L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
R.M.I. - R.M.A.
En discussion à l’Assemblée nationale aujourd’hui
19 novembre 2003

Va-t-on voir de substantielles modifications être apportées au projet de loi rédigé par le gouvernement, visant d’une part à la décentralisation du RMI et d’autre part, à la création du RMA (revenu minimum d’activité) ? Déjà, lorsque le dossier a été étudié par le Sénat les 26 et 27 mai derniers, le rapporteur, le sénateur non inscrit Bernard Seillier, avait mis en évidence les carences et les imprécisions du texte gouvernemental. Et cela était d’autant plus incompréhensible que c’est le gouvernement lui-même qui avait commandité ce rapport. Ce gouvernement qui, selon une habitude qui lui est chère, n’avait pas attendu les conclusions de l’étude pour rédiger son projet.
Les interrogations du rapporteur du Sénat portaient, par exemple, sur les conditions financières du transfert, sur le montant de ces mêmes transferts, sur le transfert des personnels, sur la compensation aux caisses d’allocations familiales, ainsi que sur les relations entre les intervenants dans le dossier. Il avait également mis en exergue tout ce que le volet "RMA" comportait : un risque d’appauvrissement des contrats en donnant à une simple attestation valeur de contrat d’insertion ; un risque d’éviction des plus démunis confrontés parfois à des engagements irréalistes ; un changement de nature du contrat d’insertion, ce dernier pouvant devenir un engagement à suivre une action précise, et non une mobilisation de la personne et de la collectivité pour atteindre un objectif.
Le sénateur s’était déclaré préoccupé par la question des « garanties offertes aux salariés, notamment en matière de protection sociale ». Les droits seront réduits d’autant, « notamment en matière d’assurance vieillesse et d’assurance chômage ». La question de l’avenir des salariés à l’issue des 18 mois de contrat le préoccupait également. Il notait : « la réussite du RMA exige une mobilisation particulière des moyens de la politique de l’emploi ».
Six mois plus tard, ce sont tout autant d’interrogations et de questions qui sont posées. En effet, lors de ses trois réunions des 12 et 13 novembre, la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a jugé la version présentée par le gouvernement et votée par le Sénat très insuffisante... puisque cette commission a adopté 46 amendements provenant de ses propres membres, dont beaucoup prennent leur source dans le rapport de Christine Boutin.
Laquelle n’a pas hésité à aller contre l’avis des sénateurs. Par exemple, elle a fait adopter par la commission un amendement visant à faire obligation aux départements « d’inscrire à leur budget des crédits équivalant à 17% des sommes versées l’année précédente au titre du RMI pour l’insertion ». La même position a été adoptée par la Commission des finances de l’assemblée.
Dans la ligne de mire de Christine Boutin : la concentration des pouvoirs de décision. Pour l’instant, tout est entre les mains du président du Conseil général. Et pour éviter que celui-ci ne dérive vers le clientélisme, et fonctionne "à la tête du client", elle exige que la Commission locale d’insertion (CLI) donne « un avis conforme » si le président du département venait à prononcer une suspension du versement du RMI à un allocataire. Et elle demande que celui-ci continue à percevoir le RMI pendant que le recours qu’il aura éventuellement formulé soit étudié.
La député met aussi un bémol à l’ouverture au secteur marchand des contrats RMA. Ils sont pour l’instant à durée déterminée et à temps partiel d’une durée maximale de 18 mois, rémunéré à hauteur du SMIC. Christine Boutin a fait voter un amendement visant à ce qu’une entreprise ne puisse faire appel qu’à un nombre réduit de contrats RMA, correspondant à 5% de ses effectifs (pour une entreprise de plus de 20 salariés). Elle a aussi exigé qu’un contrat RMA ne puisse être signé après qu’une entreprise ait procédé au licenciement de l’un de ses salariés.
Ce qui ne va pas du tout faire plaisir au MEDEF - et au gouvernement qui lui avait allégrement emboîté le pas. En effet, lorsqu’un employeur embauche un salarié sur un contrat RMA, il perçoit une aide du département équivalant au montant du RMI pour une personne isolée, soit 411 euros par mois. D’autant plus que la signature d’un contrat RMA est accompagné d’un dispositif d’allégement voire d’exonération totale de cotisations sociales patronales.
Une position qui n’est pas partagée par la Commission des finances, qui note que « le RMA pourra être utilisé dans le secteur marchand, ce qu’il faut saluer, et ce qui sera très vertueux pour les petites structures qui le mettront en pratique ».
