Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Mobilité
Lorsque Jean-Paul Virapoullé évoque l’idée d’un passeport logement
2 octobre 2003

Le président de la Relève vient d’annoncer que les Réunionnais qui se rendront en Métropole en 2004 bénéficieront d’un passeport logement. Est-ce un coup de bluff ? Car le financement d’une telle mesure n’apparaît ni dans le budget de l’Outre-mer ni dans celui du Logement. Or, dans les années 80/90, le sénateur-maire de Saint-André a été à l’initiative de la création de deux structures (un hôtel à Paris et une société civile immobilière, tous les deux financés par le Conseil général ) et qui devaient apporter une aide aux migrants. Ces opérations se terminèrent tous les deux sur un énorme fiasco. Des accusations de mauvaise gestion très vite étouffées ont été lancées à l’encontre de l’ancienne SCI, alors dirigée par Jean-Paul Virapoullé. De quoi être inquiets lorsque le même se présente aujourd’hui comme un des initiateurs d’un ’passeport logement’.
Au cours d’une conférence donnée avant-hier par La Relève, Jean-Paul Virapoullé a déclaré, selon le "JIR" : « Mme Girardin m’a autorisé à vous dire qu’après le passeport mobilité, il y aura un passeport logement pour les Réunionnais qui iront en Métropole en 2003-2004 ».
L’information est suffisamment imprécise pour ne pas paraître crédible.
Avant de se lancer dans un nouveau passeport, il serait bon de faire un bilan critique du premier : le passeport mobilité. Correspond-t-il aux objectifs fixés ? Nous rappelons que lors qu’il a été présenté, on n’a pas manqué, ici de parler chez nos autres confrères de « l’avion gratuit ». A-t-il permis de développer le trafic d’étudiants ou de jeunes en formation vers la Métropole ? A-t-il apporté réellement un plus par rapport à ce qui était déjà mis en place par la Région et le Département ?
Nous avons déjà eu l’occasion, dans ces colonnes, d’écrire que le nouveau système mis en place par le gouvernement contribuait à développer l’assistanat. En effet, jusqu’ici le Conseil régional et le Conseil général proposaient un dispositif de de prise en charge qui laissait intentionnellement aux intéressés une prise en charge personnelle. Ceci afin justement de ne pas tomber dans l’assistanat. C’est ce système que le gouvernement a souhaité complété en finançant la part du billet d’avion qui incombait jusqu’ici aux jeunes partant en France.
Ceci étant lorsque Jean-Paul Virapoullé annonce la mise en place d’un passeport logement, on cherchera vainement dans le budget du ministère de l’Outre-mer ou celui du Logement, le financement correspondant. Le sénateur-maire ne dit pas comment fonctionnera ce passeport : qui aura droit ? Dans quelles conditions ? Pour quels service (l’accès à un logement ou une sorte de participation à un loyer) ? Mais, qui plus est, Jean-Paul Virapoullé ne précise pas sur quels budgets, par qui, sous quelles formes sera financé ce "passeport transport". Or, selon les propos que lui prêtent le "JIR", ce nouveau dispositif concernerait les Réunionnais -et uniquement eux- « qui iront en Métropole en 2003-2004 ». Comme l’année 2003 est largement entamée on peut se demander quel public la mesure va-t-elle concerner d’ici décembre.
Depuis que la mobilité existe -à l’époque du BUMIDOM on parlait de migration voire d’émigration- la question du logement des jeunes filles et jeunes garçons se rendant en Métropole a été, avec celui de l’accès à l’emploi, des sujets cruciaux. Les premiers postiers embarqués au cours des années 63-64 ont été hébergés dans des chambres d’hôtel. Un peu plus tard la SNCF logea ses travailleurs créoles dans des cités construites au bord des voies de chemin de fer. SIMCA-Chrysler, Peugeot installèrent leurs Réunionnais dans des foyers.
Bien plus tard encore, vers les années 80, souvent sous l’impulsion de Jean-Paul Virapoullé, le Département envisagea d’autres solutions. C’est ainsi qu’un immeuble fût acheté à Paris et transformé en foyer de transit pour jeunes se rendant pour la première fois à Paris. L’opération se termina sur un fiasco, le Conseil général étant dans l’incapacité de gérer convenablement cette structure l’abandonna il y a quelques années.
Vers la fin des années 80, le même Jean-Paul Virapoullé fût à l’origine de la création d’une SCI dont les capitaux furent apportés essentiellement par le Département. Cette structure, dont le sénateur-maire de Saint-André vanta les mérites, avait un double objectif : acheter des studios ou appartements qu’elle louait à des Réunionnais ou faciliter pour ces derniers l’accès à des locations. Très rapidement, la faillite de cette structure fut prononcée. On parla à l’époque de mauvaise gestion, pour ne pas dire plus. Le scandale fut étouffé et évita à Jean-Paul Virapoullé d’avoir à s’expliquer. L’argent investit par le Conseil général fut à jamais perdu. Les malversations, dont est actuellement accusé un proche de Jean-Paul Virapoullé à la tête du CNARM, n’ont aucune mesure avec ce qui s’est passé pour cette SCI.
Aussi, lorsque le sénateur-maire de Saint-André nous parle de "passeport logement" pour les migrants et au vu du passif qu’il a laissé dans le domaine, on a tout lieu d’être inquiets.
Courrier des lecteurs
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