Social

Le P.C.R. « dénonce vigoureusement cette nouvelle atteinte à un acquis social »

Changement des conditions d’attribution de l’allocation de solidarité spécifique

22 septembre 2003

Après l’application de nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs inscrits à l’ASSEDIC, le gouvernement décide de de changer les conditions d’attribution de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). En apportant des modifications au régime de l’ASS, « la décision gouvernementale va aggraver la situation des exclus de l’ASSEDIC en restreignant leurs possibilités de survie », indique le Parti communiste réunionnais. Au 1er janvier, les nouvelles règles d’indemnisation par l’ASSEDIC vont pousser des milliers de personnes vers le RMI, le changement des conditions d’attribution de l’ASS également. « Par sa mesure, l’État se prépare à transférer au Département une grande partie du financement du système d’indemnisation des chômeurs inscrits au régime solidarité de l’ASSEDIC. Ainsi La Réunion va se retrouver appauvrie », précise le PCR qui « dénonce vigoureusement cette nouvelle atteinte à un acquis social et appelle l’ensemble des Réunionnaises et des Réunionnais à réagir de la manière la plus appropriée qui soit ».

Nous publions ci-après le communiqué du PCR diffusé samedi

« Face aux difficultés qu’il rencontre pour équilibrer le budget de l’État, le gouvernement vient de décider, tout en poursuivant une politique de cadeaux fiscaux aux ménages les plus aisés, de faire des économies sur le dos des chômeurs. Il a décidé de changer les conditions d’attribution de l’allocation de solidarité spécifique (ASS).
Cette allocation est versée sans condition de délai à tout allocataire de l’ASSEDIC ou du secteur public cessant d’être indemnisé, qu’il ait ou non épuisé les durées maximales d’indemnisation. Elle est plafonnée à 406 euros par mois et est censée compléter les revenus (allocations familiales, par exemple) des bénéficiaires, pour atteindre un revenu de 950 euros mensuels pour une personne seule et 1.492 pour un couple. L’ASS est pour l’heure versée pour une durée illimitée, sous réserve d’un réexamen du dossier tous les six mois.
Le gouvernement vient de décider que son versement sera limité à deux ans pour les futures allocataires (à partir du 1er janvier 2004) et à trois ans pour ceux qui reçoivent déjà l’ASS, cette disposition entrant, elle, en vigueur le 1er juillet 2004.
Au mois de juillet de cette année, on comptait à La Réunion, 12.572 personnes à l’ASS, contre 317.480 en Métropole. Soit, en regard des populations respectives, une proportion nettement plus forte dans notre île que dans l’Hexagone.
Actuellement, quand ils arrivent en "fin de droits", les chômeurs indemnisés par l’ASSEDIC ont trois possibilités. Certains d’entre eux entrent dans le régime de solidarité (qui comprend notamment l’ASS) ouvert aux demandeurs d’emploi justifiant de cinq années d’activité salariée dans les dix ans précédant le chômage. D’autres se retrouvent au revenu minimum d’insertion (RMI) et d’autres perdent tout droit à indemnisation.
Par sa décision, le gouvernement a voulu anticiper sur les conséquences d’une autre mesure dont il a été beaucoup question ces jours-ci. À partir du 1er janvier 2004, de nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs inscrits à l’ASSEDIC seront appliquées : la période pendant laquelle ils pourront être indemnisés à été considérablement réduite. Du coup, dès le 1er janvier, une grande majorité d’entre eux se seraient retrouvés sous le régime de l’ASS. En apportant des modifications à ce dernier, la décision gouvernementale va aggraver la situation des exclus de l’ASSEDIC en restreignant leurs possibilités de survie. La grande majorité de ces chômeurs vont se retrouver au RMI, avec des revenus nettement inférieurs à ceux qu’ils percevaient.
Certaines estimations évaluent autour de 13.000 le nombre de personnes qui, à La Réunion, perdront leur allocation-chômage dès la mise en application des nouvelles dispositions, le 1er janvier prochain. Dans leur grande majorité elles vont basculer dans le RMI.
Cette nouvelle disposition intervient dans un contexte social tendu, marqué par la suppression des emplois-jeunes et des aides-éducateurs, la diminution programmée des CES et emplois dits aidés, la baisse de 35% des crédits de la LBU qui entraînera un diminution du nombre d’heures de travail dans le BTP et toute l’incertitude concernant le sort des employés communaux. Or, après avoir connu un léger répit, le chômage a de nouveau tendance à augmenter tandis que les dispositions adoptées dans le cadre de la loi-programme apparaissent, de l’avis d’une grande majorité de Réunionnais, comme sans réels effets dans la bataille pour l’emploi.
La nouvelle mesure va, dès le 1er janvier 2004, augmenter le nombre d’exclus, tout en réduisant considérablement le niveau de vie de milliers de personnes. Elle pénalisera le Conseil général, qui devra inclure dans son budget le coût que représentera pour lui l’augmentation brutale du nombre de érémistes. Cette collectivité devra consacrer à la charge supplémentaire qui lui incombe - la politique d’accompagnement du RMI étant de son ressort - des crédits qu’elle aurait pu utiliser pour d’autres actions. Par sa mesure, l’État se prépare à transférer au Département une grande partie du financement du système d’indemnisation des chômeurs inscrits au régime solidarité de l’ASSEDIC.
Ainsi La Réunion va se retrouver appauvrie.
Le PCR dénonce vigoureusement cette nouvelle atteinte à un acquis social et appelle l’ensemble des Réunionnaises et des Réunionnais à réagir de la manière la plus appropriée qui soit.
Fait le 20 septembre 2003 ».

