Culture

Le doyen de la musique mauricienne

• Michel Legris en tournée promotionnelle dans notre île

16 août 2003

« Non ce n’est pas mon dernier album ». À 72 ans, Michel Legris n’a pas fini de faire danser son public. En conférence jeudi dernier au Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA), entouré de Bee Vedachellam (Méli Mélo) et de Jean-Leu Rampierre (Top Réunion) qui ont organisé sa venue à La Réunion, Michel Legris salue tous ses fans. Ses chansons connaissent un bon succès à La Réunion. Il passe aussi le bonjour aux artistes réunionnais qu’il connaît comme Maoul, Danyèl Waro, Ti-Fock…
Si ce n’est pas le dernier, "Dalma Dalma" est en tout cas le nouvel album de cet artiste considéré comme le doyen de la musique mauricienne. Résolument séga, il est venu pour faire danser toute La Réunion en se produisant dans plusieurs boîtes de nuit.
Malgré une longue carrière (voir encadré) et de nombreuses créations, "Dalma Dalma" n’est que le troisième CD de Michel Legris, après "Destin" et "So lané la". "Dalma" signifie "dalon", "kamarad"…
Le chanteur et musicien est aussi fabricant d’instruments traditionnels. Il a fait la soirée d’inauguration du Festival de musique de l’océan Indien, à Maurice. Plusieurs dates de concerts sont également prévues pendant les Jeux des îles de l’Océan indien. Au cours de sa carrière, Michel Legris s’est produit partout dans le monde, aussi bien en Europe, qu’en Amérique, en Inde, à Madagascar, Mayotte….

Une tournée dans les boîtes de nuit

"Dalma Dalma" est un album hommage à plusieurs de ses amis dont les chansons portent les noms. C’est un album sur l’amitié. Un album de huit titres produit par Méli Mélo à l’île Maurice. Il reprend notamment dans le titre "Dalma Dalma", qui est un pot-pourri, trois chansons de Ti Frèr et cinq titres de son répertoire.
Sur ce nouveau CD, le public découvrira "Alicia", "Mamalo", "Pierre Mogolant", "Ti Zozèf", "Marie-Noël", "Élizabeth" ou encore "Wé wé na conéda". Des titres dédiés à la fête et à la danse, dans un séga authentique, sincère et arrangé avec les sonorités et les moyens de notre époque.
Pour Méli Mélo, « le plus émouvant est la puissance vocale de ce chanteur hors-pair qui ne laisse pas indifférent ».
C’est ce qu’a pu juger le public jeudi soir au Roz D Zil à Sainte-Rose où Michel s’est produit à onze heures, ainsi que les danseurs du Coco Danse à Saint-Pierre vers minuit et demi et ceux des Roches Noires à Saint-Gilles aux alentours des deux heures du matin. Hier, Michel Legris était présent à la Braderie Commerciale de Saint-Denis à seize heures et à l’Apollo Night à une heure du matin. Ce soir, il jouera au Pacifique Club (Tampon) à minuit et demi, et au Moulin Rouge (Saint-Joseph) à deux heures du matin. Sa tournée se terminera à Saint-Pierre au Chapiteau dimanche à dix-huit heures.

« Pas de musique, pas de guérison »

Nous avons cherché à savoir quel regard Michel Legris porte sur la création actuelle dans l’océan Indien. Il s’est montré très enthousiaste : « Fodré la zénès absoluman i konpran. La musique c’est le meilleur médicament. Pas de musique, pas de guérison ».
Il observe « une belle révolution dans les musiques de l’océan Indien, avec une fusion de tous les instruments. Aujourd’hui tout peut se joindre ensemble. Toute la muzik pé kosté ansanm. La zénès na tout matériel, mwin sré byin kontan zot i fé in bon produi ».

Méli Mélo et Top Réunion présentent Michel Legris
Michel Legris est un artiste majeur de l’île sœur. Considéré comme le doyen de la musique mauricienne, il est aujourd’hui l’une des mémoires vivantes de son pays avec ses soixante-douze ans et une carrière riches en événements, en concerts, en rencontres et en créations musicales.
Né en 1931 à Rose Hill dans une famille de quinze enfants, Michel Legris forme à l’âge de l’adolescence un premier orchestre avec ses frères, qui se composait de violons, de guitares et d’un batteur. Ainsi ils se produisaient dans divers endroits de l’île.

Il s’engage par la suite dans l’armée britannique vers 1950, et en 1960 il rencontre un groupe indo-mauricien avec qui il partage pendant onze ans une expérience musicale à travers les cérémonies religieuses, mariages et fiançailles (ghamats).
En 1972, il crée son groupe Étoile d’Or avec ses enfants et la collaboration de Marcelaine Antoine. La même année, il participe à un concours de séga intitulé "Sugar Time" organisé par la MBC et les usines sucrières et remporte le premier prix avec le séga "Mo Capitaine". En 1973, il enregistre son premier 45 tours qui connaît un vif succès à Maurice, et commence à faire parler de lui hors de son pays.
De 1977 à 1997, Michel Legris est à l’apogée de son art et voyage beaucoup à l’occasion de divers échanges culturels avec les pays européens et les îles de l’océan Indien. Avec la collaboration du ministre de la Culture mauricienne, il participe à un grand nombre de concerts en Écosse à l’occasion des Jeux du Commonwealth, à Saint-Malo pour l’inauguration d’un monument à l’effigie de Mahé de Labourdonnais et à New-York lors d’une conférence de l’ONU.


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