Enfin, la Commission des affaires sociales a formulé par le biais d’un amendement ce que Christine Boutin avait déclaré il y a quelques semaines, au Conseil général des Yvelines. Tout en s’inquiétant « de l’impact qu’aura le revenu minimum d’activité sur les finances des Yvelines », Christine Boutin avait soulevé un point crucial : « le RMI est une allocation de survie et l’on ne peut pas prendre le risque d’une rupture dans le versement de cette allocation lors du transfert de compétence au département ou lors du passage du RMI au RMA », soulignait-elle.
Mais elle avait surtout relevé que « les cotisations sociales n’étaient assises que sur la partie complémentaire au RMI que paie l’employeur ». En d’autres termes, cela veut dire que lorsqu’un salarié signe un contrat RMA, ses points de retraite sont calculés uniquement sur la différence entre le RMI et le SMIC. Sans autre forme de compensation. Ce qui était d’une injustice énorme.
En exigeant que le RMA soit clairement identifié comme un « salaire », la députée fait donc en sorte que le salarié bénéficie de la protection sociale et des prestations sociales qui sont liées. La réponse du côté de Bercy (ministère des Finances) a été rapide : cela va coûter trop cher....
| RMI - RMA et outre-mer |
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| Un "volet spécifique" ? |
| Dans son rapport, le sénateur Sellier s’était « inquiété des modalités de la décentralisation du RMI dans les départements d’outre-mer, qui lui ont semblé avoir davantage leur place dans le projet de loi de programme pour l’outre-mer actuellement examiné par le Sénat ». Brigitte Girardin avait alors répondu : « je tiens à préciser que le "revenu minimum d’activité" (RMA) proposé par mon collègue, François Fillon, a vocation à s’appliquer dans les collectivités de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de La Réunion et de Saint-Pierre et Miquelon. Ce nouvel outil d’insertion, dans les secteurs marchands et non marchands, des bénéficiaires du RMI qui ont plus de deux ans d’ancienneté dans ce dispositif, s’inscrit dans le cadre d’un contrat de travail de type particulier, d’une durée de 20 heures par semaine pour une période de 18 mois au plus. Ce RMA s’ajoutera par conséquent aux dispositifs particuliers pour l’outre-mer que sont le CIA (contrat d’insertion par l’activité) pour le secteur non marchand, et le CAE (contrat d’accès à l’emploi) pour le secteur marchand, tous deux demeurant plus attractifs ». Or, le projet de loi comporte un article (l’article 33), intitulé « Décentralisation du RMI dans les départements d’outre-mer ». La Commission des affaires sociales de l’Assemblée a adopté deux amendements proposée par Christine Boutin : l’un rétablissant l’obligation d’inscription des crédits d’insertion au budget du département dans les départements d’outre-mer, à l’instar de ce qui a été fait pour la métropole ; le second visant à aligner le régime de suspension du RMI dans les départements d’outre-mer sur celui applicable en métropole. |
| Réticence de Brigitte Girardin |
| La rapporteuse avait évoqué « la persistance de différences dans le pilotage du dispositif d’insertion entre la métropole et les DOM ». Et d’expliquer que, outre-mer, « la compétence en matière de décisions individuelles est conférée non pas au président du Conseil général mais à l’Agence départementale d’insertion (ADI) dont le président du Conseil général préside par ailleurs le Conseil d’administration ». Elle se demandait s’il fallait en rester là. Et poursuivait : « on pourrait envisager un amendement de clarification afin que le régime juridique soit le même en métropole et dans les départements d’outre-mer. Cependant le ministère des Départements d’outre-mer semble réticent à un tel alignement qu’il juge superfétatoire dans la mesure où l’Agence départementale d’insertion est présidée par le président du Conseil général ». |
| Au 1er janvier 2005 |
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| La Commission des affaires sociales a déposé un amendement visant à repousser au 1er janvier 2005 l’application du projet de loi. Au Sénat, de nombreux amendements avaient été déposés dans ce sens : repousser la décentralisation du RMI - et la création du RMA, d’un an, en l’appliquant seulement au 1er janvier 2005. Les sénateurs s’étaient ralliés aux souhaits du gouvernement : le transfert du RMI se fera au 1er janvier 2004. Au niveau de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, un avis assez mitigé a été émis : « il appartient au Gouvernement de prendre conscience de la nécessité de prévoir en l’espèce un calendrier de mise en œuvre raisonnable ». Mais elle a néanmoins rejeté un amendement visant formellement à repousser la date du transfert à 2005. |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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