venus en tant qu’esclaves. Ensuite, les engagés sont arrivés. À la différence de leurs prédécesseurs, ils avaient la possibilité de pratiquer leur religion. Pour Alain Mayandy, il faut « rendre hommage à nos frères africains, malgaches, comoriens, chinois qui ont subi l’esclavage. Rendre hommage aux victimes de l’Holocauste ».
Dans l’Histoire du monde, il arrive toujours qu’un pays domine les autres, c’est le karma de l’humanité, a-t-il ajouté en substance avant de poursuivre : « rendre hommage aux oubliés volontaires, aux syndicalistes, aux fondateurs des partis politiques réunionnais, et plus particulièrement à ceux du PCR, aux morts des lazarets, à ceux qui meurent en prison ». La société réunionnaise ne se construira pas avec des dominants et des dominés, a-t-il continué avant de conclure sur le devoir de mémoire : « Nos aïeux venaient tous de quelque part. Nous devons continuer leur exil dans ce qui est devenu notre pays natal ».
Textes millénaires
Alain Mayandy a ensuite abordé le code de Manou, un outil qui permet justement de codifier les relations entre le monde des dieux et celui des humains dans l’hindouisme. En préalable, Alain Mayandy constate que « l’Inde est aux antipodes de Rome. Le mythe compte seul, la réalité est secondaire et ne vaut pas la peine d’être racontée », dit-il en substance avant de préciser que les Manous sont éternels : c’est un ensemble de sages qui existe depuis la nuit des temps.
La loi de Manou est un ensemble de règles « conforme à l’ordre naturel des choses ». Alain Mayandy signale que si dans la religion indiennes, les pratiques peuvent varier en fonction du temps et du lieu, les principes essentiels sont inchangés depuis des millénaires : l’humain a sa divinité en lui, son darma. Alain Mayandy cite ensuite les 10 grands principes du code de Manou (voir encadré) .
Après un intermède musicale, c’était au tour de Jean-Régis Ramsamy d’intervenir, dans le cadre d’une conférence-débat autour de son dernier ouvrage édité chez Azalées : "Journal d’un Réunionnais en Inde". Car, comme le signalait Christian Vittori, la rencontre d’hier était aussi un après-midi où le livre était à l’honneur.
| Le 10 grands principes du code de Manou |
|---|
| La force d’âme : la capacité de se tenir à un idéal.
Le pardon : le sentiment d’être offensé ne surgit pas. Le contrôle de nos actes : éviter d’agir selon ses impulsions. L’honnêteté. La pureté. La maîtrise des sens de la perception. Le discernement. La connaissance spirituelle. La véracité. La sérénité : sans colère quelles que soient les circonstances. |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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