À 19 heures 55 sur Tempo : ’Quo Vadis’

Le début de l’ère des chrétiens

17 novembre 2005

Film américain de Mervyn Leroy avec Robert Taylor, Déborah Kerre, Leo Genne, Peter Ustinov.

En 64, après une campagne victorieuse contre des peuples celtes d’Angleterre, Marcus Vinicius regagne Rome, à la tête de ses légions. À son retour, il rencontre une esclave chrétienne, Lygia, s’éprend d’elle et décide de l’acheter. Mais si la jeune femme lui appartient désormais, elle refuse toujours de céder à ses avances. Résolu à gagner, sinon son amour, au moins son respect, il la libère. Lygia, touchée par le geste, emmène Marcus à une réunion de chrétiens, où ce dernier écoute avec intérêt le sermon de l’apôtre Pierre. Mais bientôt, Néron, l’empereur fou, fait incendier Rome et accuse les chrétiens du forfait...

"Christ, donne lui la force de vaincre ! Tant que l’Homme n’a pas atteint ses limites, il se prend pour un dieu et rejette même l’idée qu’un Autre plus Grand puisse exister. Il cherche toute sa vie a être le dieu de son monde, et si possible le Dieu de ce monde. Mais la réalité le ramène à plus d’humilité et donc de vérité".
Cette phrase tirée du roman "Quo Vadis" illustre à elle seule la philosophie de ce péplum. J’ai dit "péplum" car c’est ainsi que l’on nomme ces films dont l’action se déroule dans l’antiquité entre la période où l’on se reconnaissait adorateur de plusieurs dieux et celle du christianisme. Mais si tous les ingrédients d’un bon péplum sont réunis dans "Quo Vadis", je pense que cette œuvre est bien plus que cela, et au-delà de l’histoire d’amour et des jeux du cirque, on y découvre les débuts d’une prise de conscience que l’Homme est bien autre chose que ce que l’on veut faire transparaître dans la réalité de l’époque.
Dans "Quo Vadis", que ce soit dans le roman ou dans le film, on voit poindre un frémissement d’humanisme dans l’époque qui s’achève. C’est le début d’une nouvelle ère, celle des chrétiens. Ce film tout en puissance est rentré dans l’histoire du cinéma comme un des plus grands péplums aux côtés de “Ben Hur”, et malgré quelques erreurs historiques qui ne nuisent pas au déroulement de l’histoire, nous serons totalement bouleversés par cette aventure épique.
Il faut rendre hommage particulièrement au jeu de Peter Ustivov qui joue le rôle de Néron. Il est à la fois drôle, cynique et fou.
Je terminerai par cette phrase qui fut longtemps dite sur "Quo Vadis : "Tous ceux qui n’ont pas aimé ce film ne savent pas ce qu’est un chef-d’œuvre".

Philippe Tesseron

http://www.espaceblog.fr/teletesseron/


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