Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Leu Tempo Festival
"Arbeit, Hinz et Kunz" dans l’Est, dans l’Ouest et dans le Nord
3 mai 2003

« Arbeit démarre presque dans le vide. Au beau milieu d’une usine d’emballage, dans un décor fragile de papier kraft ; Kunz, alias Nikolaus, apparaît voguant sur une palette... ou bien est-ce un radeau ? Il rencontre Hinz, alias Julien Asselin. Un homme en bleu de travail les a amenés là. On comprendra plus tard qu’il est le musicien du spectacle. il donne le ton, le rythme, il fait la pluie et le beau temps sur l’île.
Hinz et Kunz ont la volonté d’aller l’un vers l’autre, mais ils se heurtent à des obstacles et la rencontre devient compliquée. Leurs difficultés s’expriment par le corps, comme par les mots, qui sont simples mais très importants. Puis, une boule rouge apparaît sur scène et la poésie envahit le plateau. Tout devient gaieté et attention à l’autre. Il y a de la violence, de l’amour, une adresse clownesque directe, du comique et beaucoup de rythme. Le cirque dans toute sa densité. A la fois dépouillé et magique ».
Tel est l’argument et l’annonce du spectacle proposé aux Bambous (hier soir, aujourd’hui à 16 heures, et samedi 10 mai à 20 heures 30), à La Ravine (jeudi 8 et vendredi 9 mai à 20 heures) et à la salle Vladimir Canter le mardi 13 mai.
Pour Jean Kabaré du K, comme pour Frédéric Robin du théâtre des Bambous, « c’est un honneur et une première d’accueillir cette compagnie ». « Un vrai coup de cœur » qu’ils souhaitent, dans le cadre de la semaine du Leu Tempo Festival, partager avec toute La Réunion.
Nous avons rencontré la compagnie Pré-O-C-Coupé à la cafétéria de l’université. Il y a Nikolaus, ancien étudiant du Centre national des arts du cirque qui a fait ses premières armes chez Archaos et au Cirque Baroque avant de se lancer dans ses propres pièces solo, comme "Parfois, j’ai des problèmes partout" en 1993 et aujourd’hui avec "Arbeit, Hinz et Kunz", une composition imaginée avec Jörg Müller et Christian Lucas, le metteur en scène. Hinz est interprété par Julien Asselin, acrobate, homme de théâtre, qui s’est tourné vers la Commedia dell’arte, et vers le cinéma. Le troisième homme c’est Olivier Manoury, musicien, bandonéoniste professionnel depuis 1979, il travaillant avec différentes formation. Il s’est lancé dans l’aventure du cirque avec "Parfois j’ai des problèmes partout", de Nikolaus.
Nikolaus, alias Kunz, nous expliquait : « Je travaille le personnage du clown, et je suis jongleur. Mon travail est très fragile, je fais des recherches autour de la chute, que je détourne pour supprimer le poids, le temps. Ce travail très fragile autour du doute me permet de faire quelque chose de constructif. Une construction qui se déconstruit pour ne rien faire. Pour moi le cirque, c’est travailler, et ce n’est pas jouer ». « L’autre personnage interprété par Julien n’est pas du tout dans la même conception. moi je travaille, lui il joue », poursuit l’acteur, « c’est l’histoire d’une impossible rencontre, car Hinz et Kunz sont diamétralement opposés sur un espace réduit. Mais ils on la volonté d’être ensemble, grâce à l’aide du musicien. C’est tragique, c’est drôle ». Ce qui donne envie d’en voir beaucoup plus, même si les décors, en retard de livraison, ont dû dans l’urgence être remplacé, recrées. Un défi supplémentaire relevé aussitôt.
Courrier des lecteurs
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