Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Quelle mondialisation ?
Pour rattraper les retards et faire face aux défis
19 septembre 2003

Comment lutter contre les inégalités portées par la mondialisation ultra-libérale alors que l’on subit les retards de plusieurs siècles de colonisation, les effets de la loi du tout-marché mondial et que l’on doit faire face à d’importants défis ? À cette question commune à tous les peuples du Sud, La Réunion apporte sa contribution : la revendication d’égalité entre les collectivités locales réunionnaises et les collectivités métropolitaines.
La domination de la mondialisation ultra-libérale amène son lot toujours plus fort d’inégalités, entre riches et pauvres au sein d’un pays, mais aussi à l’échelle de la planète. Les pays du Sud sont confrontés à plusieurs défis. Parmi ces derniers, on relève l’accroissement démographique, la sous-alimentation, une situation sanitaire alarmante et un droit à l’éducation loin d’être garanti pour tous.
Face à cela, alors qu’il serait logique que l’on tienne compte de leur situation pour qu’ils puissent valoriser leurs atouts afin de se développer, ces pays ont beaucoup de mal à faire entendre leur voix au sein de la communauté internationale. Ils représentent pourtant la majorité de la population mondiale. La dernière conférence ministérielle de l’OMC à Cancun (Mexique) en est l’illustration. Les pays du Sud ont tenté sans succès d’amender le texte proposé par les puissances dominantes.
La revendication des peuples victimes du partage inégal des richesses dans le monde est simple : arriver à améliorer leur niveau de vie. C’est un moyen de combler les retards provoqués par plusieurs siècles de colonisation, de traite esclavagiste, de pillage du tiers-monde et de domination de la loi du tout-marché. L’exigence des peuples est la mise en œuvre de l’égalité à l’échelle de la planète.
Mais le résultat de la mondialisation ultra-libérale se situe à l’opposé de cette revendication : les inégalités ne cessent de s’accroître. Dans cette lutte, La Réunion apporte aussi sa contribution à une autre mondialisation.
En effet, au sein de la République, notre île est confrontée à des défis uniques et à nul autre pareils, liés à son accroissement démographique. Dans le même temps, notre niveau de développement n’est pas égal à celui des autres régions de la République. Plusieurs droits humains tels que celui de travailler, de se loger, de bénéficier d’une éducation sont bien moins respectés ici qu’en France.
Nous devons alors non seulement résoudre ces problèmes immédiats, tout en sachant que des défis sans commune mesure avec ce que nous avons connu nous attendent : augmentation sans précédent de la population active, obligation de construire autant de logements en 30 ans qu’il en existe aujourd’hui, garantir le droit à une formation pour tous alors que 40% des Réunionnais ont moins de 20 ans, etc…
Ici se pose la question des moyens : comment allons-nous faire face à cela ? Une réponse peut être l’application de l’égalité collective car en tant que citoyens de la République, les Réunionnais doivent avoir les mêmes droits que les autres. C’est une bataille pour le droit au respect. Mais on constate aujourd’hui que devant l’ampleur de la tâche, les moyens dont bénéficient les collectivités locales de notre île ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Prenons un exemple que tout le monde connaît : la construction des collèges et des lycées. Au moment de la décolonisation, la majorité de la population réunionnaise était illettrée. Aujourd’hui encore, malgré tous les efforts accomplis, 100.000 personnes sont exclues de la lecture et de l’écriture. Dans le même temps, le nombre de jeunes scolarisés ne cesse d’augmenter. Pour suivre cette évolution, des établissements scolaires doivent être construits. Pour les collèges et les lycées, cette compétence est transférée respectivement au Conseil général et à la Région. Or les deux collectivités doivent faire face à l’insuffisance des transferts financiers de l’État pour faire face à cette responsabilité. Cet écart entre la dotation et la somme investie par les collectivités dans les nouveaux établissements risque de croître si rien ne change. Pourtant, au nom de l’égalité collective, la part de l’État dans les investissements devrait être la même sur tout le territoire de la République, en tenant compte de la situation démographique et des retards en équipements.
Autre exemple : celui de la fonction publique territoriale. À La Réunion, les fonctionnaires territoriaux titulaires de leur poste sont une minorité dans les services des collectivités. Cette proportion est inversée en France. La lutte menée par les journaliers communaux et les propositions des collectivités réunionnaises doivent alerter l’État quant à la nécessité de garantir aux Réunionnais le droit à la même fonction publique territoriale que celle des autres citoyens de la République. Cela implique davantage de moyens transférés par l’État aux collectivités pour régler ce problème dont elles ne sont pas à l’origine. Cette revendication est d’autant plus forte qu’elle se situe dans un contexte de désengagement de l’État. Avec la décentralisation proposée par le gouvernement, les moyens déjà insuffisants ne risquent-ils pas de diminuer ? Et vers qui le citoyen ne manquerait-il pas de se tourner en cas de problème ? Probablement les élus locaux, alors que le responsable de cette inégalité se serait désengagé.