Les Verts Réunion
« Ce gouvernement s’acharne sur les plus démunis »

Dans un communiqué diffusé samedi, « les Verts-Réunion se joignent aux associations et aux syndicats pour clamer leur indignation devant la décision du gouvernement de réduire l’indemnisation des chômeurs ». « Encore et encore, ce gouvernement s’acharne sur les plus démunis », déplorent les Verts Réunion.
Nos peines
Georges Besson nous a quittés
C’est avec une vive émotion que j’apprends le décès de Georges Besson survenu jeudi dernier.

Cette triste nouvelle m’est parvenue avec un retard important en raison de mon absence de La Réunion.

Je tiens toutefois à m’associer à l’hommage que n’ont pas dû manquer de lui rendre de nombreux Réunionnais en rappelant les combats auxquels il a activement participé, dans des conditions ô combien difficiles.

Arrivé dans l’île en 1956, Georges Besson a enseigné au cours complémentaire [1] de Saint-Joseph, avant de devenir huit ans plus tard inspecteur départemental de l’Éducation nationale. C’est cette période de sa vie que je veux évoquer brièvement. Une période si riche en événements importants.

Dès sa prise de fonction dans le "Sud Sauvage", Georges Besson - qui fait partie des premiers enseignants métropolitains affectés à La Réunion après la seconde guerre mondiale - il se lie d’amitié avec les enseignants progressistes réunionnais qui sont à la direction de la section réunionnaise du syndicat national des Instituteurs (SNI) et de la Fédération des œuvres laïques (FOL). Il apporte à ces deux organisations un précieux soutien dans leur lutte contre la honteuse et ruineuse guerre d’Algérie, contre le gangstérisme électoral orchestré par le pouvoir de l’époque, contre l’odieuse ordonnance du 15 octobre 1960, plus connue sous le nom d’ordonnance Debré, qui frappe de bannissement ceux qui osent s’opposer aux mesquineries préfectorales.

Au cours du premier semestre 1960, Georges Besson participe à la campagne de signatures de pétition contre les lois antilaïques du 31 décembre 1959 parrainées par Michel Debré.

Au SNI - qui traverse à cette époque une période de très forte turbulence _ Georges Besson se fait l’avocat de l’"Unité", afin que cette organisation soit en mesure de jouer son rôle de "phare de la classe ouvrière".

À la FOL, considérée par le préfet Jean Berreau-Pradier comme une organisation subversive aux ordres du PCR et donc de l’étranger - Georges Besson, suivi de quelques rares métropolitains, dont la direction départementale de la Jeunesse et des Sports Eugène Raude, dénonce les manœuvres préfectorales visant à asphyxier financièrement la plus puissante organisation laïque de l’île.

Comment ne pas ajouter, qu’en sa qualité d’inspecteur de l’Éducation nationale, Georges Besson a remarquablement formé les centaines d’instituteurs dont l’île avait besoin au cours des années 1960 et 1970.

À l’heure de l’ultime adieu qui est aussi l’heure du bilan, je pense affirmer que celui de Georges Besson est très satisfaisant. Que ses fils Serge et Gilles ainsi que leurs proches, y trouvent une consolation au moment où ils sont confrontés à leur douloureuse épreuve. Qu’ils sachent que leur deuil est partagé par les innombrables amis de celui qui nous quitte au terme d’une vie bien remplie.

Eugène Rousse


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