Emploi

Le C.E.S., maillon du parcours d’insertion

L’AGIDESU touchée par les mesures gouvernementales

13 août 2003

L’AGIDESU est l’association qui ’porte’ le PLIE (Plan local d’insertion économique). Comme d’autres associations, elle est touchée de plein fouet par la mesure du gouvernement de baisser le nombre de CES ou CEC pour le deuxième trimestre. Mais, à la différence de certaines associations, de part son objectif même, le contrat emploi solidarité qu’elle propose aux Portoises et Portois n’a pas pour vocation d’être un emploi précaire, mais est le maillon du parcours d’insertion.

Le PLIE travaille à l’insertion « des publics les plus éloignés de l’emploi » pourrait-on dire, question de reprendre la terminologie des technocrates, qui n’est pas celle de Charles Grondin, directeur de la structure. En effet, il préfère parler de « parcours d’insertion des personnes ayant eu des difficultés d’emploi ». Et ce n’est pas qu’une question sémantique, c’est une façon de positiver les choses, de ne pas stigmatiser ces personnes. « Qui dit parcours, dit forcément étapes ». Le CES est l’une de ces étapes.
Pour la quarantaine de personnes qui en ont eu un avec l’AGIDESU, ce contrat a été validé par les services de l’État fin 2002, dans le cadre d’une programmation comportant plusieurs volets. Ces CES sont proposés pour des « chantiers d’utilité sociale », avec deux objectifs : non seulement apporter un peu d’activité, mais surtout mettre le pied à l’étrier pour les personnes n’ayant jamais travaillé et voulant mettre en valeur leurs compétences.
Et c’est cette mise en valeur qui est importante, car la vie a fait en sorte que ces personnes ont tellement été dévalorisées, qu’elles ne savent pas qu’elles ont des compétences. Et pas uniquement à cause du fait qu’elles n’ont pas bénéficié des conditions pour qu’elles mettent celles-ci en avant.
Cet aspect social du CES est primordial pour Charles Grondin : « il est très difficile pour une personne qui n’a pas de "statut" de déclencher le financement d’une formation » ; ce "statut" est aussi bien celui de demandeur d’emploi (et donc être inscrit à l’ANPE et aux ASSEDIC), soit éventuellement celui d’attributaire du RMI. Or, quand on a eu un contrat emploi solidarité, quand bien même il est de très courte durée (5,5 mois au minimum), il ouvre (pour l’instant) des droits aux ASSEDIC. Et ce n’est pas l’indemnisation qui est la plus importante, mais le fait que cette première expérience « redonne la confiance nécessaire » et permet aussi de décrocher l’ARE (allocation de retour à l’emploi), donc intégrer ce cursus. « Le CES n’est pas alors un travail pour un travail, c’est un maillon du dispositif d’insertion ».
En 2002, l’AGIDESU a signé une quarantaine de contrats emploi solidarité. Elles et ils travaillent dans le secteur de la petite enfance, et ce petit moment d’activité professionnelle est le premier pas vers un emploi dans le secteur de l’aide et de l’accompagnement à la personne. Autre exemple : celui de cette quinzaine de femmes de la Ravine à Marquet (ex cité RN4) qui travaillent sur leur projet : à partir de leur savoir faire, se lancer dans l’artisanat. Ou celui dénommé AEG qui est un cursus financé par l’Europe (mais aussi la Région et le Département) permettant l’accompagnement des personnes âgées. « Les personnes vont vers une qualification d’aide à la personne, avec un tronc commun : enfant, handicapé, personnes âgées, puis des spécialisations ».

Projet cassé

Le danger de la suppression d’une grande partie du nombre de contrats possibles frappe donc aussi l’AGIDESU, non parce que des personnes ne vont pas pouvoir travailler, mais parce que cela casse brutalement - et souvent, malheureusement, inexorablement - leur parcours d’insertion. « Ces femmes ou ces hommes ont commencé il y a six mois ou un an, parfois deux ans, leur parcours d’insertion. Leur projet de vie, leur projet professionnel est cassé net, et il faudra beaucoup de temps pour ré-enclencher cette dynamique » poursuit Charles Grondin. La redynamisation, la reprise de confiance en soi est réellement une épreuve de longue, de très longue haleine.
Et ce sont non seulement des projets personnels qui sont atomisés, mais aussi des projets communaux (clôture du cimetière, le verger... ou d’autres projets "Ville et Port"). Ces "chantiers formation" sont des paliers de professionnalisation, qui ont le mérite de réunir à la fois expérience pratique et apprentissage théorique. Ce qui n’existe pas, généralement, dans d’autres contrats CES où c’est le travail qui est privilégié, ou les stages de formation, où c’est uniquement la théorie.
Ce que met en place l’AGIDESU, en travaillant avec les partenaires, c’est l’établissement d’une relation entre des personnes ayant des qualifications - même s’il leur en manque - et une structure qui emploiera, à plus ou moins court terme, ces personnes. Des personnes « ayant eu un accident de vie »
, pour reprendre l’expression de Charles Grondin, qui ont besoin de temps pour prendre leurs marques, acquérir confiance en soi, expérience, connaissance... « Le CES, chez nous, c’est donc un moyen d’insertion » et non une sorte de "solution de dépannage" avant "d’aller plus loin".
Là aussi, la décision gouvernementale est lourde, très lourde de conséquences. Essentiellement humaines.


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Messages

  • bonjour jmaierai bien faire un ces travailler avec les enfants cest ce que jai toujours voulu jadore les enfants cest pour ça que jen ai 5


Témoignages - 82e année


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