C’est dans ce sens que l’on peut apprécier l’aspect novateur de la revendication d’égalité collective. Avoir les mêmes droits alors que l’on subit les retards d’une longue période de colonisation et que l’on va vers un accroissement démographique sans précédent. C’est pourtant une revendication qui est reconnue au sein de l’Union européenne dans le Traité d’Amsterdam avec le statut de région ultrapériphérique, et qui est en bonne voie pour figurer dans la future Constitution européenne. Elle montre que les pays du Sud doivent bénéficier d’une discrimination positive. C’est une nécessité pour un monde plus juste, c’est une question de respect.
| Le coton dans les négociations pour les accords ACP/Union européenne |
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| Le résultat de la conférence ministérielle de l’OMC à Cancun, au Mexique, n’aura aucune incidence sur les négociations pour la conclusion des Accords de partenariat économique (APE) qui doivent s’ouvrir, en octobre prochain, entre l’Union européenne et deux régions ACP, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a indiqué mardi à Bruxelles le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy. Selon le calendrier prévu, les deux régions ACP doivent tenir, de 2003 à 2007, des négociations commerciales avec l’Union européenne en vue de la conclusion des APE dont l’objectif est la création, à terme, de zones de libre-échange entre l’Union européenne et ces entités régionales ACP. Mais tant que les négociations commerciales multilatérales ne seront pas conclues à l’OMC, les nouvelles règles commerciales internationales ne pourront pas être définies, ce qui ne pourrait que compliquer la tâche des négociateurs ACP et UE pour les APE. On peut, d’ores et déjà, prévoir les difficultés qui surgiront sur le coton, une matière première produite par pratiquement tous les pays de l’entité régionale ACP de l’Afrique de l’Ouest. En effet, l’absence d’accord sur le coton est en partie la cause du résultat de la conférence de Cancun. Les quatre pays promoteurs de "l’Initiative sectorielle en faveur du coton" (Tchad, Mali, Burkina Faso, Bénin) ne manqueront pas de demander, à l’occasion des négociations pour les APE, l’élimination des subventions agricoles dans le secteur du coton. Ce qui complique l’équation, c’est que l’Union européenne (Grèce et Espagne) ne compte que pour 2% de la production mondiale du coton, contre plus de 60% pour les États-Unis, le plus gros exportateur mondial de ce produit, et qui subventionnent pour 4 milliards de dollars par an leur filière cotonnière. En conséquence, un accord sur le coton entre l’Union européenne et les pays de l’Afrique de l’Ouest n’aura qu’un effet très limité pour les pays producteurs africains. Le poids politique des agriculteurs américains est tel que le gouvernement fédéral des Etats-Unis n’osera jamais décider le démantèlement total des subventions agricoles. Il reste l’option des compensations financières exigées par les pays promoteurs de "l’Initiative sectorielle en faveur du coton" qui demandent 1 milliard de dollars par an à défaut du démantèlement des subventions agricoles par les États-Unis et l’Union européenne. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, ces pays ont la possibilité de porter l’affaire devant l’organe de règlement des différends, au niveau de l’OMC, parce que les subventions agricoles, à la production et à l’exportation, créent des distorsions à la concurrence sur le marché mondial du coton. La production d’une tonne de coton aux Etats-Unis revient à 660 dollars contre 250 dans les pays africains, lesquels en plus, produisent un coton de meilleure qualité. Alors que dans les quatre pays africains : Tchad, Mali, Burkina Faso, Bénin, la production cotonnière a augmenté de 14% en quatre ans, les recettes d’exportation ont baissé de 31%, entraînant, pour les producteurs, une chute de revenus de 50%. Si le différend est porté devant le panel d’arbitrage de l’OMC, le règlement de l’affaire risque de durer des années et les compensations que les pays africains peuvent en attendre risquent d’être de loin inférieures à la somme d’un milliard de dollars par an qu’ils exigent aujourd’hui. |
| Les Femmes de l’ANC préparent une marche en faveur d’Amina Lawal |
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| Le Mouvement des Femmes du Congrès National africain (ANC) a annoncé qu’il devait organise hier une marche vers le Parlement pour exiger l’annulation de la peine de mort prononcée contre Amina Lawal, une femme nigériane condamnée à la peine capitale par un tribunal islamique appliquant la Charia. Le Mouvement des Femmes, qui a demandé mardi à toutes les organisations féminines, aux ONG et aux organismes religieux de se joindre à la campagne pour sauver la vie d’Amina, a indiqué qu’il remettrait également une pétition au cabinet du président Thabo Mbeki. « En tant que femmes progressistes, nous estimons que les droits des femmes sont des droits humains. Nous (...) pensons qu’il faudrait accorder le pardon à Amina afin qu’elle puisse mener une nouvelle vie », a dit Zodwa Magwaza, secrétaire du mouvement des femmes de l’ANC de la province du Cap Ouest. « Joignez-vous à nous pour exprimer votre colère. Que l’on entende la voix des femmes au niveau de l’Union africaine, du Nigeria et dans le monde entier », a-t-elle déclaré, mardi. Le mouvement prévoit également un meeting demain pour discuter des violences faites aux femmes, une collecte de signatures dans les centres commerciaux du Cap Ouest, dimanche, ainsi qu’une "Veillée de Nuit", la semaine suivante. |
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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