Environnement

Lancement du Programme régional de protection des végétaux

Une initiative de la Commission de l’océan Indien

22 novembre 2003

Depuis le 1er août dernier, la Commission de l’océan Indien (COI) met en œuvre un Programme régional de protection des végétaux. Le 17 novembre dernier, ce programme a été officiellement lancé à Réduit (Maurice) par Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre, ministre des Finances, de l’Agriculture, des Technologies alimentaires et des Ressources naturelles en présence de Juan Carlos Rey, délégué de la Commission européenne à Maurice et de Wilfrid Bertile, secrétaire général de la COI .
D’un montant de 6,6 millions d’euros financé à hauteur de 4 millions 850.000 euros par le Fonds européen de développement et de 1 million 238.620 euros par la France/Réunion, ce programme vise à appliquer une véritable stratégie de protection des végétaux au niveau régional. Celle-ci comporte plusieurs objectifs : le développement de la production et l’augmentation des revenus des agriculteurs en luttant contre les ennemis des cultures ; l’accès aux marchés régionaux et extérieurs (ceux de l’Union européenne en particulier) grâce à l’amélioration sanitaire des produits ; la protection de l’environnement, primordiale dans un contexte insulaire.
Afin de réaliser ces objectifs, cinq grandes activités sont mises en œuvre. C’est ainsi que la mise en réseau des différents opérateurs de la protection des végétaux permettra un échange permanent de connaissances et d’informations. Ce réseau sera animé par le Pôle de protection des plantes de Saint-Pierre (Pôle 3P), illustrant une coopération Sud-Sud. Le projet vise aussi le développement d’un langage régional commun en matière de protection des végétaux grâce à une harmonisation des législations phytosanitaires. Il va même plus loin que la protection des cultures car il prend en compte les exigences de la préservation de l’environnement et la protection des consommateurs par le biais des contrôles de qualité des produits végétaux et des pesticides. Enfin, par la vulgarisation, il aidera les agriculteurs à augmenter la qualité et la quantité de leurs produits.
Le projet fait suite à un autre projet de la COI concernant la lutte contre la mouche des fruits qui a été mis en œuvre entre 1997 et 2000, et s’articule avec d’autres programmes concernant les autres pays ACP et les programmes nationaux existant à La Réunion, à Maurice, à Madagascar, aux Comores et aux Seychelles.

Wilfrid Bertile : « un programme exemplaire »
Lors de la présentation officielle du Programme régional de protection des végétaux, le secrétaire général de la COI, Wilfrid Bertile, s’est adressé au vice-Premier ministre mauricien, au délégué de la Commission européenne.

En effet, la COI - organisation régionale intergouvernementale regroupant quatre États indépendants (les Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et une région européenne ultra-périphérique, La Réunion) - a mis en œuvre des programmes régionaux d’envergure concernant la météorologie, la recherche, le tourisme, les échanges commerciaux, la pêche, la protection de l’environnement, la culture, la santé, l’enseignement supérieur, la lutte contre le SIDA ou les marées noires, l’agriculture.

Depuis deux ans, pas moins de 19 programmes représentant près de 70 millions d’euros ont été lancés, financés principalement par l’Union européenne, des organisations du système des Nations Unies ainsi que de la France, rappelle Wilfrid Bertile. « La COI ajoute une fonction de mission puisqu’elle se comporte comme une organisation régionale de proximité qui défend, dans les forums internationaux, avec d’autres organisations régionales, la spécificité des petits États insulaires ». Cette action qui se mène aussi bien auprès de l’OMC que dans le cadre de la mise en œuvre des Accords de Cotonou est reconnue au plan international. « La COI a en effet été désignée comme structure de coordination régionale pour l’Atlantique, la Méditerranée, l’océan Indien et le Sud de la mer de Chine afin de préparer la réunion des Petits États Insulaires en développement qui doit se tenir à Maurice en 2004 dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action de la Barbade ».

L’agriculture, point fort de l’économie "régionale"
Dans les pays membres de la COI, l’agriculture, constituant l’un des piliers de l’économie mauricienne avec le tourisme et l’industrie, fournit à La Réunion plus de 80% de ses exportations et regroupe encore la majorité de la population active à Madagascar et aux Comores.

Le Programme régional de protection des végétaux doit à la fois « permettre une diversification des cultures par le développement des productions horticoles, protégées des ennemis des cultures, la conquête de marchés régionaux ou extérieurs, grâce au respect de normes phytosanitaires, la préservation de l’environnement par la lutte biologique ou le bon usage de pesticides ». Pour cela, le secrétaire général de la COI juge nécessaire la mise en œuvre d’« une véritable stratégie régionale de protection des cultures comprenant un réseau d’opérateurs de protection des cultures, une harmonisation régionale des législations, des contrôles de qualité des matériels végétaux et des pesticides, une meilleure connaissance en protection des végétaux grâce à la recherche, la formation et la vulgarisation », prévue par le Programme, qui doit s’harmoniser avec les programmes nationaux existant aux Comores, à Madagascar, à Maurice, à La Réunion et aux Seychelles ainsi qu’avec le Programme initiative pesticides financé par l’Union européenne, possible grâce au protocole de collaboration existant entre la COI et le COLEACP.

« Le Programme régional de protection des végétaux apparaît ainsi comme un programme exemplaire puisqu’il conforte ce qui est fait au plan national, poursuit le projet "mouche des fruits" réalisé par la COI entre 1997 et 2000 » et « se coordonne avec des programmes d’autres pays d’Afrique et même de l’ensemble des pays ACP », conclut Wilfrid Bertile.


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