L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
À 21 heures 40 sur Télé Réunion : ’Musiques et danses de Bourbon’
27 décembre 2005

Avec ’le Groupe Folklorique de La Réunion’.
Documentaire de 52 minutes. Une coproduction ANAA productions / RFO Réunion avec le soutien de la Région Réunion et du CNC.
Réalisation : Monique Ninio et Michel Minaud.
Le Groupe Folklorique de La Réunion a été créé à une époque (les années 60) où on commençait à oublier, à La Réunion, les origines si joliment mêlées des musiques et des danses créoles réunionnaises.
À cette époque, les cariats mangeaient les dernières miettes des dernières robes de danses dans les greniers ; la musique “yéyé” mettait au placard le séga.
En réaction, pour aider à maintenir en vie des traditions devenues en partie "ringardes", Bernadette Ladauge et ses amis ont monté une troupe, produit des spectacles, édité des disques, publié des livres et des partitions musicales, formé des générations de chanteurs et chanteuses, de danseurs et danseuses.
Jouant le jeu du tourisme de style "Club Med", pour financièrement survivre - et également se faire connaître et progresser - ils ont initié une recherche sur les origines du métissage musical réunionnais.
Ils ont collecté, dans l’île et hors de l’île, costumes, instruments de musique, documents écrits, photographies, partitions, et... ; ils ont fait connaître le séga et le quadrille créole au public international, lors de nombreuses tournées et festivals en Europe, dans l’océan Indien et jusqu’en Amérique du Nord.
Ce documentaire qui fait une large place aux danses et aux musiques traditionnelles de Bourbon, veut rendre honneur au travail de Bernadette Ladauge et de ses amis qui ont eu le mérite d’aller aux sources de toutes les musiques et danses créoles réunionnaises, sans faire de hiérarchie, et sans esprit sectaire.
La Réunion, "un véritable vivier de créations artistiques"
Face au “lissage” culturel engendré par la mondialisation, Bernadette continue le combat pour la transmission de tout ce qu’elle a appris, sans oublier le droit à tous les métissages. Depuis la rentrée, elle enseigne les danses traditionnelles à l’Université de La Réunion. Son cours suscite un engouement qui la réjouit. En 3 semaines, ses effectifs sont passés de 10 à 40...
En avant-première pour la presse, j’ai pu visionner ce documentaire, et la réaction que j’ai eue, c’est que décidément, notre île est un véritable vivier de créations artistiques.
Ce type d’émission, qui de plus en plus occupe la grille des programmes de la station du Barachois, faisait cruellement défaut et voilà qu’en fin d’année, le service public réveille un peu les énergies et c’est tant mieux. Bernadette Ladauge, présente à cette projection, est restée égale à elle-même. Je dois bien avouer que par instants, dans le studio, une impression de stéréo amplifiait un peu plus la portée de ce documentaire fouillé, un peu désordonné mais ethnologiquement intéressant.
C’est à un véritable cours de folklore que nous avons assisté, car comme le dit si bien Madame Ladauge : "Le folklore c’est l’expression d’un peuple". Pendant la projection de ce reportage, la preuve nous en sera faite.
Le folklore "n’est pas mort mais en devenir"
Madame Ladauge, pour développer son idée, dit en substance que si en France métropolitaine le folklore est rangé comme un souvenir vieillot, à La Réunion, le folklore est présent à tous les instants, il s’exprime dans le temps présent car le peuple réunionnais vit, il n’est pas mort mais en devenir.
J’ai particulièrement apprécié une métaphore qu’elle a employée pour expliquer qu’auparavant, personne n’aurait parié un kopeck sur la musique réunionnaise : "le folklore, c’est comme le cary, on n’aurait jamais pensé ouvrir un restaurant qui affiche ce type de cuisine à sa carte", et pourtant, tout comme le cary, la musique réunionnaise vit, s’affiche et c’est de cela dont il sera question ce soir.
Je ne voudrais pas trop “mettre en l’air” Madame Ladauge qui m’a promis mille mots si je parlais plus d’elle que de tous ceux qui ont forgé par des paroles, des accords, des notes, ce qui fait l’identité réunionnaise, mais je ne peux passer sous silence le travail extraordinaire réalisé par cette grande dame de la musique réunionnaise. Désolé Madame, mais est-ce ma faute à moi si vous êtes la véritable gardienne du temple ! Aux côtés de tous vos amis, vous réalisez un bien beau travail, et lorsque que se pointe en avant de la scène un nouveau talent, on ne peut effacer le fait que si cette musique vit, c’est que sa source est précieusement gardée pour que ces petits jeunots viennent y puiser la sève de succès à venir.
Je terminerai en disant mon émotion lorsque j’ai vu les images d’Alain Peters sur la scène du Théâtre de Champ Fleuri, diminué par sa souffrance, dans un fauteuil roulant ; 2 mots se sont imposés à ma pensée : "Une guitare, une voix". Désolé d’égratigner votre modestie, mais ce moment d’émotion, c’est bien à vous que je le dois, Madame Ladauge.
Philippe Tesseron
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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